Sécurité routière
Berne songe à mettre les jeunes au volant dès 16?ans
Par Patrick Monay. Mis à jour le 17.08.2012 7 Commentaires
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Les jeunes pourront-ils bientôt prendre le volant à 16?ans, accompagnés d’un adulte? L’Office fédéral des routes (Ofrou) étudie très sérieusement cette idée, inspirée d’expériences menées dans plusieurs pays européens. Le projet, baptisé «Opera 3», vise à optimiser la première phase de formation des conducteurs – celle qui précède l’examen pratique. A Berne, un groupe de travail explore diverses pistes «depuis un certain temps déjà», révèle Guido Bielmann, porte-parole de l’Ofrou.
Ne plus avoir à attendre ses 18?ans pour apprendre à conduire avec ses parents ou son grand frère: voilà qui bouleverserait la vie des adolescents. L’idée fait de nombreux adeptes. En février 2010, une pétition dans ce sens était lancée sur Facebook. Plus récemment, une coalition de jeunes politiciens valaisans a émis une revendication similaire, tout en fustigeant les coûts «prohibitifs» du permis de conduire en Suisse.
L’argument est toujours le même: en apprenant à piloter deux ans plus tôt, les jeunes pourraient acquérir davantage d’expérience et seraient mieux préparés à rouler tout seuls une fois leur «bleu» en poche.
Le groupe de travail mis sur pied par l’Ofrou prend en compte ce raisonnement. Mais il étudie surtout les résultats des modèles instaurés en France, en Allemagne et en Suède notamment. Et le verdict est clair, selon Guido Bielmann, «les risques d’accidents provoqués par les jeunes conducteurs ont diminué dans ces pays». Les assureurs français font état de baisses significatives du nombre de cas, de l’ordre de 10% et plus. Chez nos voisins allemands, la diminution a atteint 22%.
Modalités encore à définir
Les experts suisses n’ont cependant pas achevé leur travail. «Les erreurs constatées à l’étranger font aussi l’objet d’une analyse approfondie. Nous voulons éviter de les reproduire», indique le porte-parole, sans pouvoir préciser à ce stade la nature de ces inconvénients. L’âge légal pour l’obtention du permis resterait fixé à 18?ans, certifie l’Ofrou. Mais les modalités pratiques – telles que les conditions à remplir pour pouvoir encadrer un élève conducteur – restent à définir. Dans leur proposition commune formulée la semaine dernière, les jeunes Valaisans suggéraient, pour les accompagnants, l’âge minimum de 25?ans, avec au moins cinq ans de pratique de conduite, ainsi que quelques heures d’auto-école obligatoires.
Une fois le projet ficelé, «il pourrait être mis en consultation aux Chambres fédérales», poursuit Guido Bielmann. A quelle échéance? Il est trop tôt pour le dire, assure-t-il. Mais dans les milieux concernés, certains s’en réjouissent déjà. Jean-Marc Thévenaz, chef de la sécurité routière au Touring Club Suisse, explique: «Nous sommes extrêmement favorables à une formation pratique prolongée et accompagnée. Les jeunes auraient le temps de rouler dans différentes conditions, par exemple en hiver ou en pleine ville, avant d’obtenir leur permis.»
Cela reviendrait-il à enlever du travail aux moniteurs d’auto-école? La Fédération romande des écoles de conduite (FREC) n’a pas encore évoqué cette question. Mais son directeur, Jean-Bernard Chassot, affirme voir d’un bon œil «tout ce qui est bénéfique à la sécurité routière». «Il faudra examiner les détails du projet fédéral, confie-t-il. S’il peut aider les jeunes à apprendre les bons comportements au volant, tant mieux.»
Jeunes plus exposés
Le Bureau de prévention des accidents (BPA), par contre, se dit opposé à toute baisse de l’âge de l’initiation à la conduite. «L’examen pratique ne se déroulerait plus à 19?ans en moyenne, mais peu après le 18e?anniversaire, anticipe Magali Dubois, porte-parole. Cela augmenterait le temps d’exposition aux risques de la route, alors que les 18-24?ans sont déjà les plus touchés.»
Le BPA ne nie pas les répercussions positives relevées en Allemagne en termes de sécurité routière. Mais il estime qu’elles sont dues à la création de la conduite accompagnée dans ce pays, et non à l’âge limite fixé (17?ans). La Suisse, à ses yeux, n’aurait donc aucun intérêt à modifier un système qui fonctionne depuis belle lurette. (TDG)
Créé: 17.08.2012, 22h30
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7 Commentaires
pas très intelligent..pourquoi pas au berceau!! on sait très bien que les jeunes (surtout les hommes) ont un penchant pour la vitesse et la frime alors ne faites surtout pas cette erreur....ou alors ne venez pas réduire la vitesse limitée sur les autoroutes et autres prétextant qu'il y a beaucoup d'accidents on aura tout entendu. Que Zurich devienne la capitale elle est peut-être plus réaliste. Répondre
Il suffit d'observer le résultats des Français qui ont adopte cette mesure il y a plusieurs années. Comme il n'ont pas fait marche arrière, l'expérience a du être fructueuse. Je doute que les Suisse soit plus idiots que nos amis les Français Répondre
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