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Accord fiscal moribond

Les banques suisses «doivent prouver» leur bonne foi

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 21.08.2012 6 Commentaires

Alors que des membres de son parti jugent l'accord fiscal avec la Suisse «mort-né», le ministre des Finances de Rhénanie-Palatinat invite les banques helvétiques à prouver qu'elles n'aident pas à contourner celui-ci.

Carsten Kühl (50 ans) est ministre des Finances du Land de Rhénanie-Palatinat. Il coordonne également la politique du SPD en matière financière à l'échelon fédéral.

Carsten Kühl (50 ans) est ministre des Finances du Land de Rhénanie-Palatinat. Il coordonne également la politique du SPD en matière financière à l'échelon fédéral.
Image: DR

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Tim Guldimann a défendu sur l'ARD l'accord fiscal entre la Suisse et l'Allemagne tout en admettant des abus. (Image: ARD/capture d^écran)

Tim Guldimann admet des abus

L'ambassadeur de Suisse en Allemagne, Tim Guldimann, a invité les Allemands à ne pas abandonner trop vite l'accord fiscal avec la Suisse. Le diplomate suisse, qui s'exprimait dans le cadre d'un talk-show de la chaine allemande ARD,a toutefois reconnus des abus dans l'usage du secret bancaire helvétique.

«Il est vrai que le secret bancaire en Suisse a été détourné pour se soustraire au fisc», a-t-il dit en substance, et ce, avec «l'aide des banques suisses».

Cela ne fait pas partie des principes auxquels le système bancaire suisse est attaché, a ajouté Tim Guldiman, pour qui l'accord signé entre les deux pays aura pour effet de supprimer l'évasion fiscale.

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Dimanche, le ministre des finances du Land de Saxe-Anhalt a déclaré que l'accord fiscal entre la Suisse et l'Allemagne était cliniquement «mort». Lundi, son collègue de Rhénanie-Palatinat pense «qu'il y a encore un peu de vie en lui», même s'il «a déjà été mieux».

Carsten Kühl livre cette opinion nuancée dans une interview publiée par le Tages-Anzeiger. Faute d'un échange complet de données entre les deux pays, le SPD (gauche), dont il fait partie, pourrait se satisfaire d'un prélèvement de 25%, au lieu des 21% prévus, sur les revenus que des citoyens allemands tirent de leur placements en Suisse, laisse-t-il entendre.

Aux banques d'administrer la preuve

Le responsable allemand ne pourrait toutefois tolérer que les banques suisses mettent l'accord fiscal à profit pour aider les contribuables fautifs à échapper encore à leurs devoirs, en les aidant à placer leur argent dans d'autres pays. Sans se prononcer sur les accusations du Land de Rhénanie Nord-westphalie, il observe que «tous les Lands allemands ont des indices» allant dans ce sens.

«Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas simplement ignorer ces indices», ajoute Carsten Kühl. Le président du Conseil d'administration de l'UBS Axel Weber a certes contesté ces accusations. Mais de l'avis de ministre allemand, les banques suisses, pour rétablir la confiance, sont aujourd'hui «dans le devoir de prouver» que tel n'est pas le cas.

Vidéo contestée

Cette prise de position intervient après que le Land Rhénanie Nord-Westphalie a fait sensation, il y a dix jours, en annonçant avoir trouvé, dans un CD de données acquis récemment, la trace de fonds non déclarés à Singapour, ainsi qu'une vidéo montrant qu'UBS forme ses employés à le faire.

Depuis, UBS a démenti cette rumeur reprise notamment par le Spiegel sur son site en ligne. Dans sa dernière édition «print», le même magazine note même que la vidéo «remonte à six ou sept ans».

Il ajoute toutefois que, même si la piste singapourienne n'est pas aussi fraîche qu'annoncée, le document prouverait du moins que des employés de banque ont été formés à détourner des fonds pour le compte de clients allemands.

Tim Guldimann admet

Dans la foulée, le ministre de la Justice de Nord-Westphalie Thomas Kutschaty, également du SPD, réclame dans le même numéro de Spiegel un renforcement de l'arsenal juridique de l'Allemagne. «L'exemple des Etats-Unis montre clairement qu'une position de négociation dure permet d'obtenir de leurs résultats», explique-t-il à l'appui de sa revendication.

Dans une récente intervention sur la chaîne de télévision ARD, l'ambassadeur de Suisse en Allemagne Tim Guldimann a admis que le secret bancaires avait été utilisé par le passé de manière abusive. Et ce, avec l'aide des banques (voir encadré). (Newsnet)

Créé: 21.08.2012, 06h08

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6 Commentaires

Jacques Joray

21.08.2012, 08:12 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Bel aveu. L'ambassadeur de Suisse en Allemagne Tim Guldimann a admis que le secret bancaires avait été utilisé par le passé de manière abusive. Et ce, avec l'aide des banques. Petit à petit, cela paraît normal et sans condamnation, à part quelques amendes... Répondre


Hans Müller

21.08.2012, 11:35 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Nous devons contraindre nos banques, non seulement à séparer la partie systémique de la partie financière, mais aussi à rompre tout lien organique avec leurs branches situées en pays ennemi.En tant que Suisses, le sort des banques systémiques nous importe, mais nous n'en avons rien à carrer de leurs activités financières ou extérieures.Nous devons nous débarrasser de ces menaces pour notre indépen Répondre



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