Nomadisme
Vaud applique la tolérance zéro pour les camps sauvages des gens du voyage
Par Christian Aebi. Mis à jour le 24.08.2012 8 Commentaires
Pour la première fois depuis dix ans sur le territoire vaudois, la gendarmerie était prête à donner l’assaut contre un camp de gitans, hier matin à Payerne. Arrivés la veille, les gitans occupaient illégalement un terrain proche de l’aérodrome avec près de 50 caravanes. Jeudi à l’aube, Jacqueline de Quattro, cheffe du Département de la sécurité et de l’environnement autorisait l’usage de la force pour faire évacuer les lieux. Une mesure rare. «Nous ne voulons plus de gens du voyage irrespectueux», dit-elle
Pourquoi durcir le ton?
- Avec les gitans, ma patience a atteint ses limites. Leur présence a plus que doublé en un an, les problèmes aussi. Nous ne voulons plus d’occupations illicites des sols, de montagnes d’ordures, de déjections sauvages. Le groupe qui s’est installé à Payerne a été dénoncé à plusieurs reprises en quelques mois. Nous avons tenté de négocier, nous leur avons proposé des solutions sur des places officielles à Rennaz et à Martigny (VS), ils n’en ont pas voulu. Il y a eu des vociférations, mais pas de dialogue. Avec ceux qui refusent de discuter, il faut désormais agir.
Quel message voulez-vous leur envoyer?
- Ceux qui se comporteront selon nos règles et qui trouveront des accords avec les communes et les propriétaires seront les bienvenus. Par contre, ceux qui occuperont les terrains illégalement, qui ne respecteront pas les délais et refuseront de s’en aller seront priés de partir illico, au besoin par la force.
Que conseillez-vous aux communes?
- Elles doivent être très fermes et poser leurs conditions. Elles peuvent passer des contrats avec les gens du voyage, fixer des indemnités, exiger des garanties. Pour avoir une uniformité de pratiques, j’envisage de rédiger une sorte de vade-mecum à l’intention des communes. On y trouvera la procédure pour les dépôts de plaintes, des suggestions pour fixer les demandes d’indemnités, etc…
Que pensez-vous du système français, où toutes les villes de plus de 5000 habitants ont une place pour gitans?
- Ce serait un appel d’air, il y en aurait encore plus. Ce n’est pas la solution.
Prochainement, vous siégerez à la Conférence latine des chefs des Départements de justice et police (CLDJP). Le dossier gitans sera-t-il sur la table?
- Oui! C’est un problème romand. Vaud est bon élève avec deux places d’accueil. Les autres cantons en ont moins ou pas du tout, comme Fribourg ou Genève. Je vais proposer un concordat. Nous devons entamer une réflexion ensemble, trouver des pistes et des solutions communes. On doit se mettre d’accord une fois pour toutes sur les manières d’accueillir et d’encadrer les gitans. (TDG)
Créé: 24.08.2012, 07h45
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La rédaction
8 Commentaires
Un grand bravo à Madame de Quattro. Encore une femme courageuse pour montrer l'exemple.Messieurs, prenez en de la graine... Répondre
enfin cela bouge ..bravo Messieurs de la gendarmerie vaudoise.... cela serait-il le début du commencement ? Répondre
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