Un non qui sent le ras-le-bol des idées de gauche

Initiative sur les successionsPas de miracle de dernière minute pour l’initiative sur les successions. Le texte a coulé à pic, avec plus de 70% de non

Chargement du graphique...


Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Et pan sur la gauche. Alors que les premiers résultats commençaient tout juste à tomber, dimanche en début d’après-midi, les premiers communiqués satisfaits des milieux économiques arrivaient aux rédactions.

Depuis le lancement de l’initiative populaire sur les successions, en 2011, les associations patronales n’ont en effet jamais manqué une occasion de dire tout le mal qu’elles pensaient du texte, dangereux, selon elles, pour l’économie suisse, et en particulier pour les PME. Leurs réactions sont à la hauteur de leurs inquiétudes. Très sèche, la directrice d’EconomieSuisse va jusqu’à mettre la responsabilité du score sur le dos des initiants. «Avec un texte imprécis, ils ont apporté confusion et incertitudes. Les citoyens les ont sanctionnés», assène tout de go Monika Rühl.

Des résultats sans appel

Il faut dire que les chiffres parlent pour elle. L’initiative, rejetée par 71% des citoyens, n’a trouvé grâce dans aucun canton. On aurait pu croire les cantons romands où la gauche est forte serait un peu plus favorable au texte. Ce n’a pas été le cas. Le Valais caracole en tête des Neinsager de Suisse, avec 84,4% de non. Genève (71,9% de non), Vaud (71,7% de non) et Fribourg (71,2% de non) sont au-dessus de la moyenne nationale. Seuls les Jurassiens (66,2% de non) et les Neuchâtelois (66% de non) sont moins sévères.

La défaite de l’initiative, lancée en 2011 par le Parti évangélique, avec le fort soutien du Parti socialiste suisse, ne surprend guère, si ce n’est par la netteté du score. La campagne a été virulente dans un camp, inexistante ou presque dans l’autre. Ce qui laisse un goût très amer chez les socialistes, qui pointent du doigt la différence des moyens à disposition dans les deux camps. «Que peut-on faire contre une campagne à 10 millions de francs, s’interroge la Zurichoise Jacqueline Badran. Nous avions 100 fois moins de moyens à disposition». Même constat au Parti évangélique, où l’on déplore l’incapacité à se faire entendre face à la grosse artillerie adverse. Les syndicats dénoncent une campagne «visant à faire peur à la population», selon l’économiste en chef de l’USS, Daniel Lampart.

«On nous a tout raconté»

Dans le camp bourgeois, qui a marché en rang serré derrière la machine de guerre d’EconomieSuisse, on se délecte du sort réservé au texte. Le président du Christophe Darbellay joue la divine surprise en confiant son «soulagement». Et de dénoncer une campagne «populiste, où on nous a à peu près tout raconté! L’AVS, les cantons, tout le monde allait profiter de ce nouvel impôt. Mais après 1/12, le salaire minimum et les forfaits fiscaux, les gens en ont ras-le-bol des attaques systématiques de la gauche. Voilà ce qui explique ce score cinglant pour un sujet a priori sympathique!» Le radical zurichois Ruedi Noser enfonce le clou. «La population ne s’est pas laissé tenter par des expérimentations qui auraient pu nuire au modèle de réussite suisse. La gauche s’obstine dans la fausse direction».

"Une occasion manquée de débattre"

Peu présent dans la campagne, le président du PS Christian Levrat prend du recul. «Sur les 14 initiatives fiscales votées durant la législature, 9 venaient de la droite, et 5 de la gauche. Toutes ont échoué en votations. Une initiative peut avoir un effet anticipé. Celle sur le salaire minimum a profité à 300 000 salariés! Ici, ce n’a pas été le cas. Les opposants ont refusé d’entrer dans le débat sur le financement de l’AVS. C’est une occasion manquée». (TDG)

Créé: 14.06.2015, 20h59

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Fête de la musique
Plus...