Affaire Hildebrand
Privé d'immunité, Blocher dénonce une décision politique
Par Arthur Grosjean. Mis à jour le 31.05.2012 18 Commentaires
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Mauvaise nouvelle pour Christoph Blocher. La Commission des affaires juridiques des Etats a décidé d'aller plus loin que la Commission de l'immunité du Conseil national. Dans l'affaire Hildebrand, elle n'accorde pas d'immunité du tout au conseiller national zurichois. Celui-ci pourra être poursuivi pénalement.
La justice zurichoise, qui accuse Christoph Blocher d'incitation à la violation du secret bancaire, va donc pouvoir continuer son enquête. Elle va notamment examiner le matériel qu'elle a saisi lors d'une perquisition dans la villa du politicien.
La Commission des Etats est allée plus loin que celle du National. Celle-ci avait accordé en avril une immunité partielle. Blocher était protégé après son assermentation mais pas entre son élection et sa prestation de serment.
A une courte majorité, le Commission des Etats décide de n'accorder aucune immunité à Christoph Blocher. Ni avant son assermentation, ni après. La justice zurichoise devrait avoir complètement les mains libres pour enquêter. Elle accuse notamment le conseiller national d’avoir violé le secret bancaire et incité le 27 décembre 2011 à divulguer des documents bancaires à un organe de presse, en l’occurrence le journal Die Weltwoche.
La majorité de la commission sénatoriale juge que cette fuite active n’est pas digne de la protection parlementaire. L'élu aurait dû s’adresser à la justice et non à la presse. Pour une minorité de la commission, la haute surveillance de la BNS fait partie intégrante de l’activité parlementaire.
Il demeure néanmoins une divergence entre les deux Chambres. Le sujet va donc revenir à la Commission de l'immunité du National. Celle-ci dira si elle se rallie ou non aux Etats. Si elle maintient la divergence, ce sera à la Commission des Etats de statuer. Si les deux commissions campent sur leur position, une réunion de conciliation aura lieu.
Immunité partielle ou pas d'immunité du tout, voilà l'alternative pour Christoph Blocher. Il aura donc maille à partir de toute façon avec la justice. Mais comme tout accusé, il bénéficie de la présomption d'innocence.
Blocher: «Je n'ai fait que mon devoir»
«Je m'y attendais. C'est une décision politique.» Voilà comment a réagi Christoph Blocher, un quart d'heure après la décision de la Commission des affaires juridiques des Etats. «Il est incroyable d'entendre de la part de la Commission que la surveillance de l'administration ne relève pas du travail d'un parlementaire. Je n'ai fait que mon devoir. A l'étranger, personne n'a compris que le patron de la BNS spéculait sur les monnaies.»
Il met en cause le fait que les deux commissions aient décidé que son immunité n'entrait en vigueur formellement qu'à son assermentation. «Cela n'a jamais été le cas pendant des décennies. L'immunité s'applique dès l'élection».
Pourquoi ne s'est-il pas adressé à la commission de gestion pour dénoncer l'affaire? Il rigole. «A voir comment les élus me traitent, elle aurait étouffé l'affaire et Philipp Hildebrand serait toujours à son poste», dit-il en substance. Il nie cependant avoir incité la divulgation de documents à la Weltwoche. Mais il trouve que c'est une bonne chose que l'affaire soit sortie publiquement.
Il sait qu'il va avoir à faire maintenant avec la justice. «Allez-vous démissionner?», questionne un journaliste. «Et pourquoi donc? Je ne vois pas ce qu'on peut me reprocher».
(Newsnet)
Créé: 31.05.2012, 17h40
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La rédaction
18 Commentaires
Ceci démontre un élément: tout de qui se pratique derrière le secret bancaire semble "blanchi". Par ailleurs, l'article mentionne un allégué :"Il aurait dû s’adresser à la justice". Mais je pose la question: - Laquelle de justice ? (pour précision, je n'apprécie pas "le tribun" mais ceci demeure un autre sujet). La Suisse a un train de retard pour protéger "les whistleblower"...rien de nouveau ! Répondre
Mr Blocher relève qu'à l'étranger personne n'a compris que le patron de la BNS spéculait. Ce n'est pas l'attitude de M. Hildebrand qui est le sujet traité ici, mais la sienne propre. Cette manière de dévier la conversation tout en se tournant en seule victime n'est pas signe de force politique. Répondre
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