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Revue de presse

«Pas l'ombre d'un Röstigraben sur la Suisse»

Mis à jour le 10.06.2013 7 Commentaires

La presse romande commente le résultat des votations fédérales sur l'asile (où se mêlent inquiétude et déception des éditorialistes), et l'élection du Conseil fédéral par le peuple (on ne change pas une formule qui marche).

1/13 Révision urgente de la loi sur l'asile: la Suisse tout en vert dimanche 9 juin après l'acceptation de la loi sur l'asile révisée.
Image: Keystone

   

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Le fait est assez rare pour être relevé: «Pas l'ombre apparente d'un Röstigraben» lors de cette votation populaire, comme le souligne la Tribune de Genève. Même si «le vert du vote sur l'asile pâlit» au-dessus de la Suisse romande, nuance le quotidien genevois. Pas non plus de clivage ville-campagne, selon le Quotidien jurassien, qui juge une telle unanimité «rassurante pour la cohésion du pays».

L'idée ne semble donc pas faire un pli: les Suisses ne veulent pas changer le mode d'élection du gouvernement. Même s'ils ne manquent pas une occasion de critiquer le Conseil fédéral, il reste «in-tou-chable», «increvable», analysent 24 heures et la Tribune de Genève. C'est peut-être «paradoxal», mais ça ne devrait pas changer avant longtemps, selon les deux quotidiens lémaniques. Qui en veulent pour preuve que toutes les tentatives de réformes ont «fini à la poubelle».

Pour L'Agefi, les Suisse restent «attachés à un gouvernement» qui est «représentatif des principales forces politiques et régions du pays». Et le quotidien économique de souligner la crainte d'une perpétuelle incertitude et la difficulté de gérer des dossiers délicats si le gouvernement était élu par le peuple.

Même analyse au Quotidien jurassien, qui avance la mise en péril de la représentation des minorités, mais aussi de la stabilité politique et économique du pays. Et qui souligne le «pragmatisme» dont ont fait preuve les Suisses: «il est idiot de réformer un système qui a fait ses preuves».

«Banaliser les coups de canifs»

Le oui cinglant aux mesures urgentes de la loi sur l'asile ne trouve pas un écho aussi unanime, loin s'en faut, dans les quotidiens romands. Pour les plus favorables, ce résultat «renforce ce constat de confiance» aux institutions (Agefi).

Le fait que la révision était défendue par la socialiste Simonetta Sommaruga constitue en outre une sorte de gage de confiance: ainsi, la Tribune de Genève ose l'espoir que «la nouvelle célérité dans le traitement» change «la donne de la politique de l'asile». Même si le chemin sera «truffé de mines». Et de saluer le courage de Simonetta Sommaruga qui se refuse à «l'angélisme typique de la gauche tout en brisant la logique linéaire du durcissement».

«Mais tous les efforts de la très pragmatique conseillère fédérale seront vains, si de nouveaux accords de réadmission ne sont pas signés dans les meilleurs délai, souligne Le Matin. Ce point ne dépend malheureusement pas de sa seule bonne volonté. Mais comment va-t-elle faire pour convaincre les pays réfractaires de reprendre leurs concitoyens déboutés en Suisse?»

La Liberté et Le Courrier en revanche n'y vont pas par quatre chemins pour exprimer leur déception, voire leur courroux. Pour le quotidien édité à Fribourg, il s'agit ni plus ni moins d'une «invitation à de prochaines réformes encore plus restrictives» et d'un résultat qui «planera sur la révision fondamentale du droit d'asile déjà engagée par le Gouvernement». Un résultat qui va aussi «banaliser les coups de canifs à ce qui a fait la fierté de la Suisse: sa 'tradition humanitaire'».

Quant au Courrier, il juge le résultat «cruel», à l'image d'une dégradation politique, économique, sociale et morale, et dont l'UDC profite le plus pour «imposer ses thèmes». Le quotidien indépendant genevois veut continuer de se battre et lance cet avertissement: «Nous serons particulièrement attentifs à l'application des mesures urgentes».

Le Quotidien jurassien, s'il admet «l'indispensable accélération des procédures», ne parle pas moins d'un nouveau «tour de vis» et déplore lui aussi que la tradition humanitaire du pays n'en sorte «pas grandie». «Comment s'indigner des horreurs commises en Syrie et ne pas accueillir ceux qui risquent leur vie?», interroge le «QJ».

(ats/Newsnet)

Créé: 10.06.2013, 07h37

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7 Commentaires

Jean-Marc ALLENBACH

10.06.2013, 08:08 Heures
Signaler un abus 20 Recommandation 1

La grande majorité des réfugiés ont un comportement digne. Espérons que cette nouvelle donne permette la fin de l'amalgame requérant-délinquant. L'image des vrais réfugiés pourra ainsi être restaurée. Répondre


Jean-Marcel Robert

10.06.2013, 09:16 Heures
Signaler un abus 16 Recommandation 2

«Nous serons particulièrement attentifs à l'application des mesures urgentes» : Comme si le Courrier avait le moindre pouvoir d'imposer quoi que se soit! Répondre



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