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Parti socialiste

«Nous devons réduire notre dépendance face à la migration»

Par Xavier Alonso. Mis à jour le 03.04.2012 23 Commentaires

Christian Levrat ouvre une grande consultation au sein du PS sur la politique migratoire. Les polémiques sont annoncées mais le président du PS refuse d’abandonner ce thème à l’UDC. Interview.

Christian Levrat lors de la présentation des 150 propositions adoptés le 23 mars 2012 par le Comité directeur du PS

Christian Levrat lors de la présentation des 150 propositions adoptés le 23 mars 2012 par le Comité directeur du PS
Image: Keystone

Le président du PS Christian Levrat a lancé un vaste débat migratoire au sein de son parti. Toutes les sections sont appelées à se prononcer sur un document de 66 pages qui comporte 150 propositions. Résultat final lors d’un congrès en septembre. But: le PS veut reprendre la main sur cette thématique et se reconstruire une crédibilité. Une démarche qui a heurté nombre d’adhérents du PS. «Le débat sera parfois difficile, engagé… Mais ce n’est pas une raison pour y renoncer», a martelé Christian Levrat. Interview.

Est-ce un coup de pied dans la fourmilière de la politique migratoire?

Christian Levrat. Il nous apparaît nécessaire de remettre au point un certain nombre de politiques, de présenter une vision cohérente et globale des mesures à prendre. Raisons pour lesquelles nous proposons des mesures sur trois axes: critique de la croissance; renforcement des mesures d’accompagnement et politique d’asile. Le tout après discussion avec les sections du PS doit nous permettre de disposer d’un instrument de pilotage de la migration. La population attend des réponses.

La croissance économique vous paraît excessive?

Nous critiquons effectivement la promotion économique et la politique de croissance telle qu’elles sont envisagées aujourd’hui par un certain nombre d’autorités cantonales. On ne comprend pas le souhait d’attirer à tout prix les sièges d’entreprises étrangères. Des entreprises qui vont venir avec 80% de leur personnel depuis l’étranger. Cela nous paraît être peu raisonnable comme approche.

Et vous critiquez encore l’insuffisance des mesures d’accompagnement de la libre circulation?

Nous ne demandons pas uniquement un renforcement et un approfondissement des mesures d’accompagnement sur le marché du travail. Nous estimons aussi qu’il faut prendre de mesures dans le domaine du logement et de la formation. Nous devons former suffisamment d’infirmières, de mathématiciens, d’informaticiens: tous ces gens dont notre économie a besoin. Nous devons utiliser mieux le potentiel dont on dispose en Suisse: nous devons réduire notre dépendance face à la migration.

Et en matière d’asile, on ne perçoit pas la nouveauté?

Dans le domaine de l’asile, nous proposons à la fois d’accélérer les procédures et de renforcer la protection juridique des requérants pour éviter les risques d’erreur.

Vos propositions n’articulent aucun chiffre!

Il s’agit d’organiser et de diriger la politique migratoire. De fixer les conditions qui font que les migrations bénéficient à l’ensemble de la population et non pas à quelques-uns. Nous proposons de piloter cette migration en premier lieu par le biais de réformes intérieures et pas vraiment pas le biais d’une restriction quantitative.

Le PS est-il prêt à mener ce débat. Car, cette idée est avant tout un coup de force de son président plus qu’une volonté partagée par le parti?

Ce n’est pas un coup de force. Le parti aujourd’hui est conscient de la nécessité de débattre. La plupart des membres du PS se réjouissent de pouvoir mener cette discussion de manière ouverte. Prenons l’exemple de la libre circulation, nous avons des gens qui considèrent qu’elle est un droit fondamental. Et d’autres que c’est un projet néolibéral qu’il convient de combattre. Je pense que les points de vue doivent pouvoir s’exprimer. On tranchera au final. On prendra des positions qui sont claires mais laissons les opinions s’exprimer.

Ne craignez-vous pas d’alimenter la polémique au sein du PS?

Si, mais pour être précis, je le souhaite. Je pense qu’il est nécessaire que nous ayons un débat ouvert, franc, que les différents points puissent s’exprimer. Je crois que la gauche regagnera une crédibilité large, une véritable assise populaire sur ce sujet de la migration, lorsqu’elle aura mené le débat en interne.

Aujourd’hui, c’est l’UDC qui est estimée crédible au sein de la population. N’avez-vous pas plus à perdre qu’à gagner?

Je n’accepte pas d’abandonner un thème aussi important que celui de la migration à un petit groupe qui l’instrumentalise depuis une dizaine d’années. L’UDC tente d’en tirer des fruits politiques, mais pas de résoudre les problèmes qu’elle pose. Les autres forces politiques seraient bien inspirées d’aborder ce thème sans œillères idéologiques, de manière réaliste, avec pour ambition de proposer des solutions réelles aux problèmes concrets de la population. Et pas simplement d’en faire un show électoral.

Donc le PS mesurera aussi le succès de cette démarche dans quatre ans et dans les urnes?

C’est vrai! C’est un des éléments qui personnellement m’avait beaucoup choqué. Lors de la campagne des Fédérales, les sondages répétés montraient une crédibilité très forte de l’UDC sur ce thème, alors même que le parti était en chute libre. Au contraire, la gauche et le centre, étaient crédités de peu de chose… Bien que le PS s’en tire mieux que les Verts, le PLR et le PDC. Le premier test de l’influence de ce débat sera le vote sur l’élargissement à la Croatie. Si nous, et le centre-droite, ne parvenons pas dans les mois qui viennent à trouver des solutions, nous perdrons le vote sur l’élargissement. (Newsnet)

Créé: 03.04.2012, 14h45

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23 Commentaires

pouet pouet

03.04.2012, 15:26 Heures
Signaler un abus 22 Recommandation 0

Je voterai pour tout parti qui empêchera l'invasion de la Suisse chrétienne par les hordes migratoires du tiers monde. Si cela doit être un parti de Droite comme l'UDC et bien très bien. En Aujourd'hui, en France 17% des naissances sont musulmanes. Les démographes estiment que ce sera 30% en 2030 et 50% en 2050. Si rien n'est fait ce sera partout comme ça en Europe. Pensons à nos descendants. Répondre


Totò Comico

03.04.2012, 16:32 Heures
Signaler un abus 13 Recommandation 0

Ils en ont pas marre de dire des sotises tous ces gens qui nous gouvernent. On se croirait sur un Costa à la dérive. Ils fument en cachette? Je veux revoir ma Suisse Chérieeeee, celle qui m'a donnééééé l'amououourrrr. Je veux que mes enfants trouvent du travail, des appartements dans le pays qui les a vu naître. Je veux me promener en sécurité! Je veux nos valeurs. Pour les siècles des siècles... Répondre



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