Étude en Suisse
Les écarts salariaux continuent à se creuser
Mis à jour le 23.04.2012 9 Commentaires
Les écarts de revenus se creusent toujours en Suisse, déplore l’Union syndicale suisse (USS). Pour y remédier, elle dit non aux salaires avec bonus. Elle milite aussi pour un salaire minimal et une hausse des fonds destinés à diminuer les primes aux caisses maladie.
Le décalage entre les salaires s’est fortement accru, constate l’USS dans un rapport publié lundi à Berne, à une semaine de la Fête du travail. Entre 1994 et 2010, la hausse des rémunérations a été de 33% pour les plus élevées et de 9% pour les plus basses et de 7% pour celles qualifiées de moyennes.
Plus concrètement, le revenu d’une famille (2 adultes + 2 enfants) disposant d’un salaire élevé a augmenté de 15’000 francs entre 2000 et 2010. Cela après déduction du renchérissement.
Pour une famille comparable, mais avec un bas revenu, la hausse n’était que de 1300 francs, contre 2900 francs pour celle touchant un revenu moyen. Pour ce type de famille, l’USS classe les salaires annuels ainsi: 67’000 francs (bas), 119’000 francs (moyen) et 228’000 francs (élevé).
Pour les salariés célibataires, la différence sur ces dix ans est encore plus flagrante: +23’700 francs (pour un revenu très élevé), +6900 francs (revenu élevé), -300 francs (revenu moyen) et -1300 francs pour un bas revenu. Pour cette catégorie, l’USS catalogue les salaires ainsi: 47’000 francs pas an (bas), 72’000 francs (moyen), 130’000 francs (élevé) et 280’000 francs (très élevé).
Politique fiscale critiquée
Pour Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l’USS, plusieurs facteurs expliquent cette évolution. «Les hauts salaires ont beaucoup plus augmenté que les autres. S’y ajoute une politique fiscale favorable aux couches supérieures de la société», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Berne.
En revanche, les bas et moyens revenus voient leur charge fortement s’alourdir à cause des primes des caisses maladie et des loyers, constate-t-il.
Imposition des entreprises
Cette évolution négative des salaires n’est pas «une loi de la nature mais découle de décisions politiques», signale Paul Rechsteiner, président de l’USS. Et de fustiger la deuxième réforme de l’imposition des entreprises.
Celle-ci se traduira, selon lui, par des milliards de francs de pertes pour la Confédération. Pour 2012, elle a entraîné 400 millions de francs en pertes fiscales pour les impôts sur le revenu et 350 millions pour l’impôt anticipé.
Le président de l’USS en appelle à une intervention du Conseil fédéral et du Parlement pour faire obstacle à ce préjudice. Pour corriger la situation, il a ensuite rappelé d’autres suggestions déjà évoquées, dont un impôt fédéral sur les successions et un impôt sur les bonus.
Autres remèdes
Pour remédier aux inégalités croissantes, l’USS avance cinq propositions. Elle exige l’introduction d’un «salaire minimal absolu» de 22 francs de l’heure, comme le réclame son initiative qui a abouti début mars. L’organisation suggère d’abandonner la politique salariale individualisée avec versements de bonus. Elle plaide au contraire pour des systèmes incluant des hausses générales de salaires.
Elle préconise de renforcer l’imposition en fonction de la capacité économique. «L’Etat doit puiser ses recettes là où elles se trouvent, soit auprès des hauts revenus et des grandes fortunes», a souligné Daniel Lampart. «Impôt antisocial»
L’organisation conseille de mener une politique active en matière de formation continue en faveur des salariés. Enfin, l’USS demande d’instaurer un financement de l’assurance maladie plus juste et dépendant du revenu.
A court terme, cela passe par une hausse des fonds destinés aux réductions des primes à payer aux caisses. «Les primes se transforment toujours plus en un impôt indirect antisocial», fait remarqer M. Lampart. (ats/Newsnet)
Créé: 23.04.2012, 13h44
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La rédaction
9 Commentaires
La LAMal est un désastre car les politiciens ont laissé les seuls prestataires imposer leurs tarifs à la population qui n'a strictement aucun moyen de les contester. La LAMal est une charge financière trop lourde pour une grande partie de la population. Supprimons l'obligation de la financer et le Conseil fédéral sera contraint de proposer un système qui permet l'accès aux soins pour tous. Répondre
De bleu...de bleu... faut-il être nommé chef économiste pour découvrir ce phénomène ? Avec respect tout de même...cette intervention me fait inévitablement ressurgir une citation de Warren Buffet: "Quand des gens intelligents expliquent leurs idées à un orang-outang, cela améliore la qualité de leur prise de décision". Répondre
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