La Une | Jeudi 23 février 2012 | Dernière mise à jour 12:25
Implants mammaires PIP

Les cliniques de luxe utilisaient aussi des prothèses PIP

Par Christine Talos. Mis à jour le 22.01.2012

Au moins trois établissements chics de Suisse romande auraient posé des implants mammaires controversés par centaine.

Ils seraient au moins huit chirurgiens à avoir utilisé régulièrement des implants mammaires de la marque Poly Implant (PIP). Des prothèses conçues avec un gel potentiellement toxique et qui sont à l'origine d'un scandale planétaire.

Au moins trois cliniques en Suisse romande sont concernées, révèle Le Matin Dimanche. En plus de La Clinic près de Montreux comme le révélait la TSR il y a quelques jours, le Centre chirurgical de la Dôle à Lausanne et la Clinique de la Tour à la Chaux-de-Fonds auraient également posé ces implants controversés.

Au mojns 280 femmes seraient porteuses de ces prothèses mammaires PIP, selon Swissmedic, l'institut suisse des produits thérapeutiques. Une estimation qui devrait être revue à la hausse ces prochains jours car le chiffre ne comprend pas les Suissesses opérées à l'étranger.

Le Matin Dimanche a interrogé trois chirurgiens qui ont posé ces implants ces dernières années. Parmi eux, le Docteur Michel Pfulg, fondateur de la Clinic, se défend: «Nous avons utilisé cette marque depuis les années 1990 car nous étions convaincus de la qualité de ces produits», explique-t-il. Pour lui, la société PIP n'a pas triché avec toutes les prothèses. «Parfois, sur une paire, il y a un implant de correct et l'autre est frelaté.»

Swissmedic au courant depuis 2010

Le praticien se dit toutefois amer. Il aurait en effet alerté Swissmedic dès 2010 en constatant que les prothèses PIP se rompaient plus que les autres. Mais l'institut n'aurait pas bronché. De son côté, Swissmedic se défend, affirmant avoir reçu des informations par la France au printemps 2010 et avoir immédiatement émis des recommandations.

Le Matin Dimanche s'interroge aussi sur l'usage de ces implants bon marché dans des cliniques de luxe. Pour Jean-Michel Lefebvre, directeur du centre de consultation d'information sur la chirurgie esthétique, basé à Genève, «certains professionnels ont peut-être facturé les PIP plus cher à leurs clientes et ont empoché la différence, d'autant que la loi ne les contraint pas à détailler leurs frais. »

(Newsnet)

Créé: 22.01.2012, 08h13

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