Grand Conseil
Les Vaudois voteront sur l’aide au suicide
Mis à jour le 14.02.2012 3 Commentaires
Le Grand Conseil vaudois veut encadrer plus clairement l’assistance au suicide. Il a préféré mardi le contre- projet du Conseil d’Etat à l’initiative d’Exit déposée en 2009. Mais ce sont les Vaudois qui auront le dernier mot: ils pourront choisir l’un ou l’autre texte, ou opter pour le statu quo.
Les députés ont adopté en premier débat le contre-projet du Conseil d’Etat. Ce texte prévoit d’autoriser sous conditions l’assistance au suicide dans les établissements sanitaires reconnus d’intérêt public, hôpitaux et établissements médico-sociaux (EMS).
Par 100 voix contre 11 et 6 abstentions, le plénum a préféré le contre-projet à l’initiative: ce texte nuancé fixe un cadre. Il apporte des garde-fous et ne s’applique pas uniquement aux EMS, ont relevé de nombreux élus.
«Vaud est le premier canton romand à légiférer sur cette question», a relevé Michèle Gay-Vallotton (PS). L’an dernier, Zurich a clairement refusé de limiter ou d’interdire l’aide au suicide.
Débat de qualité
Les députés vaudois ont mené un débat de qualité, loin des polémiques partisanes. «Il ne faut ni diaboliser, ni banaliser l’assistance au suicide», a relevé Claude Schwab (PS). «Dans les situations limites, les textes législatifs sont toujours impuissants. Mais le contre-projet permet le respect et l’écoute. Il propose les soins palliatifs mais accepte la décision finale de celui qui a choisi l’assistance au suicide», a ajouté le député.
Discernement
Le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard a rappelé que le contre- projet fixe deux conditions de base - «une maladie grave et incurable ainsi que la capacité de discernement» - et que le médecin responsable de l’EMS ou le chef de clinique sera chargé de s’assurer que le patient remplit ces deux critères.
«On ne peut pas dépendre de la bonne volonté des associations d’aide au suicide de faire figurer ces garde-fous», a-t-il relevé. Pour éviter la confusion des rôles, le personnel des EMS et des hôpitaux ne participera pas à l’acte, sauf à titre privé, en tant que parent de la personne en fin de vie, par exemple.
Pierre-Yves Maillard a souligné que le contre-projet avait beaucoup évolué au fil des discussions. «Il apporte une bonne clarté à ces questions difficiles», a-t-il dit.
Initiative
L’initiative de l’organisation d’aide au suicide Exit, qui a recueilli plus de 14’000 signatures, demande que les résidents d’EMS recevant des subventions publiques puissent solliciter l’assistance au suicide. Membre d’Exit, Véronique Hurni (PRD) a défendu ce texte face à un contre-projet jugé trop «compliqué et étatiste».
Une poignée d’élus se sont opposés aux deux textes. Il ne faut «pas céder aux pressions des lobbies de l’euthanasie», a lancé Maximilien Bernhard (UDF). En laissant entrer les associations d’aide au suicide dans les hôpitaux et EMS, l’Etat joue un rôle de «facilitateur et se rend complice de suicides de personnes âgées. Les risques de dérapages sont réels». (ats/Newsnet)
Créé: 14.02.2012, 14h18
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3 Commentaires
et si l'on disait, assistance de fin de vie... tout de suite le mot suicide fait vraiment tache. quand aux risques de dérapages, si les médecins font vraiment leur boulot, nul doute que lorsque le ou la patiente n'est pas guérissable et si la personne émet le souhait d'en finir, on ne fait pas un max pour l'aider ? on peut euthanasier des animaux pour ne pas les faire souffrir, alors les adultes ? Répondre
Si l'aide de prendre quotidien le médicament n'existe pas (parfois comme forcé), on n'arrive pas à courir l'aide au suicide ni le problème déficite de la caisse maladie. L'ex président F. Mitterant a appliqué cette méthode, il a refusé de prendre médicament pour résoudre son problème. Répondre
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