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Initiative

«Le salaire minimum concerne tout le monde»

Par Patrick Chuard, Berne. Mis à jour le 27.11.2013 24 Commentaires

L'initiative pour un salaire à 4000 francs est en passe d'être rejetée au Conseil national. Mais Christian Levrat, président du PS, estime qu'elle a tout pour convaincre les citoyens.

Christian Levrat, conseiller aux Etats et président du PS suisse, pense que le problème du dumping salarial touche tous les Suisses.

Christian Levrat, conseiller aux Etats et président du PS suisse, pense que le problème du dumping salarial touche tous les Suisses.
Image: Keystone

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Un débat-fleuve a commencé au Conseil national ce matin, mercredi 27 novembre, autour de l'initiative populaire pour des salaires minimaux. Après le Conseil des États, la chambre du peuple est en passe de refuser ce texte de la gauche et des syndicats, qui exige l'introduction d'une rétribution minimale de 4000 francs par mois.

Christian Levrat, président du Parti socialiste, ne s'attend à aucune surprise des chambres fédérales. Mais il estime qu'il y a de fortes chances que les citoyens disent oui dans les urnes. Explications.

la Tribune de Genève Le peuple a refusé il y a trois jours l'initiative «1:12 pour des salaires équitables». Pourquoi accepterait-il cette nouvelle initiative pour des salaires minimaux?

Christian Levrat - Je suis confiant. Un récent sondage lui pronostique 74% d'avis favorables. Bien sûr rien n'est gagné et c'est un taux d'acceptation normal lorsqu'on est au début d'un processus de votation. Mais nous avons affaire à une initiative très différente de 1:12.

Les salaires minimaux sont un problème concret qui touche environ 10% des salariés. La question est savoir si on trouve normal que 430000 personnes travaillent à plein temps dans ce pays sans gagner de quoi vivre. Cette question ne touche pas qu'une minorité. Tout le monde est concerné.

Pourquoi tout le monde?

D'abord, un salaire minimum de 4000 francs aura un effet positif sur l’ensemble de l’échelle des salaires. Le problème de l’intérêt général se pose aussi. Est-ce le rôle de nos services sociaux de subventionner certaines branches économiques en finançant la différence entre des salaires insuffisants et les coûts d'une vie normale?

Tout le monde est concerné par ce problème, non seulement comme contribuable mais aussi comme consommateur. L’impact est tellement évident que les chaînes de distribution Aldi et Lidl ont-elles même décidé d’augmenter leurs salaires à 4000 francs. Elles considèrent que c’est une façon de soigner leur image et d’éviter le boycott latent d’une partie de la population.

Le peuple a refusé de fixer des salaires maximaux, pourquoi poserait-il des salaires minimaux?

Je vois bien que nos adversaires reprennent le même argument du diktat salarial, mais cette fois ils prennent les gens un peu pour des ânes. Le problème est très différent. La droite a beau jeu de refuser une norme légale et de renvoyer le tout aux négociations entre partenaires sociaux. La réalité, c'est que la moitié des secteurs d'activité en Suisse ne sont pas couverts par une convention collective de travail, la plupart du temps faute d'organisation patronale.

Un salaire minimum ne risque-t-il pas d'aplatir les salaires vers le bas, comme en France voisine?

Non, la situation française est très différente. Nous ne connaissons pas le système des emplois précaires en Suisse. Notre problème, c'est les salaires restent insuffisants dans certaines branches, comme la restauration, les soins à la personne, le tourisme, ou l’agriculture. L’effet plancher n'est pas imaginable en Suisse, car la priorité reste donnée aux négociations entre partenaires sociaux dans les conventions collectives.

La force de cette initiative c'est de prévoir un dispositif subsidiaire lorsqu'il n'y a pas de partenaires sociaux, pour le reste on ne change rien aux règles en vigueur. J'ajoute que nous ne sommes pas dans une logique de compétitivité avec l'étranger: on ne va pas délocaliser le restaurant du coin, la coiffeuse ou le nettoyage des bureaux. Les secteurs d'exportation, comme l'industrie des machines, sont d'ailleurs touchés de manière marginale par le problème des petits salaires.

(Newsnet)

Créé: 27.11.2013, 14h44

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24 Commentaires

Pierre Roche

27.11.2013, 15:40 Heures
Signaler un abus 45 Recommandation 5

"Nous ne connaissons pas le système des emplois précaires en Suisse." Ah? Et pourtant... c'est pas ce qui manque. Quelqu'un avait encore des doute sur la totale déconnexion du PS vis-à-vis de la relaité ? Répondre


Jean Delatourette

27.11.2013, 15:06 Heures
Signaler un abus 54 Recommandation 15

Mr Levrat estime que cette initiative à tout pour séduire : bien sûr elle est simpliste ! Et populiste. Elle n'amenerait, à terme, rien de bon au bas revenu. De plus, elle ne tient aucun compte des disparités économiques du pays. Le Jurassien sera plus qu'heureux avec 4'000. Le Genevois ou Zurichois, beaucoup moins... Et aucune chance pour eux deux de gagner plus, à cause de cette initiative... Répondre



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