Editorial
«Le Valais paie pour ses abus»
Par Pierre Ruetschi, rédacteur en chef de la Tribune de Genève. Mis à jour le 12.03.2012 11 Commentaires
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Les Valaisans aiment être maîtres sur leurs terres et supportent mal, très mal, l’ingérence des voisins. Inutile de dire que le choc asséné hier par la victoire de Franz Weber soutenu par le peuple suisse – Genevois et Romands en tête – est d’une violence sans précédent pour le canton alpin. Vu d’en haut, limiter les résidences secondaires à 20% par commune, c’est un peu comme si la Suisse lançait un embargo économique contre l’un des siens. Comment ces urbains, qui ne connaissent rien aux réalités valaisannes, si ce n’est de leurs escapades-bobo-nature du dimanche, ont-ils osé mettre le Valais à genoux en lui imposant une loi inique? A quel titre osent-ils priver un canton de ses ressources?
La réponse est très simple. Le Valais et ses promoteurs de l’extrême paient aujourd’hui pour des décennies d’abus et de bétonnage sauvage. Rien ne semblait en effet pouvoir arrêter cette fuite en avant dans la construction de résidences secondaires, aux juteux revenus à court terme, mais aux effets ravageurs à long terme.
Crans, Verbier, Nendaz, ces villes ou banlieues à la montagne, pleines à craquer en hiver, vides l’été, sont les stigmates d’une stratégie touristique révolue et vouée à l’échec. On pensait qu’il suffisait de bâtir des résidences à touristes et la prospérité suivrait. C’est cette philosophie à courte vue qu’a sanctionnée hier le peuple, traçant une frontière claire entre une Suisse touristique et une Suisse urbaine.
Aujourd’hui, les régions alpines n’ont plus le choix. Les voilà forcées et contraintes de réinventer un modèle de développement touristique. Une aubaine en vérité. Car si la transition, certes abrupte, prévue par l’initiative sera difficile dans un premier temps, elle ne tient pas de la catastrophe annoncée.
De leur réserve d’Indiens, dont ils ont eux-mêmes élevé les murs, les Valaisans et autres Grisons n’ont pas vu venir la menace. Ils se sentent incompris par des citadins arrogants. Possible. Mais eux n’ont pas saisi le puissant attachement identitaire des Suisses à leur nature. Ces fabuleux paysages sont également les leurs. Et ils constituent aussi la véritable source de richesse des Valaisans. Il y a mille et une façons de les rentabiliser mieux et autrement qu’en les bétonnant à outrance au profit de quelques-uns. Les Valaisans le savent bien. (TDG)
Créé: 12.03.2012, 08h10
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11 Commentaires
Monsieur le Rédacteur en chef, vous avez parfaitement raison et c'est un Valaisan qui a toujours habité leValais qui l'affirme. Les rsponsables politiques, économiques et touristiques ont fait preuve d'aveuglementet d'entêtement en poursuivant une politique qui ne pouvait que conduire à ce résultat. Ils ont manqué desagesse et de clairvoyance, ne voyant que le profit à court terme. Répondre
Bravo Maître Franz : Répondre
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