Abus d'alcool
La facture fera plus mal que la gueule de bois
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 25.01.2012 18 Commentaires
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Aujourd'hui, les soins portés aux personnes saoules au point de devoir être secourues voire hospitalisées, sont remboursés. Ce pourrait bientôt ne plus être le cas avec l'introduction du «principe de causalité» dans l'assurance-maladie.
Appliqué à LAMaL, le principe dit du «pollueur-payeur» ou du «qui casse paie» doit permettre de faire payer aux soiffards d'un soir les conséquences financières de leurs abus. Sur le plan politique, l'idée est déjà bien avancée.
La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil des Etats a fait un pas décisif, cette semaine, en adoptant par 7 voix contre 2 une proposition dans ce sens du conseiller national UDC zurichois Toni Bortoluzzi. La Commission du Conseil national avait déjà accepté l'idée. Le processus de révision de la loi peut donc démarrer.
Les mineurs oui, les alcooliques non
Selon l'idée de Toni Borloluzzi, la révision ne se limitera toutefois pas à l'abus d'alcool: le principe s'étendra aussi à la consommation de drogue. Une personnes alcoolisée ou droguée qui n'a pas besoin de soins mais qui est prise en charge par la police devrait de même en être pour ses frais.
«Il est question des jeunes et des adultes qui boivent jusqu'à tomber», précise l'Argovienne Christine Egerszegi (PRD), présidente de la CSSS, mercredi dans les colonnes du Tages-Anzeiger. En revanche, les alcooliques et toxicomanes, parce que considérés comme malades, ne seront pas concernés.
Il s'agit de réprimer les excès des personnes qui se saoulent gratuitement, pour le plaisir ou par amusement, expliquent les membres de la CSSS. Les mineurs ne sont pas oubliés: les parents devront payer les conséquences d'un abus d'alcool de leurs enfants.
Les milieux concernés sont sceptiques
A priori, la proposition des commissions parlementaires répond au souci des hôpitaux et de la population. En 2010, l'Hôpital de l'Île avait défrayé la chronique en rapportant que la part des empoisonnements dus à l'alcool dans les admissions d'urgence avait augmenté de 1,4% à 3,3% entre 2000 et 2007 et que la part des jeunes était même passée de 2,6% à 6,5%.
Questionnés, les intéressés s'inquiètent pourtant. «Procéder à un tri peut paraître simple derrière un bureau, mais ne l'est pas dans l'activité des urgences», relève Markus Häsler, porte-parole du l'hôpital universitaire bernois. Le problème des impayés va devenir plus aigu encore, craint l'Hôpital de l'Île, qui a déjà pour plus de 10 millions de francs de factures que ni que les caisses, ni les patients ne veulent ou ne peuvent payer.
«Le problème de la surconsommation d'alcool n'est pas seulement individuel, c'est aussi une question de société», relève en substance Simon Frey, d'Addiction Info Suisse. La responsabilité de l'individu étant limitée, les frais d'une consommation excessive ne devraient pas, de son point de vue, faire l'objet d'une réglementation séparée.
Boîte de pandore
Les caisses-maladie elles-mêmes attirent l'attention sur les dangers du «principe de causalité». Avec les hôpitaux, elles craignent l'ouverture d'une brèche dans le système de santé. L'association santésuisse parle ainsi d'un «signal dangereux». Après l'excès d'alcool et de drogue, la question pourra être posée de savoir si d'autres comportements dommageables pour la santé pourraient ne plus être couverts par l'assurance-maladie, avertit sa porte-parole Anne Durrer.
Il s'agit uniquement d'une hypothèse. Les auteurs de l'initiative visant à supprimer le remboursement de l'avortement pourraient, par exemple, s'appuyer sur ce nouvel argument. Et l'UDC a déjà essayé à plusieurs reprises de retirer la distribution d'héroïne de la couverture de base de l'assurance-maladie. (Newsnet)
Créé: 25.01.2012, 12h58
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18 Commentaires
Je ne vois absolument pas le problème. Agiter les arguments tels que "Et après ce sera quoi ?" me semblent bancals. En effet les assureurs n'ont pas attendu pour retirer certaines prestations sans que ça ne leur pose de problèmes (lunettes, dépistages cancer, non remboursement de certains médicaments (ex. Cosmegem), etc...)
Celui qui se prend une quillée monumentale assume !
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Je suis tout à fait d'accord avec ce principe. Il était temps ! Etre solidaire dans l'assurance-maladie des personnes atteintes dans leur santé malgré eux, d'accord, mais contribuer aux frais de personnes qui abusent sciemment (alcool, cigarette, stupéfiant), non !
Nous devrions même étendre cette mesure aux skieurs hors piste qui mettent en danger les secouristes !
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