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Santé

La Suisse va diminuer ses livraisons de sang à la Grèce

Par Christine Talos. Mis à jour le 25.02.2013 21 Commentaires

Le Service suisse de transfusion sanguine livre depuis des années du sang à la Grèce pour des raisons humanitaires. Mais il va réduire drastiquement ce commerce car Athènes n'arrive plus à payer ses factures.

La Suisse envoyait jusqu'ici près de 30'000 sachets de sang à la Grèce.

La Suisse envoyait jusqu'ici près de 30'000 sachets de sang à la Grèce.
Image: Keystone

Le sang reste gratuit pour les Grecs

La diminution des dons de sang envoyés en Grèce soulève quelques questions éthiques. Rudolf Schwabe, directeur du Service de transfusion sanguine y répond.

Les Suisses donnent gratuitement leur sang. Pourquoi les Grecs doivent-ils payer 5 millions pour en bénéficier?

Rudolf Schwabe: La Grèce ne paie pas le sang des Suisses. Nous recevons ce sang gratuitement en Suisse, nous le donnons gratuitement aux Grecs. Par contre, les 5 millions que doit payer Athènes représentent les frais que l'envoi de ces dons nous occasionnent. A savoir les coûts du personnel en Suisse, les tests biologiques comme le VIH, la production, la logistique et le transport du sang.

Souvent il est question de pénurie de sang en Suisse. Pourquoi livrons-nous des excédents à la Grèce?

Il est vrai que certaines villes, comme Bâle ou Genève, souffrent parfois de pénurie en raison de leur forte consommation due à la présence de grands hôpitaux. C'est la raison pour laquelle nous leur mettons à disposition du sang venu d’autres cantons qui ont moins de besoin. Mais ce que nous donnons à la Grèce représente les excès que nous sommes tenus d’avoir pour garantir un approvisionnement en Suisse 24h sur 24. Si par chance nous n’avons pas besoin d’utiliser ce sang en réserve, nous préférons alors l’acheminer en Grèce, qui en a besoin, plutôt que de le jeter. C’est une solution «win-win».

Cela veut-il dire que nous donnons du sang périmé aux Grecs?

Non bien sûr. En Suisse, nous utilisons les poches de sang dans les 42 jours. Au-delà, nous les envoyons à Athènes qui dispose alors encore de 15 jours pour les utiliser. Ce stock est facilement gérable car les malades atteints de thalassémie ont des besoins de transfusion programmables.

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Près de 250'000 personnes donnent gratuitement leur sang en Suisse chaque année. Mais ce sang n'est pas destiné qu'aux hôpitaux. Une partie du précieux liquide rouge est vendu par le Service de transfusion sanguine CRS - une société anonyme d'utilité publique détenue majoritairement par la Croix-Rouge suisse et responsable de l'approvisionnement en Suisse, à l'industrie pharmaceutique et... en Grèce.

En effet, selon le Tages-Anzeiger lundi, environ 10% des dons de sang en Suisse sont stockés à titre de réserve d'urgence et ne sont donc pas utilisés par les hôpitaux et la pharma. Du coup, le Service de transfusion sanguine envoie les excédents qui arrivent à expiration à la Grèce.

Un commerce qui existe depuis bientôt 40 ans

Ce commerce avec Athènes a débuté dans les années 70, rapporte le journal alémanique. Il a pour but une raison essentiellement humanitaire. En effet, quelque 10% de la population grecque souffre de thalassémie, ou«anémie méditerranéenne», qui provoque chez les malades une déficience dans la synthèse des globules rouges.

Mais cette aide va être réduite drastiquement. Selon le Tagi, la Grèce, déjà surendettée, n'arrive plus à payer ce sang et des factures non payées pour plusieurs millions de francs se seraient accumulées. Cette dette a été réglée aujourd’hui, selon Rudolf Schwabe, directeur du Service de transfusion sanguine, mais du coup, le service a décidé de limiter les risques financiers en limitant les envois de sang. «Nous ne pouvons prendre le risque de menacer financièrement notre entreprise», indique le directeur à la Tribune de Genève.

Réduction de moitié

Aujourd'hui la Suisse envoie chaque année entre 25'000 et 30'000 sachets de sang de 220 à 300 ml de sang à Athènes, pour un coût total estimé à 5 millions de francs. Le nouveau contrat avec la Grèce, signé avec le Ministère de la Santé il y a 2 mois, prévoit une réduction progressive à partir de 2015 pour terminer avec la moitié de l'approvisionnement actuel en 2020.

En contrepartie, le Service de transfusion sanguine a décidé de mettre à disposition de la Grèce son savoir-faire en la matière afin qu'Athènes développe à son tour ses propres infrastructures pour récolter du sang. «La Grèce se débrouille bien sur bien des points», déclare Rudolf Schwabe à la Tribune de Genève. «Mais il lui manque les moyens de trouver les donneurs et de les régulariser. Nous allons sans doute leur donner notre programme informatique de gestion et former les employés grecs en Suisse». Berne pourrait aussi mettre à disposition un véhicule équipé.

Problème sanitaire

Mais cette réduction dans l'approvisionnement en sang risque de poser un gros problème à la Grèce. La Suisse est en effet le seul pays à y exporter le précieux liquide rouge. Or, selon des experts sanitaires, la situation sur le terrain est chaotique. Le pays gère en effet mal le stockage du précieux fluide et les malades doivent souvent se débrouiller eux-mêmes aujourd'hui pour trouver des donneurs au sein de leurs familles ou de leurs amis.

La situation risque d'aller en s'empirant, d'autant que de plus en plus de gens ont besoin de transfusion, le pays est plus touché que ses voisins par la thalassémie. Mais le Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge estime que la réduction des dons de sang suisse est dans l'intérêt de la Grèce puisque pour s'en sortir, elle sera obligée de développer ses propres infrastructures et ne sera donc plus dépendante de l'étranger.

(Newsnet)

Créé: 25.02.2013, 11h49

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21 Commentaires

Frédéric Bastiat

25.02.2013, 14:12 Heures
Signaler un abus 27 Recommandation 3

Le plus choquant c'est qu'on interdit aux citoyens de vendre leur sang, ils doivent le donner, alors que l'état lui se permet de le vendre, en l'occurence celui-là même que les citoyens ont offert gratuitement. On s'étonnera aussi des appels incessants des autorités au don de sang sous le prétexte d'un manque chronique, alors qu'il semblerait qu'il y ait régulièrement des surplus qui sont vendus.. Répondre


Angel Nomed

25.02.2013, 12:57 Heures
Signaler un abus 27 Recommandation 6

C'est effectivement assez choquant: le prix à la pochette, de 170 à 200 francs (ou le prix au litre: de 600 à 900.- !), le fait qu'on qualifie ce commerce d'action humanitaire (même si cela a un prix), le fait qu'on ait profité de ce "marché" au lieu de développer les infrastructures grecques plus tôt, et le fait qu'on utilise cette excuse maintenant qu'ils sont bien dans le merde... Répondre



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