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Adhésion

L'agriculture suisse est menacée sans l'Europe selon Jacques Janin

Mis à jour le 02.01.2013 15 Commentaires

L'ancien directeur de la Chambre vaudoise d'agriculture prédit un déclin pour la Suisse si elle n'adhère ni à la communauté ni à l'euro.

Il faudrait «combler chaque nouvelle appréciation du franc fort par rapport à l'euro». Jacques Janin propose en conséquence de recourir à «la monnaie verte» longtemps pratiquée par l'UE et réservée aux transactions liées la politique agricole commune.

Il faudrait «combler chaque nouvelle appréciation du franc fort par rapport à l'euro». Jacques Janin propose en conséquence de recourir à «la monnaie verte» longtemps pratiquée par l'UE et réservée aux transactions liées la politique agricole commune.
Image: AFP

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Ancien directeur de la Chambre vaudoise d'agriculture, Jacques Janin détonne. Non seulement la Suisse et l'Union européenne devraient unir leur destin, mais l'agriculture helvétique aurait tout à gagner à une adhésion, euro compris. Un point de vue pour ainsi dire sacrilège aujourd'hui.

Édité à compte d'auteur, son livre «La Suisse et l'Union européenne sont faites l'une pour l'autre» (1000 exemplaires au total) est paru en français et en allemand. Jacques Janin y exprime de manière très directe ses convictions européennes. Le propos ne se limite pourtant pas à des souvenirs personnels, mais veut relancer une réflexion qui s'est effondrée 20 ans après l'échec de l'EEE.

Contre le repli

«Une agriculture suisse non euro-compétitive est condamnée à s'étioler», affirme le Vaudois né en 1939 et à la retraite depuis une dizaine d'années. Fils d'agriculteur passé par l'Université de Lausanne où il a obtenu le titre de docteur ès sciences économiques, il regrette un monde paysan aujourd'hui accaparé par l'UDC et tenté par le repli sur soi.

En 1996, à l'appel de la Chambre d'agriculture devenue Prométerre, quelque 600 paysans se sont rassemblés à Cully (VD). Ils ont demandé au Conseil fédéral une accélération du rapprochement Suisse-Union européenne (UE), rappelle l'ancien responsable marqué par un voyage en 1961 dans le Berlin divisé par le mur.

Même si les thèses en faveur de l'Accord de libre-échange agricole (ALEA), voire de l'adhésion, sont aujourd'hui battues en brèche, Jacques Janin martèle son credo. «Comme en matière de sécurité et de défense, l'espace stratégique de la souveraineté alimentaire s'élargit à l'espace continental», juge-t-il.

Pour la Suisse, le maintien d'une production substantielle est nécessaire, mais le monde agricole est sur la corde raide. «Toujours plus minoritaires politiquement et dominés dans la filière agroalimentaire, les paysans risquent fort de se voir imposer (...) des conditions d'équivalence européennes, alors que leur environnement restera un îlot de cherté», redoute Jacques Janin.

Euro-compétitif

«Une agriculture sans industrie alimentaire est un voilier sans mâture», poursuit-il. Mais pour exporter, ces entreprises doivent produire à des prix euro-compatibles, ce qui oblige l'agriculture à les approvisionner à des tarifs euro-compétitifs, analyse l'élève du professeur Henri Rieben.

Si le libre-échange à l'échelle du continent s'impose, il n'en demeure pas moins un pis-aller pour la Suisse à cause du problème du franc. «Pour l'agriculture (...), la conservation du franc suisse dans un espace de libre-échange dominé par l'euro serait intenable».

Il faudrait «combler chaque nouvelle appréciation du franc fort par rapport à l'euro». Jacques Janin propose en conséquence de recourir à «la monnaie verte» longtemps pratiquée par l'UE et réservée aux transactions liées la politique agricole commune. Le Vaudois ne cache cependant pas que la meilleure solution serait à terme l'adhésion et l'adoption de l'euro.

Très forte opposition

Dire que la position de Jacques Janin ne fait pas l'unanimité tient de l'euphémisme. Jusque dans son propre canton, l'opinion est franchement contre. Les députés vaudois ont ainsi demandé début 2012 au Conseil fédéral d'interrompre les négociations sur l'ALEA. Au niveau national, le Conseil des États a voté en mars la suspension des négociations. (ats/Newsnet)

Créé: 02.01.2013, 10h46

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15 Commentaires

si francis

02.01.2013, 10:55 Heures
Signaler un abus 59 Recommandation 9

Alors qu'on arrête de donner des subventions à l'UE (aide aux nouveaux pays rentrants) et gardons notre argent (je parle en milliards) pour aider NOTRE agriculture.Arrêtons avec cette UE. C'est quand même dingue qu'après 20 ans de déconfiture certaines personnes arrivent encore à croire à ce MACHIN. Répondre


Frédéric Bastiat

02.01.2013, 12:11 Heures
Signaler un abus 40 Recommandation 8

"l'agriculture helvétique aurait tout à gagner à une adhésion". Tu m'étonnes! D'une part l'europe subventionne massivemment l'agriculture en comparaison à la Suisse, ça ouvrirait les vannes de la subvention illégitime aux agriculteurs un peu plus. D'autre part c'en serait fini de toutes les normes suisses de protection des animaux plus sévères que les normes européennes. Répondre



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