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Il y a 20 ans, la Suisse disait «non» à l'EEE
Mis à jour le 22.07.2012 9 Commentaires
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L’euphorie était sans bornes au début des années nonante: pour les milieux politiques et économiques, l’adhésion à la Communauté européenne (CE) était logique. Vingt ans plus tard, les rapports à l’Union européenne ont changé et la Suisse a vécu un profond changement de valeurs.
En mai 1992, le Conseil fédéral ne doutait pas encore de l’Europe. Dans son message sur l’Espace économique européen (EEE), il soulignait sans équivoque que l’adhésion à l’EEE n’est pas un objectif en soi, mais une étape intermédiaire vers l’adhésion à la CE. Ce faisant, sa politique a passé totalement à côté du peuple.
En 1991, les sondages donnaient encore une majorité en faveur de l’adhésion à la CE. La campagne contre l’EEE a toutefois renforcé le scepticisme de la population. L’analyse VOX de la votation du 6 décembre 1992 a montré que seul un tiers des électeurs auraient approuvé une adhésion à la CE.
Hédonisme provocant
L’UDC, encore un poids plume politique avec ses 11% d’électeurs, n’a pas inventé l’euro-scepticisme. Bien plus, le parti a su tirer profit d’une profonde méfiance de la population conservatrice des campagnes face à l’élite cosmopolite éduquée des villes, tournée vers l’hédonisme.
«La votation sur l’EEE était une réaction à la culture ’yuppie’ des années 80», estime le directeur de Demoscope Roland Huber dans un entretien avec l’ats. Cet institut de sondage évalue depuis 1974 les valeurs de la population dans le contexte du Climat psychologique de la Suisse (CPS).
Selon M. Huber, l’UDC a aussi su utiliser un mécontentement latent face à la «classe politique», dont la manière d’agir, aux yeux de beaucoup, passait notoirement à côté du peuple. Pour cette raison, il interprète le vote sur l’EEE comme une réaction au passé plutôt que comme un signal pour l’avenir.
C’est ainsi qu’il explique aussi le paradoxe apparent qui veut que le non à l’EEE marque le début d’une ouverture politique de la Suisse, qui culmine avec son adhésion à l’ONU en 2002. L’adhésion à l’OMC, le Partenariat pour la Paix avec l’OTAN et les accords bilatéraux I ne sont que quelques jalons de la politique extérieure jusqu’en 2002. Entretemps, le «oui» à la CE dépassait d’ailleurs par moments à nouveau le seuil des 50%.
Un tournant
C’était une époque d’un optimisme et d’une foi en l’avenir sans limites, laquelle a aussi reconnu les avantages économiques d’une intégration, explique Roland Huber. Parallèlement, l’UDC a su manipuler des ressentiments existants et creusé le fossé villes- campagne. Au début du nouveau millénaire, le vent a lentement commencé à tourner en sa faveur. Le tournant est venu avec les attaques terroristes à New York. L’incendie dans le tunnel du Gothard, la faillite de Swissair et la fusillade de Zoug ont aussi contribué à un sentiment d’insécurité généralisé. En 2001, les Suisses, toujours plus progressistes et ouverts au monde dans les enquêtes CPS de Demoscope, redécouvrent les anciennes valeurs.
Patriotisme et mentalité du «réduit» connaissent une renaissance. Une Suisse indépendante, une valeur que l’UDC manie depuis des lustres, devient courant normal. La recherche des propres racines a mis au jour un foklore qui a tout envahi, du hip-hop au tétrapack de lait. La nouvelle façon d’aborder l’existence s’appelle désormais «Swissness».
Retour sur terre
En même temps, l’UE a perdu de son attrait, devenant même une source d’irritation, selon Roland Huber. Au début du nouveau millénaire, même les milieux très progressistes se sont détournés de leur conviction en une intégration européenne plus forte. Les chances d’une adhésion sont tombées à zéro, tandis que l’UDC a pleinement puisé dans son potentiel pour frôler le seuil «magique» des 30% d’électeurs en 2007.
La crise financière de 2008 a consolidé cette évolution, mais l’a aussi un peu atténuée. La Suisse l’a traversée en grande partie sans dommage, ce qui, selon Roland Huber, a regonflé l’ego de sa population. En plus du conservatisme national, s’implante un certain conservatisme des valeurs.
Ces dernières années, Roland Huber observe un réalisme croissant à propos des possibilités qui s’ouvrent à la Suisse. Ce n’est pas l’isolement qu’on veut, mais une collaboration dont chacun tire profit, explique le directeur de Demoscope. Que cela nécessite de s’adapter à certaines règles du jeu n’est nullement problématique pour des Suisses qui affichent leur assurance. Selon un récent sondage, seuls 19% de la population souhaitent encore adhérer à l’UE. (ats/Newsnet)
Créé: 22.07.2012, 08h25
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La rédaction
9 Commentaires
Il faut vraiment être socialiste pour écrire des choses pareilles, pour d'éviter d'avouer de s'être lourdement trompé, aveuglé par de fumeuses raisons dogmatiques disparues avec les horribles régimes fascistes de gauche . Un mois avant la chute du mur les gauchistes et les verts de Piogre annonçait la guerre a l'économie locale, le premier janvier un communiste devint Maire de Genève.... Répondre
L'Europe n'a jamais eu aucun "attrait" pour le citoyen suisse, à part quelques naïfs et nos politiques qui pensaient "faire des affaires" sur le dos du peuple. Et ce fut le début des mensonges: Delamuraz; "on va tout perdre", puis Calmy-Rey et Samuel Schmid:" Schengen amènera la sécurité", puis" les accords avec l'UE n'amèneront aucune immigration et travail au noir" tout ça: mensonges et duperie! Répondre
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