De nombreuses sociétés offshore ont été créées depuis la Suisse

Offshore LeaksPrès de 2,5 millions de documents sur des sociétés offshore sont en mains de journalistes d'investigation internationaux, dont ceux du Matin Dimanche en Suisse. Les premières révélations sont sorties ce jeudi.

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Plus de 300 personnes impliquées en Suisse. Quelque 70 sociétés concernées dont une vingtaine de banques et de nombreux intermédiaires financiers qui ont passé commande de milliers de sociétés offshore pour abriter les comptes de leurs clients étrangers.

On parle déjà de «Offshore Leaks». Les premiers résultats des enquêtes menées commencent à sortir, dévoile Le Matin Dimanche via son site internet ce jeudi.

En effet, depuis plusieurs mois, un réseau de plus de 80 journalistes du monde entier, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) basé à Washington, travaille sur plus de 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore. L'ICIJ, dont trois journalistes du Matin Dimanche et de la SonntagsZeitung, a reçu sous forme informatique cette masse de données 160 fois supérieure aux câbles diplomatiques américains publiés par Wikileaks en 2010.

Sociétés créées par UBS et le Credit Suisse

Selon les premiers résultats dévoilés jeudi par les titres dominicaux, UBS aurait ainsi ouvert 2900 sociétés offshore dans une douzaine de juridictions, via Portcullis Trustnet, une société basée à Singapour et active dans une douzaine de juridictions, comme les Îles Cook ou les Îles Caïmans. Le Credit Suisse en aurait fait de même en créant plus de 700 sociétés. Des entités parfois si opaques qu'elles cachaient totalement l'identité des clients, selon des e-mails.

Certaines sociétés écran permettent de remonter «jusqu’aux comptes suisses d’un fils de ministre pakistanais; jusqu’au conseiller genevois représentant la société aux Iles Vierges britanniques d’une amie de Mère Teresa; jusqu’au directeur d’une société offshore d’un groupe international de matières premières, qui est en fait un fiduciaire suisse sous le coup d’une enquête pour blanchiment d’argent du Ministère public de la Confédération; ou encore jusqu’aux intermédiaires d’un célèbre acteur d’Hollywood ayant un compte secret à Lausanne».

Gunter Sachs dans le viseur

Les données concernent aussi des contribuables suisses. Dont le célèbre photographe Gunter Sachs, héritier de la dynastie von Opel (à l'origine des voitures éponymes), qui s'est donné la mort en 2008. Deux sociétés auraient ainsi été ouvertes aux Iles Cook pour lui. Mais aucune ne figure dans la déclaration fiscale du photographe, domicilié à Gstaad les trois dernières années de sa vie. Des sociétés basées au Luxembourg et au Panama ne sont pas non plus mentionnées au fisc, alors qu'elles disposent de plus de 9 millions de francs de capital ainsi que des placements immobiliers en Suisse.

Les montages juridiques et financiers de Gunter Sachs, qui passent par les Iles Cook, le Luxembourg, les Iles Vierges, les Bahamas ou Panama, ont en partie été réalisés avec les conseils de l’étude Lenz & Staehlin, basée à Genève, Lausanne et Zurich, selon Le Matin Dimanche. (nxp)

Créé: 04.04.2013, 10h49

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Plus de 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore ont été transmises à un réseau international de journalistes, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), basé à Washington. Il a reçu sous forme informatique cette masse de données occupant 260 Gigabytes, soit un volume 160 fois supérieur aux câbles diplomatiques américains publiés par Wikileaks en 2010.

Il y a plus d'un an, un paquet a été envoyé anonymement par la poste à une adresse en Australie. Le disque dur qui se trouvait à l'intérieur a ensuite été transmis à l'ICIJ. Ces «Offshore Leaks» contiennent une quantité d'informations bien supérieure à toutes les fuites de données bancaires survenues ces dernières années de Suisse vers l'Allemagne ou la France, notent les deux journaux dominicaux.

Les documents - des contrats et des fax numérisés, des copies de passeports, des e-mails, de la correspondance bancaire et de nombreux autres documents - sont issus de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore.

Depuis plusieurs mois, plus de quatre-vingts journalistes du monde entier travaillent sur cette masse de données, tentant de décortiquer les montages financiers internationaux, souvent complexes, et de mettre en contexte ces informations. Quelque 122'000 entités (sociétés, trusts, etc.) sont concernées, reliées à plus de 130'000 personnes dans 140 pays.

Plus de 35 médias de toute la planète vont dévoiler dès jeudi leurs investigations sur les Offshore Leaks. Parmi eux, The Wahington Post, la BBC, The Guardian, Le Monde, ou Die Süddeutsche Zeitung, ont participé à ce travail. En Suisse, trois journalistes du Matin Dimanche et de la SonntagsZeitung ont eu accès à l'ensemble de ces données depuis le mois de décembre.

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