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Diplomatie suisse

Burkhalter balaie la politique d’égalité des sexes de Calmy-Rey

Par Arthur Grosjean. Mis à jour le 11.12.2012 9 Commentaires

Hécatombe chez les femmes au concours diplomatique. Sur les vingt-deux candidats engagés par le DFAE, il n’y a que quatre femmes.

Image: Keystone

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Hécatombe chez les femmes au concours diplomatique. Sur les vingt-deux candidats engagés par le DFAE vendredi dernier, il n’y a que quatre femmes. Un résultat qui s’explique en partie par le changement complet de la politique de recrutement. Fini, la parité imposée au forceps par l’ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, et bonjour la primauté de l’excellence prônée par son successeur, Didier Burkhalter. Moins de 30% de femmes

Examinons d’abord les chiffres. Le DFAE a reçu 282 dossiers de candidature, ce qui constitue un record. 61% émanaient d’hommes, 39% de femmes. Au fil des sélections, qui comprennent des travaux écrits et un grand oral, les candidates ont pris l’eau. Et le pourcentage passe sous la barre des 30%. Au moment de trancher, nouveau coup de massue: la proportion de femmes chute à 18%. Elles seront donc quatre sur vingt-deux à devenir stagiaire et à briguer une carrière de diplomate.

Un tel résultat aurait fait hurler l’ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. On se souvient qu’elle était intervenue sur la volée des candidats de 2005. Dix hommes et quatre femmes avaient été sélectionnés. Sans crier gare, la Genevoise avait décidé d’écarter six hommes pour garantir la parité. Un coup de force qui avait fait grincer les dents des milieux diplomatiques et provoqué la démission du sénateur PLR Dick Marty de la commission de sélection. Calmy-Rey avait persisté et signé en décrétant qu’à l’avenir il fallait un respect strict de la parité. Ce qui a eu lieu toutes ces dernières années. En 2011, huit candidats de chaque sexe ont été retenus.

Changement de cap donc avec Didier Burkhalter, qui a décidé de mettre un terme à la discrimination positive. Comme l’explique le secrétaire d’Etat adjoint Georges Martin, le nouveau chef du DFAE souhaite que l’excellence prime. «Les défis auxquels la diplomatie doit faire face aujourd’hui nécessitent que nous prenions les meilleurs. Evidemment, ces meilleurs peuvent être des femmes ou des hommes. Je relève aussi que nos collègues femmes, dans le département mais aussi dans la société en général, exigent moins cette parité mathématique. Aujourd’hui, une jeune femme veut être choisie et engagée pour ses mérites et non pour son genre.»

Femmes alibis?

Georges Martin insiste sur le fait que la parité réelle reste un but à atteindre et que le DFAE fait tout ce qu’il peut pour intéresser les femmes à cette profession. Est-ce à dire que les candidates sélectionnées sous l’ère Calmy-Rey étaient des femmes alibis, des femmes quotas? «Certainement pas. Mais c’est évident que lorsque vous avez une obligation de parité, on va s’arranger pour la remplir. A l’inverse, quand ce critère n’entre pas en ligne de compte, seule l’excellence prime.»

Pourquoi les femmes aspirantes diplomates ont-elles particulièrement eu la vie dure cette année? Le DFAE ne le dira jamais, mais on peut penser qu’il y a un effet de rattrapage. Des hommes très compétents ont attendu que Calmy-Rey passe la main pour accroître leurs chances au concours. Ils n’avaient aucune envie de revivre ce que les six «sacrifiés» de 2005 avaient enduré.

La conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE) regrette le retour du balancier: «Ça ne m’étonne pas que Didier Burkhalter, qui ne devait pas apprécier la pratique de sa prédécesseure, y mette fin. C’est dommage car dans la carrière diplomatique il y a nettement plus d’hommes que de femmes. C’est une discrimination et on ne règle pas ce problème de fond.»

Le conseiller national Christian Lüscher (PLR/GE) est d’un avis diamétralement opposé. Il salue cette décision: «La mesure de Micheline Calmy-Rey était choquante pour les femmes diplomates. Ces dernières vont pouvoir respirer. Tout le monde saura à l’avenir qu’elles ont été choisies pour leurs compétences et non pour leur sexe.» (TDG)

Créé: 11.12.2012, 07h52

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9 Commentaires

charles gavillet

11.12.2012, 08:59 Heures
Signaler un abus 40 Recommandation 9

N O R M A L ............................... Répondre


Gilbert Keller

11.12.2012, 09:32 Heures
Signaler un abus 44 Recommandation 15

Calmy-Rey, Pasquier, même combat. Elles ne veulent pas la qualité, elles prônent la parité !!!!!Comment veut-on que la gauche puisse puisse être pertinante dans un gouvernement avec de tels agurments...... Qu'elles auraient été leurs argument, si par hasard, il y avait une majorité de femmes dans tel ou tel secteur et que les hommes revendiques la parité ? Répondre



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