Réseaux de soins
Alain Berset fait un milliard d'économies en deux jours
Par Xavier Alonso, Berne. Mis à jour le 18.05.2012 9 Commentaires
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Le managed care, c’est quoi?
Les réseaux de soins (ou managed care) se composent de médecins qui concluent entre eux un contrat de collaboration pour coordonner les traitements des patients. Ce système doit enrayer l’explosion des coûts de la santé.
Les assurés qui «s’abonnent» à un réseau paient une prime inférieure à celle des assurés qui y renoncent. Les primes dépendent toujours de la caisse choisie. Mais «l’abonné» à un réseau de soins ne peut plus choisir librement son médecin. Car chaque réseau de soins est lié contractuellement à une ou plusieurs caisses maladie.
Les assurés «abonnés» pourront encore changer de caisse. Quand? Tout dépend du contrat signé: les caisses maladie sont néanmoins tenues de proposer des contrats de différentes durées, y compris celle minimale d’une année.
Les assurés «libres» auront le choix du médecin, mais le payeront plus cher. La participation aux coûts (la quote-part) passera de 10% à 15% et sera perçue jusqu’à un total de 1000 francs (contre 700 francs à l’heure actuelle).
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Le référendum du 17 juin sur les réseaux de soins suscite une drôle de campagne. Le conseiller fédéral Alain Berset semble avoir retrouvé des chiffres après que les sondages donnent la votation perdue.
Mercredi dernier, dans L’Hebdo, le ministre de la Santé socialiste expliquait dans une longue interview les améliorations que le managed care va apporter à la prise en charge des patients. Mais il se montrait incapable d’en chiffrer les bénéfices pour le porte-monnaie de l’assuré.
«Nous ne sommes pas encore en mesure de dire quelles économies pourront être effectivement réalisées et sous quelle forme elles seront répercutées, expliquait-il dans l'hebdomadaire. Mais nous pouvons dire que ce projet aura certainement un effet positif sur la maîtrise des coûts grâce à la meilleure collaboration entre les prestataires de soins.»
Soit. Pas de promesse de la part du ministre... Mais deux jours plus tard, dans la NZZ d'aujourd'hui, le même ministre de la Santé: «Selon nos estimations, si 60% des assurés s’affilient à un réseau de soins, il en résultera des économies de l’ordre de 1 milliard, ce qui correspond bien à 4% sur les primes.»
Visiblement, Alain Berset a retrouvé des données chiffrées en l’espace de deux jours? «Ces chiffres émanent d'une étude qui a déjà été citée lors du débat au parlement. Mais les économies ne sont pas l'argument premier des réseaux de soins. La qualité et la coordination des soins sont les aspects qui tiennent au cœur du Conseil fédéral et du ministre de la Santé», explique Nicole Lamon, responsable de la communication du Département fédéral de l’Intérieur.
«L’étude du Professeur Berchtold a d’ailleurs été mise en ligne sur le site de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), mais elle présente des estimations qualitatives et non chiffrées. Tant que la question des économies n'est pas posée franco, Alain Berset préfère axer qualité des soins», poursuit Nicole Lamon. Néanmoins, selon la responsable presse du DFI, les projections avancées lors de l’interview à la NZZ sont «conformes mais prudentes».
Les sondages qui donnent la votation perdue pour le ministre de la Santé socialiste ne seraient aucunement la raison de ce discours désormais plus agressif. Alain Berset ne veut pas s’engager dans une campagne de chiffres et de projections d’économies alors que c’est davantage la mise en place d’un système de «qualité et de coordinations des soins» qu’il entend promouvoir.
A contre-emploi
Un système, les réseaux de soins, que le parlementaire Alain Berset avait combattu d’ailleurs. Mais il a changé d’opinion depuis son arrivée au Conseil fédéral, se plaçant ainsi en contradicteur de son propre camp: le PS. Ce soir lors de l’émission politique phare de la télévision alémanique – «Arena» – il défendra d’ailleurs sa toute nouvelle vision contre Christoph Mörgeli, un autre «traître» à son camp.
En effet, alors que la direction de l’UDC, et les parlementaires fédéraux du parti, ont soutenu le managed care, c’est le stratège zurichois qui a mené la révolte en assemblée des délégués et a réussi à retourner la situation. Ce soir deux ténors de la politique suisse défendront des options contraires à celles de la direction de leurs partis! (Newsnet)
Créé: 18.05.2012, 11h20
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La rédaction
9 Commentaires
Encore une démonstration de la gabegie qui règne dans ce département. De plus les citoyens n'ont aucune garantie que cette réduction des coûts sera répercutée intégralement sur les primes car le Conseil fédéral a toujours laissé agir les prestataires et les assureurs selon leurs propres intérêts aux dépens de ceux des citoyens payeurs. Répondre
Il aurait pas trouvé ces chiffres sous la porte de son bureau, avec une enveloppe conséquente, pour sortir ainsi des trucs de son chapeau?Ce retournement de veste me déçoit beaucoup. Répondre





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