Triste semaine pour le football. Servette subit lui aussi la bêtise

FootballLes présidents Constantin et Fischer s’expriment après l’agression du car servettien par des pseudo-fans du FC Sion, samedi.

Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Bien sûr, des douleurs infiniment plus graves frappent partout. Mais puisque c’est le lieu, et en circonscrivant arbitrairement les tristesses au seul monde du football, alors tout n’aura été qu’effondrements depuis une semaine.

Un abject attentat contre le Borussia Dortmund mardi, puis, et sans comparaison, les débordements intolérables des «supporters» turcs de Besiktas jeudi contre ceux de Lyon, suivis dimanche dans la honte par ceux des Corses de Bastia contre les joueurs de Lyon cette fois, match interrompu. Allez savoir pourquoi, on aurait pu croire la Suisse épargnée par ces turpitudes-là. Même pas…

Vidéo TeleM1: les forces de l'ordre argoviennes interviennent sur l'aire d'autoroute de Würenlos auprès de supporters sédunois. Le car servettien est alors déjà parti.

Un samedi soir à Würenlos

Samedi soir, comme nous le révélions dès 23 heures sur notre site Web, le car du Servette FC, qui rentrait de Wil et s’était arrêté sur l’aire de repos de Würenlos, a été agressé par des «supporters» du FC Sion, probablement de retour de Vaduz. On mettra toujours des guillemets autour du vocable supporter pour parler de ceux-là, une toxique minorité qui ne mérite même pas le mot et qui ne supporte que sa propre haine et sa sale bêtise.

On s’empresse aussi de préciser, comme relaté sur notre site dimanche matin: par chance, ce n’est que quand le dernier Servettien venait de remonter dans le car que l’agression a réellement commencé. Les portes s’étaient à peine refermées qu’une poignée d’inconscients, bientôt rejoints par d’autres, frappaient sur les vitres du bus. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux ne propulse une bouteille de bière à travers la vitre, côté conducteur. Sous la violence de l’impact, la vitre a volé en éclats. Le chauffeur en place derrière son volant et son collègue à côté souffrent de coupures. Superficielles, heureusement. Aucun joueur ou membre du staff grenat n’a été touché. Ouf!

Des faits très graves

Mais les faits sont très graves et ne sont pas sans rappeler l’agression, par des «supporters» du Lausanne HC, fomentée contre le car du Genève-Servette HC en décembre 2015 près de Malley. En réalité, les footballeurs servettiens ont frôlé le drame. «A une minute près, nous étions encore tous dehors face à nos agresseurs, soupirait Tibert Pont samedi soir. Je ne sais pas ce qui aurait alors pu se passer…» Le car grenat, coursé par les plus extrémistes, a pu s’échapper vers la prochaine aire de repos. C’est là que la police argovienne, alertée par Lionel Pizzinat (le Team manager), a pu effectuer les premières constatations.

Au même moment, d’autres patrouilles argoviennes intervenaient à Würenlos en bloquant le véhicule des agresseurs. Le communiqué des autorités argoviennes était clair, dimanche: «Würenlos A1: des fans du FC Sion attaquent le bus du Servette FC», confirmant nos informations de samedi.

La réaction de Constantin

Le FC Sion a réagi dimanche après-midi avec un communiqué, déplorant les incidents provoqués par ceux qui se réclament «supporters» sédunois. Le président Christian Constantin s’engage même à poursuivre pénalement et/ou civilement les coupables avec la plus grande sévérité, voire à rendre leurs noms publics. Il veut aussi reverser les éventuelles indemnités obtenues au mouvement junior du Servette FC.

Le patron du FC Sion a aussi dit son intention de faire une donation à la caisse de la première équipe servettienne. «Quelques milliers de francs pour leur sortie de fin de saison», nous a-t-il affirmé. Avant de pester ferme. «Ça fait ch…, marmonnait-il. C’est terrible. Je suis affecté par ce qui s’est passé. Ces gens-là, qui commettent ça, ne comprennent rien. Le foot, ce n’est pas se taper sur la gueule. Moi, je souhaite revoir Servette très vite en Super League, pour une rivalité sur le terrain et pas ailleurs.»

Dimanche matin, il avait appelé son homologue genevois, le président du Servette FC, Didier Fischer. Pour lui faire part de toute sa consternation. C’est le mot. A un mois de la finale de la Coupe de Suisse, qui doit opposer le FC Bâle et ses propres «supporters» au FC Sion, la tension est montée d’un cran. Car la finale se disputera au Stade de Genève le 25 mai.

La crainte que partagent les deux présidents, c’est que l’agression de samedi soir ne cristallise plus encore les tensions préexistantes entre des Genevois qui pourraient à tort nourrir des idées de vengeance, en s’attaquant aux fans valaisans en marge de la finale. Christian Constantin botte en touche: «Parce que j’espère que les supporters de Servette seront plus intelligents que les nôtres.» Didier Fischer, lui, s’emploie à ne pas jeter de l’huile sur le feu, loin de toute colère.

L’appel au calme de Fischer

«Les gens qui ont commis l’agression sont tout sauf des supporters, soupire-t-il. Ils veulent surtout se battre, en découdre. Au fond, le maillot devient le prétexte. Ce sont des gens idiots, enivrés, qui ruinent tout ce que le foot a de beau. Je n’ai pas de problème avec les fans, les ultras, ceux qui soutiennent l’équipe dans la victoire comme dans la défaite. Mais cela doit s’arrêter à ça. Je vais d’ailleurs aller parler cette semaine aux plus fidèles supporters de notre kop. Pour leur dire de ne pas utiliser ce qui s’est passé dans le mauvais sens. Tous ceux qui soutiennent Sion ne sont pas comme cette minorité. Il faut être plus intelligents qu’eux. C’est aussi leur responsabilité envers le club qu’ils aiment.»

Rideau. Les passions morbides de quelques-uns font peut-être ponctuellement plus de bruit que les joies pures des vrais supporters. Mais par définition vides de sens intelligible, elles sont vouées à s’éteindre. Parce que le foot, c’est tout sauf ça.


Quels moyens contre ça?

Si Christian Constantin et Didier Fischer partagent la même consternation, ils sont également partisans de la plus grande sévérité. Les clubs ne peuvent pas être tenus pour responsables des exactions de certains imbéciles – fussent-ils drapés des couleurs de leur équipe – qui commettent des méfaits loin des stades. Comme les Sédunois samedi soir à Würenlos. Mais alors, il faudrait des sanctions exemplaires quand ils sont interpellés. Parce qu’on ne parle pas là de quelqu’un qui craque une torche, mais d’agression. «On devrait pouvoir bannir à vie ces gens-là», lance Didier Fischer. Justement, de quel arsenal dispose la justice, fédérale et cantonale?

Depuis le début des années 90, chaque pays a dû s’aligner en créant un centre de lutte contre le hooliganisme. La centrale suisse est à Berne et chaque canton qui a une équipe en LNA (foot ou hockey) a des éléments spécialisés. Cela débouche sur des interdictions de stade, en augmentation depuis cinq ans. En revanche, au niveau fédéral, c’est la Loi visant au maintien de la sûreté intérieure (LMSI) qui existe. Problème, elle est loin de ne concerner que les hooligans et Berne est frileuse à l’adopter drastiquement contre des fauteurs de troubles, par crainte de recours. Plusieurs pays voisins sont bien plus sévères. Ou écoutent plus les forces de police qui ont identifié des éléments dangereux en obligeant ces derniers à pointer dans un commissariat durant un match (domicile comme extérieur). D.V.


Avant, à Wil, il y avait eu une victoire facile des Grenat

Le football, donc l’essentiel du samedi de Servette, c’était avant. Les Grenat revenaient en effet de Wil, où ils s’étaient imposés 3-0 en jouant à dix depuis la 54e minute (faute de dernier recours de Frick sur Maroufi), quand ils ont été agressés sur le chemin du retour.

Sur la pelouse artificielle saint-galloise, en revanche, pas de mauvaise surprise: les hommes de Kodro ont renoué avec la victoire après deux nuls consécutifs (et sept succès juste avant…). Il est vrai que ce Wil exsangue, sportivement et financièrement, a vite plié après le premier but d’Alphonse. Sauthier et Vitkieviez s’étaient arrangés pour servir le Français sur un plateau (22e). Les deux compères du flanc le servaient pareillement dès la 51e minute pour le 0-2. Tout était déjà dit et, même à dix contre onze, c’est Jean-Pierre Nsame qui triplait la mise à la 63e minute, pour son 21e but en 24 matches. Oui, il sera difficile de le garder, même s’il est sous contrat, et les dirigeants servettiens n’y sont pour rien, c’est le football. Il faudra juste trouver la meilleure solution pour les deux parties dont les positions sont compréhensibles. Servette cherche de toute façon à se renforcer. Samedi à Wil, le directeur sportif Alain Studer était ainsi en discussion avec un certain Steven Lang. Un ex-Servettien qui revit à Schaffhouse, avec 12 buts en 10 matches: sur une plus courte durée, c’est en moyenne mieux que Nsame! Il est en fin de contrat en juin et Schaffhouse ne lui a pas encore proposé de prolongation.

Un retour à Servette? «Moi, je joue, j’essaie de marquer le plus de buts et je ne me prends pas la tête, répondait-il en souriant. Servette? Pourquoi pas…» A suivre! D.V. Wil (TDG)

Créé: 17.04.2017, 21h18

Articles en relation

Agression sur le Servette FC: des "fans" du FC Sion!

Football En rentrant de Wil, le car des joueurs a été attaqué sur l’aire de repos de Würenlos par des "supporters" du FC Sion, la police argovienne a donné un communiqué. Plus...

Le car de Servette attaqué sur une aire de repos!

Football Sur l’aire de Würenlos, les Grenat ont frôlé le drame, «à une minute près», assure Tibert Pont. Le chauffeur du car servettien a été touché Plus...

Wil - Servette 0-3 (0-1)

IGP Arena, 780 spectateurs.

Arbitre: M. Schärli.

Buts: 22e Alphonse 0-1; 51e Alphonse 0-2; 63e Nsame 0-3.

Wil: Deana; Huber, Bühler (77e Mlinar), Ajeti, Keller; Vonlanthen (84e Schiavano), Stillhart, Scholz, Maroufi; Yilmaz (57e Rahimi); Fazli.

Servette: Frick; Sauthier, Mfuyi, Cadamuro, Le Pogam; Fabry, Cespedes; Vitkieviez (83e Berisha), Alphonse (55e Gonzalez), Maouche (68e Faug-Porret); Nsame.

Avertissements: 20e Alphonse (jeu dur); 43e Stillhart (jeu dur), 49e Keller (jeu dur), 72e Vitkieviez (jeu dur), 93e Scholz (jeu dur).

Expulsion: 54e Frick (faute de dernier recours).

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Macron vainqueur
Plus...