Football
Encore battu, Servette n’est pas sorti de son mois de doute
Par Arnaud Cerutti. Mis à jour le 27.08.2012
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Servette - Lucerne from Web Tv on Vimeo.
Servette0 (0) Lucerne2 (1)
Buts: 37e Stahel, 65e Gygax.
Stade de Genève, 6165 spectateurs.
Arbitre: M. Amhof.
Servette: Barroca; Rüfli, Kusunga, Mfuyi, Moubandje; Pasche (55e Karanovic), Grippo; De Azevedo (60e Pizzinat), Esteban (46e Ramizi), Tréand; Eudis.
Lucerne: Zibung; Sarr, Stahel, Puljic, Lustenberger; Wiss, Muntwiler; Gygax (79e Hochstrasser), Hyka, Lezcano (75e Kryeziu); Rangelov (86e Pacar).
Avertissements: 53e Grippo, 72e Muntwiler, 77e Pizzinat.
Notes: Servette sans Baumann, Diallo et Kouassi (blessés). Lucerne sans Renggli et Sorgic (blessés). 15e but de Kusunga annulé pour un hors jeu injustifié, 21e Rangelov manque la transformation d’un penalty.
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Le temps des excuses est passé pour le Servette FC. Il est désormais urgent de se concentrer sur une sérieuse remise en question, car, s’il entend mettre un frein à la course qui le mène droit dans le mur, le vestiaire genevois doit se remuer. Hier contre Lucerne, le club grenat a en effet connu une défaite supplémentaire, toujours sans marquer le moindre but (0-2). Il reste collé à une dernière place qui ne sent pas bon du tout. Comme les quelques paroles d’après-match, qui laissent apparaître un vrai malaise.
Apathiques, improductifs, incapables de se révolter après l’ouverture de la marque par leurs adversaires, les hommes de Joao Alves ont rapidement laissé sur la touche les promesses entrevues la semaine précédente face au FC Zurich (1-1). «Il n’y a rien à dire, le résultat est logique, quelque chose ne va pas dans le groupe, tonne le défenseur Genséric Kusunga. C’est bien de faire de belles passes, d’essayer de jouer, mais, au bout d’un moment, il faut gagner.»
Or, Servette ne l’a toujours pas fait. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de forcer le destin durant une première demi-heure intéressante, mais il faut croire que, dans les 20 derniers mètres, ses problèmes restent les mêmes que depuis deux mois. S’ils ne trouvent pas un «tueur» pour concrétiser leurs intentions offensives, on voit mal comment les Grenat pourront quitter le bas du tableau dans les semaines qui viennent.
«Un coup sur la tête»
Bien sûr, on pourra toujours dire que l’ouverture de la marque par Kusunga (15e) a été injustement annulée par M. Amhof, qui fut assez amorphe tout au long de la rencontre, mais ce n’est qu’une demi-excuse. En face, les Lucernois avaient plus faim que leurs hôtes. Rangelov put même se permettre d’envoyer un penalty au Bachet-de-Pesay (20e) sans que son équipe ne sombre.
«Notre mérite est d’avoir continué à jouer après cela», se félicite le nouveau coach Ryszard Komornicki. Après dix minutes de flottement, son onze a effectivement repris le dessus. Servette, lui, ne pouvait pas se montrer menaçant, le quatuor De Azevedo-Esteban-Tréand-Eudis n’étant pas dans le coup. Et, à la 37e?minute, profitant d’un mauvais renvoi servettien, Florian Stahel débloqua le tableau d’affichage d’une volée écrasée du pied gauche. «Nous avons pris un coup sur la tête à ce moment-là, relève Joao Alves. Avant, mon équipe avait présenté du très bon football. Après, la confiance s’est envolée, les joueurs se sont cachés.»
Deuxième pire départ
Il faut dire aussi que, au retour de la pause, le technicien portugais procéda à des changements pour le moins étonnants. Ramizi relaya Esteban (46e), Karanovic succéda à Pasche (55e), pourtant clairement le meilleur sur le terrain. Et, sans le Vaudois pour «gratter» les ballons, les Servettiens sombrèrent complètement dans l’entrejeu. L’entrée de Pizzinat n’y changea rien. «Les changements, c’est comme le melon, expliqua Alves après la rencontre. Vous ouvrez le melon et ce n’est qu’après que vous savez s’il est bon…»
De toute évidence, celui-ci était fade. Revigoré par le licenciement de Murat Yakin, le FC Lucerne étouffa alors encore un peu plus les Genevois. Rangelov ajusta le poteau (56e) peu avant que Daniel Gygax, sur un superbe numéro depuis l’aile droite, ne double la mise du pied gauche (65e) pour fêter son anniversaire avant l’heure. A vingt-cinq?minutes du terme de la rencontre, celle-ci était déjà pliée.
Sept matches, deux points. De toute son histoire, il n’y a guère qu’avec Michel Sauthier à la barre (7 matches, 1?point) que Servette avait connu une entame de saison aussi calamiteuse. Oui, qu’on se le dise, il y a danger!
Lionel Pizzinat: «Une ambiance dépressive»
En joueur d’expérience, l’intelligent Lionel Pizzinat n’est pas du genre à se cacher à l’heure de l’analyse. Avec lui, les mots claquent. Cette fois-ci avec une grande émotion, des yeux brillants, une gorge quelque peu nouée: «Une fois de plus, les événements ne sont pas de notre côté. La deuxième période est le reflet de notre saison. Ce n’étaient plus onze joueurs sur le terrain, plus une équipe. Nous avons lâché psychologiquement, tactiquement… Il y a un manque de révolte dans ce groupe. La remise en question doit être générale, dans tout le club. C’est la fin de l’été, j’espère que l’automne et l’hiver seront plus encourageants. On est dans une ambiance dépressive…»
«Pizz» s’était livré avant que Joao Alves, en conférence de presse, ne déplore sa performance. «Lionel n’est pas entré comme d’habitude dans le match. En général, il apporte plus que cela. Je ne sais pas s’il était fatigué…» Peut-être les deux hommes devront-ils avoir une explication, aussi, pour remettre le Servette FC dans le sens de la marche. Reste que le contexte est alarmant. Même le défenseur lucernois Tomislav Puljic en convient: «C’est une surprise pour moi d’avoir passé une après-midi aussi tranquille, soufflait le Croate. Servette n’est clairement pas aussi fort que l’an passé. Ça va être difficile pour eux de réagir. Ils sont déjà dans une situation compliquée.»
Rentré de vacances, Hugh Quennec tenait pour sa part à relativiser les choses. «Je suis déçu oui, mais je ne suis pas quelqu’un de nature inquiète, observe le président genevois. Joao Alves et son équipe ont déjà vécu des choses extrêmes, ils ont su relever des défis, on ne va pas donc pas paniquer. Il faut trouver les solutions, qui ne passent pas par le recrutement. Ne perdons pas la tête, ne nous laissons pas envahir par des pensées négatives. On va discuter avec l’entraîneur. Il faut aller chercher cette première victoire pour avoir le fameux déclic.» Celui-ci serait bienvenu dimanche à Thoune.
(TDG)
Créé: 27.08.2012, 08h28
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