Des Seahawks ambitieux se mettent à l’heure américaine

Football américainL’équipe genevoise mise sur deux Etasuniens et sur la motivation de son effectif pour retrouver la LNA.

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Trente ans, ça se fête, et si possible en Ligue A. A 29 ans, les Geneva Seahawks, la plus vieille équipe de football américain du canton, aujourd’hui en LNB, ne vise rien moins que la montée pour la saison 2015 (du 29 mars au début de juillet). «Nous sommes le club historique de Genève et nous ne faisons plus partie de l’élite du football suisse depuis 1997, regrette Fabrice Pranzo, membre du comité directeur de l’équipe. Nous devons faire mieux. Il est temps de reprendre notre marche en avant.»

Et pour les guider, les Seahawks ont décidé de faire confiance à deux Américains. Un coach, Kirk Mastromatteo, et un quarterback – joueur chargé d’organiser les phases offensives de l’équipe – Mike McCarthy. Si le second est attendu pour la mi-mars, le premier est arrivé en début d’année et a déjà pris les rênes de l’entraînement (lire ci-contre).

«Le football américain est un sport amateur en Suisse, mais difficile aujourd’hui d’envisager rivaliser avec les meilleurs sans joueur import», explique Alexandre Cortes, président des Seahawks. L’impact de ces éléments étrangers non européens est d’ailleurs tel que la Fédération suisse de football américain (SAFV) en limite le nombre sur le terrain à un par équipe.

S’il connaissait déjà Kirk Mastromatteo, qui entraîne depuis deux ans en Europe, Chris Codemo, receveur chez les Seahawks, a dû se contenter de vidéos sur YouTube pour découvrir les performances de Mike McCarthy, quarterback à l’Université de Bridgewater, dans le Massachusetts. «Ces joueurs doivent se vendre, donc les vidéos de leurs exploits ont un côté promotionnel. Mais il est impressionnant. Et puis c’est le coach qui l’a choisi.»

Les deux Américains ne sont pas gratuits. Si Fabrice Pranzo ne divulgue par leur salaire, il reconnaît qu’une partie importante des quelque 200 000 francs de budget de l’équipe en 2015 leur sera allouée. «Nous comptons sur eux, bien sûr, mais l’idée n’est pas qu’ils gagnent les matches à eux seuls, explique Fabrice Pranzo. Ils sont là pour aider nos joueurs à se sublimer.» Et l’effectif actuel semble solide. En l’espace de quatre ans, il est passé d’une vingtaine à plus de 60 au niveau élite (ils sont onze à la fois sur le terrain). Le club compte 160 licenciés en 2015 avec ses jeunes et s’appuie sur la formation. Pour la première fois cette année, des joueurs qui ont commencé aux Seahawks à 8 ans ont rejoint l’équipe première.

Autres renforts non négligeables, cinq joueurs passés dans les rangs des Thonon Black Panthers (club champion de France en titre) durant les années maigres des Seahawks sont de retour, avec toute leur expérience. Tous les signaux sont donc au vert avant le coup d’envoi de la saison au stade du Bout-du-Monde. Les chances de montée? «Je ne peux pas encore me prononcer sur le réel potentiel de l’équipe, analyse le coach Kirk. Mais mes joueurs dégagent une véritable envie de gagner. Sans ça, je ne serais pas là.» (TDG)

Créé: 26.02.2015, 19h06

La séance du coach Kirk

Le regard du coach Kirk est noir. La question restera sans réponse. Il y a un temps pour tout et l’entraînement n’est clairement pas le bon moment pour s’entretenir avec les joueurs. Et peu importe s’ils sont 52 sur le terrain synthétique du Centre sportif de Vessy ce mercredi soir. L’heure est à la répétition des gammes et chacun a un rôle à jouer. «Casino 20 (lire twenty)», hurle le nouveau coach des Seahawks. Après quelques secondes d’hésitation, les joueurs offensifs de l’équipe de football américain se mettent en position. Le coach tente de leur enseigner une nouvelle attaque placée, quand un joueur plus lent que les autres attire son attention: «Tu ne comprends pas, junior?» (ndlr: en anglais et les insultes en moins).

Le quarterback reçoit finalement la balle et trouve son receveur. Nouvelle pause, nouvelle engueulade. L’entraînement est saccadé et a quelque chose de militaire. Le No 60, Geoffrey Scarantino, s’échappe. Il a envie de se confier. «Il faut comprendre que c’est un sport qui repose sur la discipline, dans lequel on applique des schémas de jeu très travaillés. En général, les coaches les réunissent dans un livre qu’ils transmettent aux joueurs. Kirk, lui, préfère l’oral.»

Un joueur s’éloigne à droite. «Reviens par là, je n’aime pas crier», hurle le coach. Le rire des joueurs est franc, le sourire de l’entraîneur trahit un rôle. Il s’explique: «Le football américain est un sport dur et ça fait partie de sa culture. Il y a un côté école de la vie là-dessous.»

«Casino 21!» Nouvelle position, nouvelle engueulade. Et pourtant, tous semblent s’amuser.

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