Roger Federer: «Tout au long de ma carrière, j’ai joué pour les titres»

TennisLe Bâlois a dignement fêté son sacre à Wimbledon avant de se pencher sur l’avenir. Sa faim est intacte. Ça tombe bien: les objectifs ne manquent pas.

Roger Federer a également illuminé de toute sa classe la soirée suivant son sacre à Wimbledon.

Roger Federer a également illuminé de toute sa classe la soirée suivant son sacre à Wimbledon. Image: AP

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C’est le fameux «jour d’après», le lendemain qui chante encore pour Roger Federer. Les traits sont tirés, la voix éraillée et le regard fatigué par une nuit un peu plus courte que les autres, quelque peu arrosée aussi, autant pour accompagner le bœuf et les asperges servis au dîner des champions que pour poursuivre ensuite la fête avec une trentaine de potes «et un peu trop de boissons différentes», se marre-t-il. De ses yeux éreintés mais brillants se dégage toujours un immense bonheur. Le sentiment du devoir (très bien) accompli. La sensation – certes peut-être futile – d’être pour une journée encore le roi du monde.

Mais le Bâlois est loin d’avoir les chevilles qui enflent. Tout juste apprécie-t-il le moment. Il faut croire que même avec dix-neuf titres du Grand Chelem en poche, on ne s’habitue pas vraiment à tout ça. Fierté et sérénité se greffent donc dans le sillage du héros, venu une dernière fois (pour cette année!) humer l’air de Wimbledon, lundi matin. Autant pour dresser le bilan de son tournoi que pour tourner ce fameux regard vers l’avenir. Non pas vers l’autre fête qui sera celle de ses 36 ans le 8 août prochain, mais en direction de la suite de sa saison.

Reste qu’avant d’évoquer l’US Open et le Masters, Federer a tenu à se féliciter de la quinzaine londonienne qu’il a sortie de sa manche. «Dans ce tournoi, j’ai su rester incroyablement concentré et cela a été une immense performance mentale de ma part», lâchait-il, sans toutefois vouloir tirer des parallèles entre sa quête de l’Open d’Australie et celle de Wimbledon. «Les deux titres sont incomparables, car tout était très différent. A Melbourne, j’ai vécu un conte de fées. J’ai joué à un énorme niveau contre Tomas Berdych, puis lorsque j’ai battu Kei Nishikori, je me suis dit «waouh, je suis bien». Ici, jamais je n’ai regardé derrière moi en me disant que ce que je réalisais était incroyable.»

Malgré un gros rhume

Et pourtant, cela l’a bien été. Fabuleux, pour tout dire. Le succès n’est cependant pas tombé du ciel. «Je vis une année fantastique, mais d’avoir bien joué en début de saison ne me garantissait en rien de gagner à nouveau Wimbledon, reprit le «Maître». Il m’a fallu bosser pour arriver ici dans les meilleures conditions.» Preuve si besoin était encore que, sans labeur ni sueur, le talent n’amène nulle part. Sans la santé non plus, d’ailleurs, et Federer a fini par reconnaître que son gros rhume ne l’avait jamais vraiment quitté au cours de la quinzaine. «J’avais le nez plein en demi-finale et des maux de tête, ce qui est assez inhabituel chez moi.»

Bientôt No 1 mondial?

Vingt-quatre heures après avoir embrassé sa huitième couronne de Wimbledon, le désormais No 3 ATP donne à son tour le tournis à ses adversaires. Sa remontée vers les sommets entrouvre la porte à tous les rêves, tous les espoirs. La place de No 1 mondial? «Pour l’instant, ce rang n’a jamais été un objectif, glisse-t-il. Avec mon équipe, nous n’en avons honnêtement jamais parlé. Sans doute que la lutte pour le trône en fin d’année se jouera entre Rafa et moi (ndlr: 550 points de retard). Mais est-ce plus important d’être No 1 au terme de l’exercice qu’à un autre moment? Suis-je prêt à prendre tous les risques pour cela? Franchement, je crois que si je ne récupérais cette place que durant une semaine, je serais déjà très heureux. Ce serait tellement inattendu pour moi!»

Après la huitième symphonie, cette petite musique d’avenir ne sonne pas innocemment aux oreilles de Roger Federer. Mais avec le temps et l’expérience, le bonhomme a appris qu’il fallait aussi savoir s’arrêter, s’écouter. Pour mieux savourer le moment. «Et avant de me parler du prochain Wimbledon, laissez-moi apprécier le fait d’en être le tenant du titre pendant l’année qui vient, implore-t-il. J’étais heureux avec 17 titres du Grand Chelem. Je l’étais aussi avec 18. Je le suis avec 19, c’est un nombre merveilleux. Tout au long de ma carrière, j’ai joué pour les titres. Le classement n’est pas si important, au final, car c’est de toute manière en jouant de grands tournois, en battant les meilleurs que tu progresses. Le ranking n’est que la récompense de tout ce que tu réalises sur le court. Mais avant tout, je veux rester en bonne santé.»

«Ma tête tourne un peu…»

Santé. Le mot, Roger Federer l’a répété à plusieurs reprises dans la nuit de dimanche à lundi. Histoire d’arroser, en bonne compagnie, ce sacre de plus qui ne fait que renforcer sa position au firmament du jeu. «Ma tête tourne encore un peu, je ne me souviens plus trop de ce que j’ai fait dans la nuit», s’esclaffe-t-il. Une chose est sûre: il n’a pu accorder à Garbine Muguruza, la lauréate féminine, la danse dont elle rêvait. «On était sur scène, mais ils n’ont pas envoyé la musique. C’est un peu dur dans ce sens d’improviser.» Plus dur, a priori, que d’improviser un récital sur le Centre Court. (TDG)

Créé: 17.07.2017, 21h21

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