Affaire Neuchâtel Xamax
La presse s'en prend à Bulat Chagaev
Par Christine Talos. Mis à jour le 19.01.2012 1 Commentaire
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«Xamax s’éteint, un espoir s’éveille » et « Xamax meurt, Neuchâtel espère ». Ce sont les titres de L’Express et de L’Impartial de ce jeudi, après la retrait de la licence du club neuchâtelois mercredi, un retrait qui sonne le glas du célèbre club rouge et noir.
Outre la tristesse, le regret, voire le soulagement qu'expriment la plupart des témoignages recueillis, les deux quotidiens neuchâtelois estiment qu’il faut déjà se projeter dans l’avenir, alors même que les cendres du club sont encore chaudes. Car, affirment-ils, c'est presque une certitude, le club «rouge et noir» continuera à vivre, très certainement sans Bulat Chagaev; même si le sulfureux tchétchène reste le propriétaire du club et se battra jusqu’au bout.
Les deux journaux évoquent notamment la piste de Serrières, le club de 1ère ligue. A présent que l'inéluctable est arrivé, l'hypothèse d'une collaboration, voire une fusion avec le club régional revient d'actualité, note L’Express. Son président se dit prêt à céder la place de sa première équipe aux rouge et noir.
Le canton peut survivre
Cependant le quotidien neuchâtelois relativise en une phrase: «Le canton peut survivre sans Xamax, mais pas sans RER.» Dans son édito, Nicolas Willemin met en effet en parallèle les malheurs du club et la présentation par le Conseil d’Etat, ce même 18 janvier, d’un grand projet de réseau express régional pour la région.
L’Express note ainsi que si la chute de Xamax fait particulièrement causer, il semble néanmoins que pour l'avenir du canton, c'est ce projet de RER qui est fondamental. Et le milliard de francs de francs qu’il coûtera pourrait alors en rapporter bien plus, estime-t-il. Neuchâtel, redynamisé, aura les moyens de reconstruire une vraie équipe de Super League. Sans Bulat Chagaev, conclut l’éditorialiste.
Une descente aux enfers en quelques mois
Le Matin est nettement moins nuancé que les deux quotidiens neuchâtelois. Outre une Une consacrée à l’affaire titrée sobrement « La fin », le quotidien propose également un édito au titre sec et tranchant : « Bulat Chagaev a tué NE Xamax ». Le chef de la rubrique sportive, Emmanuel Favre, constate qu’en moins d’un an, le Tchétchène a réussi à détruire ce que d’autres, à l’instar de Gilbert Facchinetti, avaient mis près d’une vie à bâtir.
Bulat Chagaev a conduit l’équipe de la Maladière dans l’anonymat de la 2e ligue interrégionale après s’être volontairement privé de tous les soutiens locaux, avoir viré une quarantaine d’employés, produit un faux document à la SFL et s’être comporté comme un mufle dans les estrades de Super League, écrit l'éditorialiste. Pour Emmanuel Favre, la parenthèse Chagaev doit cependant résonner comme un avertissement dans les hautes sphères de la SFL. A elle maintenant de durcir ses règles pour qu’un club ne puisse plus tomber dans les mains d’un imposteur.
Pente difficile à remonter
24 heures consacre lui une double page à l’affaire sous le titre «Neuchâtel Xamax, la chute d’un emblème trahi et bafoué». Le quotidien vaudois donne notamment la parole à Jean-François Collet, président du Lausanne Sport, qui se demande si les gens se rendent compte à quel point il sera difficile pour Xamax de remonter la pente. Il estime que la Swiss Football League aurait dû agir plus vite, «car maintenant les joueurs de Xamax auront de la peine à retrouver de l’emploi, la plupart des contingents étant au complet».
Pour le président du FC Sion, Christian Constantin, également interrogé par 24 heures, «cette triste histoire démontre une fois de plus que les dirigeants étrangers qui viennent reprendre un club en Suisse parce qu’ils croient qu’ici tout est facile se trompent. Ils rêvent».
Enfin, le dessinateur de 24 heures, Burki, s'est aussi fendu d'un dessin sur le naufrage du club neuchâtelois. Un naufrage qu'il a illustré sous la forme d'un paquebot à l'allure du Costa Concordia, échoué près des côtes, avec un capitaine Chagaev qui prend la fuite sur la rive.
«On m'enlève un 4e enfant»
Le Temps évoque aussi lui largement l’affaire sous le titre «Xamax, dernière station du chemin de croix». Le journal a donné la parole à Gilbert Facchinetti, figure emblématique du club qui fond en larmes: «Après la perte de mes trois filles, on m’enlève un quatrième enfant.»
Cette perte de licence est pour lui une tragédie. «Le fait d’avoir réussi à vendre Xamax à ces personnages qui ne lui voulaient aucun bien, ça fait terriblement mal. Aujourd’hui, être comme ça sans réponse, face à quelqu’un qui détient 52% des actions et contre qui on ne peut rien… Quoi faire? La famille de Neuchâtel Xamax, toutes nos familles, ne méritaient pas ça». Il espère néanmoins un miracle: «Si Chagaev arrivait à lâcher ses actions, on trouverait une solution.» (Newsnet)
Créé: 19.01.2012, 07h32
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La rédaction
1 Commentaire
Il faut arrêter de dire que les joueurs de Xamax n'ont plus perçu de salaire depuis des mois. Les initiés Rouge et Noir savent que les joueurs sont payés comptant (sous le manteau) par le boss. Ce n'est pas un hasard si les joueurs de Xamax ne se sont pas rebellés... Répondre





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