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Spectre de faillite autour de Servette? Majid Pishyar doit réagir vite. Très vite!
Par Daniel Visentini. Mis à jour le 10.02.2012 19 Commentaires
Pas de réponses à nos questions
Nous avons tenté de contacter le président Majid Pishyar hier. Aucun de nos appels n’a trouvé preneur. Nous sommes entrés en contact avec son assistant Cédric Tonoli, qui est également administrateur du Servette FC. Il nous a assuré qu’il avait transmis nos questions, formulées par e-mail comme demandé, au président Pishyar, le seul habilité à répondre dans ces circonstances. Un président absent de Genève, donc. Malheureusement, ces interrogations n’ont pas trouvé de réponses. Voilà ces questions.
1. Où en est la situation financière de Servette actuellement? On voit que des paiements partiels ont lieu auprès de certains fournisseurs: un règlement global de la dette est-il possible ou sinon Servette est-il prêt à mettre en place un échéancier signé par un dirigeant?
2. En l’état, avec plusieurs créances en souffrance, Servette n’est-il pas déjà en situation de surendettement telle que cela obligerait un administrateur à alerter un juge, conformément au Code des obligations?
3. Le club est-il en danger de faillite?
4. Si un repreneur se manifestait, le président Majid Pishyar serait-il prêt à céder le Servette FC et, si oui, à quelles conditions financières? D.V.
C’est un cri déchirant, étranglé. Un de plus qui se rajoute à une bien triste chorale, cortège désœuvré des fournisseurs que le Servette FC ne paie plus. Pietro Sartori est l’un des dirigeants de la société GIB Sportswear, une manufacture italienne située à 100 km au sud de Milan. C’est elle qui a produit cette saison les maillots Trentadue que les Servettiens portent, ainsi que les trainings et les équipements: au total, cela représente plus de 11 000 pièces. Le problème? Il y a eu un seul paiement, le premier, pour 13 000 francs. Depuis, plus rien. Et la facture en souffrance a atteint désormais les 285 000 francs.
«Franchement, la situation est grave, soupire Pietro Sartori. De novembre à aujourd’hui, j’ai envoyé 224 e-mails au club. A Amin Pishyar ou à Cédric Tonoli. Je n’ai pas eu de réponse. Je connais bien Amin, nous avions des relations amicales, j’avais un profond respect pour lui et je veux encore croire en lui. Mais aujourd’hui, la situation me rend nerveux. Parce que l’avenir de la société est en jeu et que cela concerne 45 employés au total ainsi que leurs familles. Le tout pour une entreprise qui a 28 ans et qui n’a jamais connu une telle situation. J’ai vu que d’autres sont dans la même difficulté que moi parce qu’on m’a parlé d’un article de la Tribune de Genève . C’est pour cela que je veux parler et rejoindre ce mouvement qui s’est créé. Si nous ne recevons pas un paiement d’ici au 16 février, alors je serai obligé de formuler avec mon avocat à Genève une requête en faillite, le document est prêt. C’est triste d’en arriver là.»
Plus de nouvelles
C’est depuis le 25 octobre que Pietro Sartori n’a plus de nouvelles ou presque. Sa société ne produisait pas les maillots de Servette la saison passée. C’est en juillet que les choses se sont finalisées. «Nous avons travaillé à fond en août pour assurer les commandes, explique-t-il. Je n’avais pas de raison de m’inquiéter immédiatement, car nous avons été payés une première fois. Mais après, plus rien. J’ai même alerté le consulat italien à Genève, qui, je crois, a téléphoné à Servette. Mais cela n’a rien donné. J’ai même appelé à Dubaï mercredi, car Amin Pishyar était sur place. La secrétaire m’a demandé de patienter, qu’elle regardait avec lui. Je n’ai eu personne, le téléphone a coupé. Je suis très déçu de tout cela. Et surtout très inquiet pour ma société, je n’en dors plus. Cet argent que Servette doit, c’est la vie de notre société.» Un trou de deux millions?
Avec cette nouvelle créance, le montant que Servette doit ne cesse d’enfler. Dangereusement. Les premiers créanciers représentent près de 300 000 francs. Avec la firme italienne, on double quasiment le tout. Si l’on rajoute encore le licenciement d’Alves (aux poursuites contre Servette pour près d’un million), ce qui est dû aux SIG, les charges sociales qui pourraient être encore dues, les salaires de Mosca et Londono, et bien d’autres créances, on flirterait aisément avec une douloureuse qui avoisinerait déjà les deux millions de francs!
Majid Pishyar peut-il encore régler la situation? Est-ce encore possible? A-t-il déjà entrepris le nécessaire pour redonner corps à Servette?
Des paiements partiels
Le fait est que des paiements partiels ont eu lieu ces derniers jours: à la société Cleantonic, à Python Sécurité ou aux Samaritains. Une preuve de bonne volonté? C’est à espérer. Par ailleurs, le club a approché Philippe Salvi, comme Le Matin l’a précisé hier, ex-directeur administratif de feu Neuchâtel Xamax. L’homme sait comment s’y prendre pour obtenir une licence, un savoir-faire que Servette ne possède plus.
«J’ai effectivement rencontré MM. Tonoli et Costinha, confirme Philippe Salvi. Nous avons discuté. De la licence et d’autres choses. Ce défi pourrait m’intéresser. Mais nous devons nous revoir, rien n’a été formalisé.»
Un défi? Plus que ça! Actuellement, la Swiss Football League est plus que jamais attentive au cas servettien. Des preuves officielles de paiement, notamment concernant les charges sociales, ont été exigées: les dirigeants ont jusqu’au 27 février pour les produire. Rappelons que Servette a assuré à la Ligue, dans le courant de la saison, qu’il s’acquitterait de ces paiements. Si tel ne devait pas être le cas après vérification, alors la Ligue serait très sévère envers le club grenat. Un gros retrait de points, immédiatement? Ou pire encore?
En attendant, tout le monde attend que Majid Pishyar se manifeste. Les fournisseurs les premiers, eux qui subissent la situation. Leur mouvement solidaire grandit.
De nouveaux créanciers rejoignent le groupe constitué lundi dernier. Avec une philosophie: Servette doit tous les payer. Ou au moins verser une partie et signer dûment un échéancier. Et condition aussi: payer à l’avance les futures prestations. Sinon aucun ne fournira le travail habituel. Sans solution, ces créanciers, eux-mêmes exsangues pour beaucoup, seraient obligés d’actionner la justice. Sept ans après, le spectre d’une faillite tourne à nouveau autour de Servette. Un match le 19?
A dix jours de la venue de Grasshopper, cette mobilisation forte des créanciers signifierait que Servette devrait organiser – s’il le peut encore – un match sans sécurité, sans service VIP, sans écran géant et donc sans chronométrage, sans Samaritains, sans mazout, sans maintenance électrique ou sans service de nettoyage. Mission impossible? (TDG)
Créé: 10.02.2012, 07h09
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19 Commentaires
faut arrêter de dire que c est la faute du tissu économique genevois! si on prend le GSHC il y a dix ans on avait aucun engouement et presque aucun partenaires pour le club... maintenant on peut comptabilisé environ 80 partenaires et une patinoires toujours pleine a craquer.. et oui l engouement il faut savoir le produire... Rappelons que pyshiar a déjà fait coulé un club.. (autriche) Répondre
Vu le grand froid qu'il règne en ce moment. Il y a des personnes qui doivent se chauffer à l'électricité. Et dans quelques mois ils recevront une facture salée, s'il ne la payent pas dans les délai ils se verront avoir l'électricité coupée. Alors pourquoi Servette a-t-il un passe droit? Il ne paye pas leur facture, alors on coupe. Répondre


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