Senderos: «J’ai encore faim et beaucoup de football en moi»

FootballA 31 ans, le Genevois retrouve la Suisse et du temps de jeu à Grasshopper. Les ambitions sont toujours là.

Philippe Senderos a retrouvé les peloused de Super League et le plaisir de jouer.

Philippe Senderos a retrouvé les peloused de Super League et le plaisir de jouer. Image: Eric Lafargue

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C’était il y a treize ans. Treize ans déjà, treize ans seulement. Une trajectoire gravée dans le marbre propulsait un gamin de 18 ans de Servette vers Arsenal. Un gamin? Un leader naturel, oui, 190 centimètres de caractère, une carrure, une posture naturelle, une gueule aussi. Philippe Senderos.

Le défenseur genevois est donc de retour sur les pelouses helvétiques depuis la reprise. Il s’est engagé pour quelques mois avec Grasshopper, laissant derrière lui l’Angleterre et surtout Aston Villa, son dernier club, un pensum pour tout dire. A Birmingham, il a mangé son pain noir, personne ne lui a jamais fait confiance. Quand les dirigeants se sont enfin décidés à le laisser partir, il a sauté sur l’occasion.

Le murmure des persiflages, qui colporte le bruit d’un joueur en bout de course, le laisse froid. Philippe Senderos est au-dessus de tout cela. Ici, pas d’arrogance, juste de l’expérience: c’est sur le terrain qu’il veut apporter ses réponses.

Philippe, vous aviez quitté Servette en 2003. Vous êtes de retour en Suisse en 2016, mais à Grasshopper cette fois…

Je suis là pour retrouver le terrain, du temps de jeu. J’avais plusieurs opportunités. Mais je n’ai pas choisi GC par confort. J’ai encore faim et beaucoup de football en moi.

Quand vous regardez ces treize ans passés à l’étranger, que retenez-vous?

Que j’ai maintenant 31 ans et que j’ai fait une belle carrière. Mais que ce n’est pas fini. Ce n’est pas le moment de regarder derrière en fait, et de me taper sur l’épaule en me disant: c’est bien Philippe, bravo. Non, j’ai encore des ambitions personnelles. Je ne suis pas revenu en Suisse pour me dire que j’allais définitivement m’y installer. D’ailleurs, je ne me suis engagé que jusqu’en juin avec GC…

Est-ce à dire que vous songez encore à rebondir à l’étranger?

Je garde cette possibilité en tête, oui.

Vous n’avez plus joué depuis un an; sur les deux dernières années, vous n’êtes apparu sur le terrain qu’une vingtaine de fois: où en êtes-vous physiquement?

Je me sens bien. J’ai joué ces deux premiers matches avec Grasshopper. Rien ne remplace le terrain: tu peux t’entraîner 150 fois, la pression d’un match, l’intensité, tout cela est irremplaçable. Alors oui, j’ai besoin de retrouver le rythme. Je ne suis pas encore à mon vrai niveau, mais je travaille dur pour le retrouver.

Il y a l’Euro 2016 qui se profile à l’horizon: avez-vous cet objectif en tête, un retour en équipe de Suisse pour cette compétition?

Franchement, je n’y pense pas. Je suis pour l’instant assez loin de l’équipe de Suisse et je ne suis pas en droit d’attendre quoi que ce soit après un an sans jouer. Je vais surtout me concentrer sur mes performances avec GC. Après, si je suis bon et que le sélectionneur veut faire appel à moi, évidemment que je serai heureux.

Philippe: que s’est-il passé à Aston Villa? On a l’impression que vous avez été placé sur une liste noire…

C’est le passé. Je n’ai pas joué pour différentes raisons, c’est comme cela, je ne veux plus brasser tout cela. J’y ai fait de belles connaissances. J’ai appris sur moi. Je regarde devant, pas derrière.

Vous avez 31 ans, vous n’avez pas été épargné par les blessures, vous n’avez plus joué depuis longtemps: d’où vous vient cette foi en vous qui vous anime toujours?

Il y en aura toujours certains pour penser ceci ou cela sur mon compte. Cela ne me dérange pas. Personnellement, je sais qu’une carrière est faite de hauts et de bas. Des moments difficiles, j’en ai connu, oui. Les blessures, c’est forcément compliqué. Mais il faut être clair: je reste un privilégié pour tout ce que j’ai vécu. Et puis peut-être faut-il justement traverser ces moments difficiles pour mieux savourer les autres. De tout cela, je ressors avec l’amour du football et la certitude que plusieurs belles années de foot m’attendent encore. (TDG)

(Créé: 24.02.2016, 09h33)

«Le championnat suisse est pris au sérieux»

Vous retrouvez la Super League treize ans après l’avoir quittée: est-ce toujours le même championnat?

C’est dur de comparer. A l’époque, je n’étais qu’un jeune qui découvrait le monde professionnel. Mais ce que je sais, depuis lors, c’est que désormais la Super League est prise au sérieux à l’étranger. Cela se voit dans les sommes de transferts qui sont engagées pour des joueurs helvétiques.

Bâle écrase le championnat suisse depuis six ans déjà, bientôt sept en réalité: est-ce bon pour la Super League?

Bâle est dominant, c’est évident. Mais on voit aussi que les Bâlois arrivent à des résultats en Champion’s League et en Europa League. Donc oui, c’est bon pour le foot suisse, même s’il y a une sorte de déséquilibre au niveau national. A nous, les autres, de travailler dans la bonne direction.

Heureux d’être à Zurich?

Oui, je suis plus près de mes parents, même si je les ai toujours vus régulièrement. Ma femme et mon enfant connaissaient déjà la Suisse, mais là ils vont y vivre au quotidien. C’est bien.

Vous avez toujours suivi Servette à distance: les Grenat son actuellement en troisième division…

C’est un coup au cœur, oui. Je leur souhaite de remonter vite, jusque dans l’élite.

Et si, avec un Servette revenu en Super League, vous aviez l’opportunité un jour de finir votre carrière en Grenat?

Il ne faut jamais dire jamais!
DV

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