Les Genevois aux JO
Sébastien Chevallier: du sable plein les Jeux
Par Pascal Bornand. Mis à jour le 24.07.2012
Cap sur Londres et une place dans le top 10
Sébastien Chevallier est né le 14 juillet 1987. Le Versoisien vit depuis quatre ans à Berne. Il a interrompu ses études de maître d’école à l’Université de Fribourg.
Parcours
Formé au PEPS Versoix, il a joué comme passeur à Chênois et au LUC avant de se consacrer pleinement au beachvolley. Depuis deux ans, il est associé à Sascha Heyer, ancien vice-champion du monde (2005).
Ticket olympique
16e au ranking olympique, le duo Heyer-Chevallier a arraché sa sélection lors du dernier tournoi qualificatif à Rome (3e). «Un moment incroyable, inoubliable.» En 2011, il était déjà monté sur un podium du World Tour à Prague (3e).
Sascha Heyer
«C’est une légende du beach. A 40?ans, sa longévité et sa gestion de carrière sont exemplaires.»
Blessure
«Mon inflammation au genou droit n’est plus qu’un mauvais souvenir. Samedi dernier, à Klagenfurt (9e), je me suis pleinement rassuré.»
Ambitions
«A Londres, on vise une place dans le top 10, mieux ce serait du bonus. Pour cela, il faudra passer la phase de groupes.»
Partager & Commenter
C’est un rêve de gosse, comme une jolie bille d’agate que l’on tient précieusement au fond de sa poche. Sébastien Chevallier n’a pas cessé de le triturer, de le caresser du bout des doigts. Ce n’était pas un simple jeu d’enfant. C’étaient les Jeux olympiques, l’espoir d’y participer un jour! Rêve ou chimère? «J’avais 10?ans. A cet âge, l’imagination est sans limites…» note le Genevois.
Quinze ans plus tard, le rêve un peu fou d’un gamin de Versoix est devenu réalité. C’est banal à dire, c’est infiniment plus exaltant à vivre! «J’y ai toujours cru, même si l’entreprise m’est longtemps apparue irréaliste», confie le partenaire de Sascha Heyer. Il se souvient d’un coup de grelot improbable, celui qui a tout déclenché. Non, au bout du fil, on ne voulait pas lui vendre un aspirateur. C’était une offre d’emploi! Le Zurichois – un monstre sacré du beachvolley helvétique – cherchait un jeune acolyte pour l’aider à rallumer sa flamme olympique. «Je tremblais. J’ai cru qu’il s’était trompé d’interlocuteur…» se rappelle-t-il. «C’était Sébastien ou la retraite», dira Heyer, persuadé d’avoir misé sur le bon numéro!
En 2008, alors que le géant zurichois enterre ses illusions olympiques à Pékin, Sébastien Chevallier n’est encore qu’un apprenti beacheur. A l’exemple de son père, Philippe, il aurait pu tracer sa voie sur les pistes d’athlétisme. Plus jeune, une facétie du destin lui a fait perdre la Course de l’Escalade. «J’étais dégoûté. J’ai toujours eu un esprit de gagneur, cette mésaventure m’a scié.» Alors, pourquoi ne pas se lancer dans le badminton, il y excelle. Non, ce sera le volley, appris sur les bancs d’école, à Versoix. Formateur réputé, Pierrot Berardi lui en a donné le goût.
Un révolté en quête d’idéal
Mais le talent, la compréhension du jeu ne suffisent pas. Au PEPS, le doué se frotte à Laurent Rey, un ancien champion à poigne qui lui apprend la culture de l’effort, de la pugnacité. «Il m’a transmis son caractère de cochon», sourit-il avec reconnaissance. Le jeune passeur ira parfaire sa formation «universelle» à Chênois. Pressé, il brûle les étapes, gagne ses galons de titulaire en LNA à 17?ans. Impatient, il supporte mal le jeu de la concurrence, claque la porte et s’en va au LUC. «Ils ont engagé un jeune passeur tchèque, j’avais la rage», explique-t-il.
Sébastien Chevallier est un révolté en quête perpétuelle d’idéal. Quatre saisons à Lausanne et un doublé Coupe-championnat en 2008 ne suffiront pas à assouvir ses ambitions. «J’avais tout gagné en Suisse, je voulais autre chose.» Cela pourrait être le discours d’un prétentieux. Il faut pourtant beaucoup d’humilité pour se risquer sur les sables mouvants du beachvolley. «En m’y consacrant, j’ai réveillé mon rêve de gosse. Mais quelle galère! Pendant deux ans, j’ai trimé comme un fou pour sortir de l’anonymat.» Puis le téléphone a sonné…
Depuis l’appel «inespéré» de Sascha Heyer, il lui a fallu encore deux saisons de boulot acharné pour atteindre son graal. A patouiller ou à s’abîmer dans le sable, à sauter dans le vide, à tordre le cou aux sceptiques, à jeter les clichés à la poubelle. «Le beach, ce n’est pas que du soleil et des nanas…» dit-il en évoquant ses interminables séances d’entraînement dans un ancien entrepôt CFF à Weissenbühl… Palmiers en trompe-l’œil. Station espérance.
«Il a toujours cru en moi»
De Shanghai (printemps 2011) à Rome (été 2012), il en a vu du pays, le novice du World Tour. Quinze mois à bloc, entre déprime et délivrance. «Oui, j’ai douté, j’ai dû me remettre en question. Au début, j’ai cru qu’il y avait erreur sur la personne, que je n’étais pas à la hauteur.» Le routinier Heyer (40?ans) s’est-il défié de son jeune partenaire? «Non, il a toujours cru en moi, seulement il a peut-être pensé que mon adaptation irait plus vite!»
Quinze ans séparent les deux coéquipiers, mais une profonde complicité les réunit. «Bien sûr, il y a eu quelques crises, admet Chevallier. Mais rien de grave. On a trouvé le ton et les mots justes pour harmoniser et potentialiser nos ressources personnelles. C’est tout l’art du beach.» (TDG)
Créé: 24.07.2012, 11h28
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
ASSURANCES AUTO
Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 

























