Le TC Genève monte un projet ambitieux pour franchir un cap

Tennis Soutenu par la Banque Eric Sturdza, le club des Eaux-Vives crée son team «élite» afin d’être une place forte du tennis suisse.

Johan Nikles est intégré au team «élite» du TC Genève.

Johan Nikles est intégré au team «élite» du TC Genève. Image: KEYSTONE

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Mettre sur pied un team «élite», un projet d’envergure visant à le fixer définitivement parmi les places fortes du tennis suisse et à permettre à ses joueurs de briller, à terme, chez les professionnels; aux Eaux-Vives, il y avait déjà le cadre bucolique, les excellentes installations et la matière grise pour le faire. Mais au TC Genève il n’avait jusqu’alors manqué que l’opportunité pour avancer d’un étage. Ce n’était en réalité qu’une question d’astres qui convergent pour que le club puisse mener à bien ses plans. Et tout s’est emballé ces dernières semaines afin que la structure tant désirée puisse voir le jour. Celle-ci se retrouve placée sous la houlette de l’ancien pro français Antony Dupuis, entraîneur à Swiss Tennis jusqu’au mois d’août dernier, et soutenue par la Banque Eric Sturdza, sponsor-titre du fameux Geneva Open, dont le tenant n’est autre que Stan Wawrinka.

«Il s’agit pour nous d’une immense fierté que de voir cette aventure lancée, tant celle-ci nous tenait à cœur depuis plusieurs mois, note Eric Rogers, directeur du TC Genève depuis janvier 2015. Après avoir déjà mis sur pied un groupe de développement pour les enfants, puis un team «compétition» consacré aux jeunes de 10 à 16 ans, notre club propose maintenant chaque étape de la formation. Cela peut tirer tout le monde vers le haut. L’équipe que l’on a formée comprend des personnes qui se connaissent et elle peut s’appuyer sur des partenaires fidèles et loyaux. On va travailler en totale confiance…»

Sur le long terme

Avec pour mission d’atteindre l’excellence à tous les niveaux. «Il y a un nouvel élan au club, un dynamisme qui n’existait pas à l’époque où je jouais, souligne Christine Sturdza, directrice de la communication de la Banque Eric Sturdza, très impliquée dans le tennis. Pour nous, c’était une évidence que de soutenir un tel projet, qui impliquera de jeunes joueurs et joueuses et touche de près à la formation. Il s’agit d’un engagement sur le long terme.»

A force de travail, l’objectif consistera à intégrer des éléments qui aspirent à percer sur les circuits ATP et WTA puis à les porter vers le haut. Pour l’heure, le premier d’entre eux à rejoindre cette cellule n’est autre que Johan Nikles, actuellement 695e ATP et membre de l’équipe nationale de Coupe Davis. Entraîné depuis quatre ans par Dupuis, le Genevois de 19 ans tenait à revenir dans sa ville natale après plusieurs saisons passées à Bienne (voir ci-contre). Il va trouver aux Eaux-Vives – et à Champel pendant l’hiver – un cadre propice à son épanouissement. «Les années vécues à Swiss Tennis m’ont énormément apporté, dit-il, mais je tenais à me rapprocher de la maison et de mon environnement (ndlr: il a remporté les Interclubs avec le TC Genève l’été dernier). Avec Antony, nous aurons davantage de liberté dans le travail.»

Tout s’est accéléré cet été

Mis de côté par la Fédération helvétique à la fin de l’été, le coach français, ex-57e ATP et vainqueur du tournoi de Milan en 2004, ne cache pas se réjouir de diriger la structure genevoise. Lui qui connaît les lieux pour avoir défendu durant quatre ans les couleurs du club des Eaux-Vives a foi en ses capacités et en son entourage.

«Pour avoir mené ma carrière tout seul, j’avais toujours rêvé de pouvoir monter ma propre structure afin de pouvoir aider les jeunes éléments prometteurs, explique-t-il. Et je crois que les choses n’arrivent pas par hasard, dans la vie. Lorsque mon contrat avec Swiss Tennis s’est terminé, Johan m’a tout de suite fait savoir qu’il entendait continuer à bosser avec moi. Puis quelques semaines plus tard, Eric Rogers m’a contacté pour me parler du team «élite». Tout s’est mis en place à une vitesse folle avec le soutien de la Banque Eric Sturdza. Les choses ne pouvaient pas mieux se goupiller. C’est de bon augure pour la réussite de notre projet.»

Réputé pour pousser ses protégés à sortir de leur «zone de confort», Antony Dupuis est plus que prêt à ne pas se reposer sur ses lauriers. Ce n’est de toute manière pas son genre que de lever le pied! «Mon but, reprend-il, est de faire en sorte que Genève soit la meilleure académie de Suisse dans les dix ans à venir. Il faut faire des choses cohérentes, bousculer un peu les esprits. Je n’ai aucun doute que cela va fonctionner.»

Sa conviction de pouvoir déplacer des montagnes est forte. Elle a le mérite de faire souffler un vent d’optimisme sur le tennis régional et, partant, sur une petite balle jaune helvétique qui doit préparer ses champions de demain et qui a tout à gagner avec le projet des Eaux-Vives. A terme, il n’est toutefois pas exclu que le TC Genève accueille également des joueurs et joueuses étrangers. «La structure est coûteuse et exigeante, mais elle vaut le coup, se félicite Eric Rogers. Cela permet aussi de faire rayonner notre ville.» «Nous devons travailler avec ambition mais aussi dans la sérénité», ajoute Antony Dupuis.

Au cœur du parc des Eaux-Vives, il sera de toute manière difficile de bosser autrement qu’en harmonie. Telle est peut-être la meilleure manière pour aller décrocher les étoiles.


Johan Nikles: «Je cherche la constance»

Il avait entamé la saison 2016 au 1000e rang mondial, il l’a bouclée à la 695e place; pour qui a l’habitude de suivre les faits et gestes de Roger Federer et Stan Wawrinka, l’ascension de Johan Nikles paraît futile, mais elle dénote au contraire la véritable évolution de l’intéressé. Sur le plan sportif, bien sûr, mais aussi sur les plans humain et mental. A 19 ans, le lauréat du dernier tournoi Future de Sion a clairement pris du galon. Il apparaît plus sûr de lui, plus mûr aussi. «C’est sûr qu’il évolue, témoigne Antony Dupuis, qui le connaît depuis maintenant quatre ans. «Jo» ose prendre la parole en public, ose prendre les choses en main dans sa vie.»

En témoigne le fait qu’après que son entraîneur eut été mis de côté par Swiss Tennis, le joueur a fait des pieds et des mains afin que leur collaboration se prolonge. «Il a mené sa bataille pour me garder, il a tout entrepris pour que l’on reste ensemble, observe, touché par la démarche, le désormais «head coach» de la structure du TC Genève. Cela nous a rapprochés, c’est certain.»

Autant dire que leur travail commun devrait déboucher sur d’autres satisfactions, à l’avenir. Retenu en Coupe Davis, intégré au tableau principal du tournoi de Gstaad ainsi qu’aux qualifications du Geneva Open et des Swiss Indoors de Bâle et sorti du coup de mou qui l’avait frappé au premier trimestre 2016, Johan Nikles entend surfer sur la bonne vague en 2017. Preuve qu’il a retrouvé l’envie d’avoir envie. «Je me sens bien et je bosse afin de poursuivre mon évolution, assure-t-il. Je cherche maintenant la constance, la qualité.»

La liberté que le duo a prise en se retrouvant aux Eaux-Vives peut lui permettre d’avancer. «J’aimerais que Johan arrive à prendre un peu de distance avec ce qui se passe, avoue Dupuis. Il est sur le bon chemin, mais il lui faut encore apprendre à gérer les frustrations d’une carrière. On sait que la vie d’un joueur de tennis est difficile. Elle peut être longue et il n’y a pas lieu de se précipiter.»

Pas question donc de fixer un objectif de classement pour dans douze mois. «On travaille sur le long terme, je veux voir loin pour lui», martèle son coach. Les expériences vécues récemment et le renforcement de son entourage avec le team «élite» du TC Genève font naître l’espoir. A.CE. (TDG)

Créé: 13.12.2016, 21h12

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