Le médecin du futur pourrait être une app

Intelligence artificielleUne start-up britannique lance Babylon, une application destinée à remplacer certains rendez-vous médicaux.

L'abonnement à cette application devrait couter 4.99 livres (7 francs) par mois et offrir des recommandations en cas de maladie ainsi que des contrôles de certaines données (pouls, sommeil) via des accessoires portables.

L'abonnement à cette application devrait couter 4.99 livres (7 francs) par mois et offrir des recommandations en cas de maladie ainsi que des contrôles de certaines données (pouls, sommeil) via des accessoires portables. Image: Keystone

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L'intelligence artificielle pourrait révolutionner les soins du commun des mortels dans un futur proche. La plateforme britannique de santé Babylon sera bientôt dotée d'un nouveau service permettant d'«écouter la description de vos symptômes et prodiguer des conseils médicaux» sans intervention humaine, annonce cette semaine la revue du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Le fondateur de Babylon, Ali Parsa, estime que l'intelligence artificielle contribuera à diminuer le nombre de mauvais diagnostics, parfois fatals. Les abonnés au service, qui ont actuellement accès à des consultations médicales en vidéo-conférence sur leur smartphone, pourront d'ici quelques mois «faire part de leurs symptômes sur l'application, qui les comparera à une base de données de maladies grâce à la reconnaissance vocale. Après avoir pris en compte l'historique médical des patients et les circonstances, Babylon offrira un plan d'action». Le service coûtera 7 francs par mois, souligne le magazine.

Pas de prescriptions officielles, mais des recommandations: noms et posologie de médicaments disponibles en pharmacie ou contact des urgences locales en cas de problème «jugé» plus grave. 21'500 personnes testent actuellement une version de cette app, financée notamment par Demis Hassabis et Mustafa Suleyman, fondateurs du projet Google DeepMind.

«Plus sûr qu'un humain»

Selon le Britannique Ali Parsa, «le système est capable d'analyser des centaines de millions de combinaisons de symptômes» instantanément, tout en tenant compte des informations génétiques, de l'environnement et du comportement du patient. Un résultat plus sûr qu'un diagnostic annoncé par un humain: «Les machines peuvent parfaitement se souvenir de toutes les maladies connues (ndlr: envrion 10'000) en examinant les symptômes. Et contrairement aux docteurs en chaire et en os, elles ne cherchent pas la confirmation» de leur analyse.

Les bénéfices d'une telle application, si ses utilisateurs en sont satisfaits et l'utilisent de façon appropriée, sont multiples: désengorgement des cabinets médicaux, voire des hôpitaux permettant une meilleure prise en charge des vraies urgences; accès facilité aux conseils pour les patients isolés; prévention de certaines maladies grâce à un contrôle, par exemple, du sommeil et du pouls via un accessoire portable.

«Si votre rythme cardiaque s'accélère sans que vous ne changiez votre activité physique, c'est un signe que vous êtes stressé ou déshydraté ou que vous luttez contre quelque chose. La plateforme peut attirer votre attention à ce sujet et proposer un plan d'action pour combattre une maladie avant qu'elle ne se manifeste» avance Ali Parsa.

Possible casse-tête, voire danger public

Un médecin interrogé par la revue est, lui, plutôt sceptique. Premièrement, les machines ne peuvent communiquer avec les patients et «les gens décrivent leurs symptômes de façon très différente selon leur personnalité». Le médecin de famille peut interpréter certaines données, parce qu'il connaît bien ses patients. Ensuite, le risque est que le système devienne «soit trop sensible, et une hausse des consultations chez le médecin en résultera - auquel cas cela n'a pas vraiment d'intérêt, soit pas assez sensible, et on ratera de graves diagnostics». D'autres possibles failles (confidentialité de ces données, piratages, etc) viennent immédiatement à l'esprit.

Ali Parsa mise malgré tout sur une complémentarité des systèmes de santé existants, qui, compte tenu du vieillissement de la population et des avancées médicales, ne pourront plus reposer sur les seules capacités humaines. «On n'aura jamais assez de médecins pour surveiller chacun des patients à ce niveau de détail ou analyser des montagnes de données en quelques secondes. La seule manière de démocratiser les soins de santé et de résoudre ce problème d'offre et de demande est d'utiliser l'intelligence artificielle». (nxp)

(Créé: 10.03.2016, 22h43)

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