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Développement durable

Rio+20 en quête d'un consensus pour une planète menacée

Mis à jour le 19.06.2012

Le projet de texte sur l’éradication de la pauvreté et la préservation de l’environnement, qui sera soumis mercredi aux leaders de la planète réunis en sommet à Rio, est l’objet de difficiles négociations.

La ville de Rio accueille, 20 ans après le sommet de 1992, une nouvelle fois la Conférence de l'ONU sur le développement durable.

La ville de Rio accueille, 20 ans après le sommet de 1992, une nouvelle fois la Conférence de l'ONU sur le développement durable.
Image: Reuters

Un sommet boudé par les grandes puissances

Un tiers des dirigeants du G8, le groupe des nations les plus nanties, dont le président américain Barack Obama, fera l'impasse sur le sommet de Rio, où selon l'ONU des décisions clé doivent être prises pour l'avenir de la planète.

Outre Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron seront absents du sommet de Rio sur le développement durable qui doit débuter mercredi. Le président chinois Hu Jintao ne s'y rendra pas non plus.

Tous ces dirigeants se retrouvaient pourtant pour deux jours dès lundi au Mexique pour le sommet du G20, le groupe des vingt plus grandes puissances économiques de la planète.L'élection présidentielle aux Etats-Unis, la crise de la dette en Europe et l'approche de la transition à la tête de la Chine sont des facteurs qui ont pesé lourdement dans la décision respectivement de Barack Obama, Angela Merkel, David Cameron et de Hu Jintao de ne pas aller à Rio, relève-t-on à l'ONU.

Malgré ces absences, nombre d'autres chefs d'Etat et de gouvernement participeront au sommet, dont les présidents français François Hollande, russe Vladimir Poutine, sud-africain Jacob Zuma et les Premiers ministres indien Manmohan Singh et chinois Wen Jiabao.

Les dirigeants qui ne se rendront pas au sommet ont toutefois tous assuré qu'ils prenaient les questions de l'environnement très au sérieux. Le président Obama a ainsi dépêché la secrétaire d'Etat Hillary Clinton pour représenter les Etats-Unis.

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La conférence se tient 20 ans après le sommet de la Terre de Rio, qui avait décidé d'une série de mesures pour combattre le changement climatique, la désertification, l'appauvrissement de la biodiversité ainsi que la pauvreté.

Texte de 20 pages

Le projet de document final, intitulé "L’avenir que nous voulons", est un texte de 50 pages, mis au point par les Brésiliens, pays hôte, après que les négociations conduites pendant cinq mois par les Nations unies n’eurent pas abouti. Il donne les grandes lignes de ce que pourrait faire la communauté internationale pour faire face à la dégradation de la planète et pour éradiquer la pauvreté.

Le texte doit être ratifié par les 193 pays membres des Nations unies, lors du sommet qui se tient du 20 au 22 juin à Rio Alors que nombre de délégations officielles arrivaient à Rio, le Brésil mettait la pression sur les négociateurs en exigeant que la dernière touche soit donnée dès ce lundi soir au texte.

"Nous sommes dans la phase finale des négociations, il y a un état d’esprit très positif pour trouver des formules qui vont permettre de parvenir à l’issue que nous voulons", a indiqué le chef des négociateurs brésiliens, Luiz Alberto Figueiredo à la presse, se disant "convaincu que l’examen du texte serait achevé ce lundi soir", ou à tout le moins au cours de la nuit.

Les Européens pas d'accord

L’écho n’était pas du tout le même du côté des Européens. Les ministres européens ont été convoqués dans l’après-midi par le ministre brésilien des affaires étrangères Antonio Patriota, qui leur a rappelé, selon Nicole Bricq, ministre française de l’écologie, "qu’il souhaitait que la négociation soit terminée cette nuit". "L’entretien a été courtois, mais très vif", a relevé la ministre devant des journalistes.

Les ministres européens se sont ensuite réunis pour préciser ensemble les points qui ne leur convenaient pas : - sur les objectifs du développement durable, ils voudraient une rédaction "plus complète et plus précise", selon Mme Bricq, "quelque chose de plus tangible", avec une date, et sans diminution des ambitions, a dit le ministre du développement Pascal Canfin. Il a précisé cependant que si le Brésil avançait sur le reste, il pouvait y avoir "un compromis".

- sur la gouvernance, ils ont considéré qu’était proposé un simple renforcement "de façade" des pouvoirs du Programme des Nations unies sur l’environnement, et qu’il y avait dans le texte proposé "une régression du multilatéralisme". "C’est la ligne rouge, on ne peut pas signer en l’état", a dit Pascal Canfin.

- sur l’accès à l’eau, ils ont considéré aussi qu’il y avait "une régression".

Les Européens ont mis en place un groupe de travail pour préparer deux versions alternatives du texte. "On veut une ambition", a souligné Pascal Canfin. "On demande à être entendus". "Tout commence, on ne veut pas de limites de temps, on peut aller jusqu’au 22 au soir pour négocier", soit le dernier jour du sommet, avait dit Mme Bricq dans l’après-midi à la presse.

Plus tôt dans la journée, le ministre allemand de l’Environment Peter Altmaier avait déjà estimé qu’"il y a une marge considérable d’amélioration", demandant des conclusions "plus claires, plus pointues et plus ambitieuses".

Sous couvert de l'anonymat, les délégations ont exprimé leurs doutes sur la possibilité d'arriver à un consensus au moment où de nombreux gouvernements sont confrontés à la crise économique.

Jusqu'à la dernière minute

L'Union européenne se battra «jusqu'à la dernière minute» pour obtenir des «engagements crédibles» pendant Rio+20 mais ce sera difficile, a annoncé mercredi le commissaire européen à l'Environnement Janez Potocnik.M. Potocnik s'est voulu «optimiste», mais il n'a pas caché les difficultés et les risques d'échec de ce sommet boudé par la plupart des dirigeants occidentaux. «Nous n'avons aucune garantie d'accord», a-t-il reconnu à Bruxelles.

Le G77, qui regroupe la plupart des pays en développement et la Chine, ont proposé de leur côté de créer un fonds de 30 milliards de dollars par an pour financer le développement durable, a annoncé le principal négociateur du Brésil pour Rio+20, Luiz Alberto Figueiredo Machado.

Selon lui, les économies émergentes ne sont pas disposées à assumer la dette des pays riches en matière de coopération internationale et ce point sera l'une des pierres d'achoppement du sommet de l'ONU. Une des propositions les plus ambitieuses est partie des pays latino-américains: approuver des objectifs de développement durable qui impliquent tous les pays dans des domaines allant de la sécurité alimentaire à l'énergie durable.

(agences/Newsnet)

Créé: 19.06.2012, 10h14

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