Biodiversité
Une réserve éléphantesque réunira cinq pays d’Afrique
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 20.03.2012
Signature initiale en 2009
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«Cette réserve est bienvenue. Elle exigera des efforts particuliers, étant transfrontalière, comme d’autres en préparation en Afrique. Mais je ne vois pas de risque particulier, ni pour les populations humaines, ni pour les populations animales ou végétales.»
Biologiste et collaborateur scientifique de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), Olivier Biber assure que «de nos jours, on n’imagine plus déplacer des populations au profit de réserves naturelles, comme ce fut la cas sous certaines dictatures. Les populations sont intégrées dans le processus».
Namibie, Angola, Botswana, Zambie et Zimbabwe ont paraphé la semaine passée un accord qui induira la réunion de 36 réserves et leurs environs pour donner une zone de protection vaste comme le Caucase.
Eléphants et Okavango
Cette zone comporte des bijoux. Outre 45% des éléphants d’Afrique, elle abrite au bas mot 600 espèces d’oiseaux et 3000 espèces de plantes, estiment les biologistes.
Elle comprend aussi le delta de l’Okavango ou les chutes Victoria et permettra de reconnecter plusieurs routes migratoires de grands herbivores, interrompues par guerres et frontières.
«La difficulté majeure, c’est la Bande de Caprivi (Namibie), prévoit Olivier Biber. Elle est densément peuplée à l’aune africaine et créer les couloirs de migrations pour les gros herbivores sera un vrai défi.»
Revenus et emplois
Cité par le Washington Post, le représentant du WWF en Namibie indique que les communautés locales tireront revenus et emplois touristiques de la mise en place de cette gigantesque aire de conservation transfrontalière Kavango Zambezi (KAZA).
Un secrétariat indépendant conduira le projet, en partie initié grâce à des fonds allemands. Selon Olivier Biber, la Suisse pourrait aussi intervenir en soutien, comme elle le fait ailleurs en Afrique.
Si rien n’est décidé et qu’Olivier Biber n’est au fait d’aucune demande à ce jour, Berne peut théoriquement contribuer à la réalisation du projet par son bras de la coopération au développement (la DDC). Mais aussi sous l’angle multilatéral par le biais de l’OFEV.
Sur un axe Nord-Sud
La Suisse pourrait intervenir dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, la Convention de Bonn sur les espèces migratrices ou plus probablement celle de Ramsar sur les zones humides, dont les parties se réunissent en juillet prochain à Bucarest.
Active sur d’autres continents, la Suisse l’est particulièrement en faveur des projets africains, indique Olivier Biber.
«Nous y sommes particulièrement sensibles, peut-être un peu de manière égoïste, explique le biologiste. Car notre biodiversité circule essentiellement dans l’axe Sibérie-Afrique.» (Newsnet)
Créé: 20.03.2012, 06h56
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