Genève s’attaque au réchauffement climatique

EcologieLe Canton a adopté mercredi 25 novembre le premier volet de son «plan climat». Une première en Suisse. Pour autant, les Genevois sont-ils vraiment écolos?

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A quelques heures du lancement officiel de la conférence de Paris sur le climat (COP21), il est réjouissant de voir que notre ville apporte sa pierre à l’édifice. Le Canton a adopté, mercredi, un ambitieux «plan climat», afin de lutter contre le réchauffement de la planète, à l’échelle du Grand Genève. Une démarche inédite en Suisse.

Dans ce texte, le Canton se fixe comme objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030, par rapport à 1990. Exactement le cap que s’est fixé l’Union européenne (UE). Pour autant, les Genevois sont-ils vraiment verts? Soucieux de l’état de la planète au point de trier tous leurs petits déchets? De laisser leur bagnole au garage ou d’économiser chaque kilowattheure possible? Voici quelques éléments de réponse.

Désamour de la voiture

Le tout bagnole, qu’on se le dise, c’est fini. Et les Genevois commencent à le comprendre. Selon l’Office fédéral de la statistique, le nombre d’automobiles par ménage a diminué dans le canton, passant de 1,2 à 1,01 entre 2000 et 2010. Dans le même temps, la part des ménages ne possédant pas de véhicule a fortement progressé, de 29% à 41%. Une bonne nouvelle pour le climat puisque, hors trafic aérien, la mobilité représente 20% des émissions du canton.

Mais il ne faut pas se réjouir trop vite: si les autochtones délaissent peu à peu les voitures, ils restent foncièrement amoureux des grosses cylindrés et autres bolides qui rejettent d’énormes quantités de carbone dans l’air. Ainsi, en 2014, les voitures neuves vendues en Suisse émettaient en moyenne 142 g de CO2/km pour les moteurs essence et 146 g pour les diesels. Des chiffres largement supérieurs à ceux observés chez nos voisins européens. En France, par exemple, les émissions de CO2 des véhicules neufs s’élèvent à 114 g/km en 2014.

Dans son plan climat, le Canton prévoit de diminuer de 40% les émissions liées aux déplacements d’ici à 2030, en favorisant la mobilité douce.

Des bâtiments trop gourmands

A Genève, près de la moitié des émissions (46%) provient des bâtiments. Mais les locataires ne peuvent pas y faire grand-chose. «Il faudrait remplacer les chaudières à mazout par des chauffages durables et améliorer l’isolation des immeubles, explique Mathias Schlegel, porte-parole pour la thématique climat et énergie à Greenpeace Suisse. Mais les propriétaires traînent des pieds à l’idée d’investir pour faire ces modifications.» D’ici à 2030, le Canton espère réduire de 30% la consommation de chauffage dans les bâtiments et substituer 10% des énergies fossiles utilisées par des énergies neutres en CO2.

Des déchets pas assez triés

Une poubelle pour le verre, une autre pour le PET, encore une autre pour le papier… S’il est un domaine où les Genevois peuvent faire preuve d’un peu de conscience environnementale, c’est bien dans le tri de leurs déchets. En 2013, chaque habitant du canton a produit environ 620 kilogrammes d’ordures. Si le taux de recyclage a fortement augmenté au cours des dernières décennies – passant de 10% en 1990 à 45% en 2014 – on observe un léger fléchissement de cette tendance. En clair: les Genevois font moins attention à ce qu’ils jettent. C’est d’autant plus dommage qu’ils sont déjà des cancres en la matière, puisque le taux de recyclage à l’échelle de la Suisse s’élève à presque 55% en 2014. Le «Plan de gestion des déchets», adopté le 25 mars par le Canton, fixe comme objectif prioritaire de valoriser 50% des déchets urbains à la fin de 2017, sans recourir à une taxe poubelle. Un objectif peu ambitieux, puisque la moitié des matériaux contenus dans nos sacs d’ordures est parfaitement recyclable.

Un bilan mitigé

En 2012, les émissions totales de gaz à effet de serre du canton se sont élevées à environ 5,8 millions de tonnes d’équivalent CO2 en tenant compte du trafic aérien. Sans intégrer ce dernier, cela correspond à environ 10 tonnes par an et par personne. Un chiffre comparable à ceux observés chez nos voisins – l’Union européenne, par exemple, émet 9,3 tonnes par an et par personne – mais supérieur à la moyenne Suisse (6,4).

«Mais nous aurions tort de considérer la Confédération comme un pays propre, sous prétexte que ses émissions nationales sont faibles, souligne Martine Rebetez, climatologue, professeure à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches WSL. En réalité, nous ne produisons presque plus rien localement et importons énormément de produits. Si l’on prend en compte la pollution générée par la Suisse à l’étranger, nos émissions se révèlent beaucoup plus importantes.» Cette pollution dite grise se révèle plus difficilement quantifiable, mais pas moins importante. (TDG)

Créé: 27.11.2015, 17h09

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