Des abeilles sauvages à la maison

EnvironnementDeux biologistes zurichois proposent d'installer des ruches à abeilles maçonnes chez les particuliers pour favoriser la pollinisation.

Tom Strobl, cofondateur de Wildbiene + Partner, avec dans ses mains un modèle de nichoir à abeilles sauvages pour les particuliers.

Tom Strobl, cofondateur de Wildbiene + Partner, avec dans ses mains un modèle de nichoir à abeilles sauvages pour les particuliers. Image: Lucien Fortunati

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Des abeilles sauvages comme animal domestique. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est ce que proposent deux biologistes zurichois, Tom Strobl et Claudio Sedivy. Avec une touche environnementale à la clé: contribuer à la multiplication de ces pollinisateurs naturels.

Quatre ans après le lancement de la start-up Wildbiene + Partner, le concept a déjà séduit quelque 20 000 particuliers et 300 agriculteurs en Suisse. Et le nombre d’adeptes ne cesse de croître. Si vous rêvez d’une ruche cet été, il faudra toutefois vous dépêcher. Les futurs éleveurs ont jusqu’à la fin de la semaine pour se procurer un nichoir habité de 25 maçonnes indigènes. Passé ce délai, seul l’habitat pourra être livré. Pour les bestioles, il faudra attendre le printemps 2018, le temps que ces dames aient pondu et hiberné.

Contrairement aux abeilles mellifères, les maçonnes ne possèdent pas de reine et ne piquent pas. La présence de ces insectes au corps ambré et velu constitue ainsi une compagnie plutôt sympathique dans un jardin ou sur un balcon. Leur efficacité est en outre redoutable: «Une abeille sauvage pollinise autant que 300 abeilles à miel», souligne Tom Strobl, cofondateur de Wildbiene + Partner. Mais les maçonnes ne butinent pas toutes les fleurs avec la même ferveur. Leur mets de prédilection: les arbres fruitiers. Cela comprend également les fraisiers, les framboisiers et les mûriers.

Deux modèles de nichoirs

La start-up alémanique propose deux modèles de nichoirs différents: un destiné aux particuliers, l’autre aux professionnels. Le premier consiste en une maisonnette d’environ 20 cm3 composée d’une centaine de tubes de nidification (prix: entre 120 et 175 fr.); le second d’une structure similaire mais huit fois plus grande (prix: 200 francs par an). Tom Strobl et Claudio Sedivy recommandent cependant aux producteurs de multiplier les habitats pour assurer une pollinisation optimale des végétaux. «Nous leur conseillons d’installer entre deux et quatre nichoirs par hectare selon les plantations», précise Tom Strobl.

La redistribution des maçonnes

Pour favoriser la multiplication des abeilles sauvages en Suisse, Wildbiene + Partner recommande à tous les éleveurs en herbe de leur renvoyer chaque automne la partie intérieure de leur ruche. A cette époque-là de l’année, les tubes de nidification abritent entre six et douze cocons. Soit autant de futures jeunes abeilles. «Nous vérifions alors qu’il n’y ait pas de parasites à l’intérieur, explique Tom Strobl. Comme il ne s’agit pas d’un habitat naturel, les risques d’en trouver sont plus élevés.» Les spécialistes en profitent également pour recueillir les cocons et fabriquer de nouveaux stocks d’insectes. Car si chaque printemps les particuliers reçoivent 25 nouvelles maçonnes, les professionnels, eux, en ont besoin de 350 par nichoir.

Au-delà de la pollinisation, les deux Zurichois cherchent à sensibiliser la population à la vie des abeilles. Pour un montant légèrement plus élevé, les particuliers peuvent opter pour un nichoir doté d’un «tiroir d’observation». Les curieux ont ainsi la possibilité d’étudier à tout moment les différents stades de l’évolution de l’insecte, de l’œuf au cocon. Car si les «maçonnes» virevoltent entre les mois de mars et juin, à partir de juillet, l’essentiel de leur activité se déroule à l’intérieur de la structure.

Pour plus d’informations: //wildbieneundpartner.ch

(TDG)

Créé: 31.05.2017, 09h33

Le problème

En 2011, un rapport de l’ONU tire la sonnette d’alarme: le nombre d’abeilles est en chute libre dans le monde. L’organisme explique ce phénomène par la diminution des plantes à fleurs, les insecticides ou encore la pollution atmosphérique. Or, sur les cent espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation. C.G.






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