Médecine
Mon test génétique pour le meilleur et le pire
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 23.01.2012 3 Commentaires
Du point de vue des chercheurs, le constat est simple: plus il y aura de gens à faire décoder leurs gènes et plus les scientifiques disposeront de données pour développer des thérapies. Ernst Hafen, ancien président de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH) a créé la polémique ce dimanche en préconisant une généralisation des tests en Suisse, sans qu’il soit nécessaire de consulter préalablement un médecin.
L'ETH et l'Université de Zurich comptent même lancer une offensive en mars pour susciter le débat. Celui-ci a, de fait, déjà commencé. La thèse défendue par l'ex-professeur et spécialiste zurichois de la biologie moléculaire dans la dernière édition de la NZZ am Sonntag achoppe déjà sur l'opposition farouche de certains experts et politiciens de la santé.
L’impact des offres via Internet
Parmi ceux-ci, la conseillère nationale st-galloise Yvonne Gilli, elle-même médecin, qualifie l'idée d’Ernst Hafen d'«irresponsable». Elle n’est pas seule: le très réputé professeur de médecine genevois Henri Bounameaux réclame qu’au moins «des normes et règles claires soient adoptées avant de populariser ce type de tests.»
Des normes, la Suisse en a déjà. Elles prévoient que les tests génétiques ne peuvent être réalisés que sur prescription d'un médecin et que dans un but thérapeutique. Ces tests doivent être menés en outre par un laboratoire agréé, rappelle Thomas Binz, de l'Office fédéral de la santé publique.
Mais cet arsenal législatif semble dépassé à l’heure où chaque Suisse trouve, sur Internet, des offres lui permettant de faire effectuer un tel test à l'étranger pour moins de 100 dollars. Cette possibilité nouvelle réclame, selon certains politiciens, une révision de la loi suisse.
Vies bouleversées
Le Conseil fédéral doit répondre à une motion dans ce sens. Mais tout le monde, sous la Coupole fédérale, ne parle pas d’une même voix : dans les rangs libéraux-radicaux et sociaux-démocrates notamment, des voix s’élèvent en faveur d'une libéralisation accrue ou, du moins, contre l'adoption de règles excessivement limitatives et défavorables au développement de la recherche scientifique en Suisse.
Pour les opposants à une telle libéralisation, la question de fond réside moins dans la qualité des tests menés à l’étranger que dans l'impact que ces diagnostics peuvent avoir sur celles et ceux qui reçoivent ces évaluations sans l’analyse et sans les conseils d'un médecin-traitant.
Les résultats d’un test génétique peuvent avoirs, selon eux, des conséquences existentielles graves sur les individus concernés. «On ne doit pas faire peur aux gens pour toute une vie en leur signifiant une destinée qu’ils ne connaîtront peut-être pas», résume en substance, la conseillère national PDC zurichoise Kathy Riklin.
Une personne peut voir toute sa vie bouleversée après avoir appris qu’elle présente un risque élevé de développer une maladie mortelle. Sans compter l’impact qu'une telle nouvelle peut avoir sur le reste de la famille, dont le patrimoine génétique est similaire. Les parents, frères et sœurs surtout peuvent être potentiellement porteurs des mêmes risques. (Newsnet)
Créé: 23.01.2012, 15h13
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3 Commentaires
Etant donné que nous allons tous mourir, nous avons tous le risque et la certitude de développer un jour une maladie mortelle. Alors autant le savoir et faire de la prévention afin d'ajourner la date fatidique. Je dis ajourner car nous ne pouvons pas devnir des immortels! Répondre


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