Conférence sur l'environnement
«Nous n'attendons rien du sommet Rio+20»
Interview: Christine Talos. Mis à jour le 20.06.2012 3 Commentaires
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Le WWF est présent à Rio+20
Le WWF Suisse participe activement au sommet de l'ONU au Brésil. Un de ses experts en développement, Felix Gnehm, est membre de la délégation suisse à Rio et participe concrètement aux négociations. Il représente les intérêts de l’Alliance environnementale (WWF Suisse, Greenpeace, Pro Natura, ATE) et rapporte les événements dans son blog (en allemand)
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La conférence de l'ONU Rio+20 entre dans sa phase la plus importante au Brésil, avec le sommet officiel des chefs d'Etat et de gouvernement du 20 au 22 juin. en quête d'un développement durable pour la planète mais de sérieux doutes planent sur la possibilité d'arriver à un consensus suffisamment ambitieux des pays membres d'ici le 22 juin. D'ailleurs, pour beaucoup, il n'y a que peu à espérer de ce sommet, comme le souligne Pierrette Rey, porte-parole de la Suisse romande. Interview.
La plupart des organisations environnementales sont désabusées par rapport au sommet de Rio+20. Pourquoi ?
Pierrette Rey : il est vrai que le WWF aussi fait preuve d’un optimisme plus que mesuré, au vu des nombreuses séances préparatoires qui ont précédé la tenue du sommet. Car en matière d’environnement, les nations ont des visions à court terme, ce qui ne convient guère, par définition, au développement durable. Elles campent en outre sur leurs positions au lieu de voir comment elles pourraient collaborer ensemble pour progresser en matière d’environnement. En outre ces temps-ci, les pays sont davantage préoccupés par les problèmes de crise économique que par la nature ou la biodiversité. Or, pour nous, de l’état de l’environnement dépend aussi celui de l’économie.
Alors à quoi sert un sommet comme Rio ?
Il n’y a pas que des chefs d’Etat au Brésil. Sont aussi présents de nombreux acteurs de la société civile, des chercheurs, des ONG, etc. C’est l’occasion d’échanges informels et de contacts entre individus venant des quatre coins de la planète. C’est souvent lors de ces rencontres que naissent des initiatives qui sont ensuite lancées à l’échelle locale ou régionale. En Suisse, de nombreux projets sur le développement durable ont ainsi démarré après le premier sommet de Rio, en 1992, dans le cadre de l’Agenda 21. Et cette même conférence de Rio a aussi débouché sur la convention de l’ONU sur les changements climatiques ou encore celle sur la biodiversité. Enfin, ces sommets sont très couverts par les médias, ce qui permet de continuer de sensibiliser le grand public aux problèmes de l’environnement.
Vous êtes donc pessimiste pour Rio, mais vous avez quand même des attentes…
Nous avons des objectifs minimaux. A savoir un accès pour tous à la nourriture, à l’eau potable et à l'énergie d’ici 2030 ainsi qu’une économie verte, qui puisse faire reculer l’impact sur l’environnement et la pauvreté. En outre, les nations ne parviennent déjà pas à se mettre d'accord sur le terme d’économie verte, alors s’entendre pour le reste… Nous aimerions aussi que Rio soit l’occasion que l’on se rende compte enfin que l’on consomme trop de ressources naturelles gratuitement, et que cette prise de conscience permette ensuite de ménager l’environnement. Ainsi, si les pêcheurs par exemple se rendaient mieux compte de la valeur marchande du poisson, ils éviteraient peut-être alors la surpêche. Mais malheureusement, nos attentes sur ces différents points ne seront sans doute pas remplies.
Mais pour nous les Suisses, qu’apporte un sommet comme Rio ?
En Suisse, la sensibilisation à l’environnement est très forte. Mais elle ne se traduit finalement que très peu en actions concrètes. La preuve : dans un récent rapport, le WWF a mis en évidence que si tout le monde consommait comme nous le faisons en Suisse, il faudrait 2,8 planètes pour entretenir notre train de vie ! Alors Rio ne nous sert à rien directement certes, mais ce genre de sommet discute des conditions-cadres qui seront ensuite appliquées bien plus tard dans la législation des pays, et qui toucheront donc notre vie quotidienne.
Néanmoins, on ne peut pas dire que les nombreux sommets tenus en 20 ans, depuis le premier sommet de Rio en 1992, ont permis d’enrayer les problèmes environnementaux, non ?
Effectivement. La biodiversité diminue inexorablement et de nombreuses espèces continuent de disparaître. Nous n’arrivons toujours pas à diminuer nos émissions de CO2 et on ne va pas vers une baisse ces prochaines années. Près d’un milliard d’être humains n’ont pas accès à l’eau et/ou souffrent de famine, alors que nous produisons suffisamment de nourriture pour tout le monde. Enfin, notre consommation d’énergie ne diminue de loin pas.
Pourtant la Terre continue de tourner. Vous ne peignez pas le diable sur la muraille ?
Je ne crois pas. Regardez les changements climatiques en Suisse par exemple. Les glaciers fondent, de nouvelles essences d’arbres s’installent en altitude, les agriculteurs font de plus en plus face à des périodes de grande sécheresse suivies de pluies abondantes… Nous subissons toujours plus des canicules en été… Et nous n’en sommes qu’au début du processus. Or la Suisse, pays riche, aura les moyens de s’adapter à ces changements, mais ce n’est pas le cas des pays pauvres.
(Newsnet)
Créé: 20.06.2012, 06h28
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3 Commentaires
"Alors à quoi sert un sommet comme Rio ? " Facile: A rien. Tous, membres de gouvernements ou de grandes ONG vont cultiver leurs réseaux et relations, dormir dans de bons hôtels, bouffer comme des porcs à en faire pâlir un éthiopien, produire des déchets comme 20 habitants du bengladesh, et finiront par prendre l'avion de retour, après avoir encaissé leurs indemnités dignes de banquiers. Répondre
En tous les cas, il faut que la Suisse ne signe, au plus, pour autant qu'elle signe quoi que ce soit, 1vague déclaration d'intention pour 2060. En tous ls cas, aucune déclaration contraignante ne doit être faite et encore moins signée. On se demande en vertu de quel mandat ls délégations suisses se permettent d'outrepasser ls opinions du Peuple Souverain ceux qui le font doivent être dissoutes. Répondre






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