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La redoutable mouche suzukii se propage en Suisse

Mis à jour le 02.08.2012

La mouche suzukii a posé ses premières pattes en Suisse il y a un an. Elle semble se reproduire rapidement depuis. L'insecte affectionne en particulier les cerises et les baies. Les experts sont inquiets.

1/5 La Drosophila suzukii vient de l'Asie du sud, notamment du Japon, de la Chine et de la Corée.
Image: Wikipedia commons

   

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Il y a un an, la mouche suzukii faisait son apparition en Suisse. Les producteurs de fruits pouvaient se faire du souci: ce spécimen s’attaque à toutes sortes de fruits et baies. Mais entretemps, un nouveau piège a été développé pour enrayer sa propagation.

La situation n’est pas encore dramatique, mais Catherine Baroffio spécialiste de la Drosophila suzukii à la station de recherche Agroscope à Conthey (VS), n’est pas optimiste. «La mouche se propage», a-t-elle confié cette semaine. Pour en avoir le cœur net, elle a mis cette année sur pied un réseau de surveillance dans toute la Suisse.

Deux individus ont été pris en Valais en mars, un autre au Tessin en mai. «Cela commence maintenant en Suisse romande, mais aussi dans le canton de Zurich et en Suisse orientale», commente la spécialiste. Pour l’heure, il n’y a pas eu de dommages aux cultures, mais l’an dernier, les dégâts ne sont apparus qu’en août-septembre.

Ce ravageur asiatique, vraisemblablement importé dans des fruits venus d’Espagne ou d’Italie, est une sorte de mouche du vinaigre, mesurant 2-3 mm de longueur, avec des yeux rouges et un corps de couleur brun-jaunâtre. La femelle pose ses oeufs sur des fruits sains, donnant naissance à deux ou trois larves qui se nourrissent ensuite de la chair des fruits.

Bon piège

Elles affectionnent particulièrement les cerises, mais s’attaquent aussi aux fraises, framboises, mûres, myrtilles ou pruneaux. Moins aux abricots. Pour le raisin, la situation n’est pas encore claire, selon Catherine Baroffio.

La chercheuse ne se limite pas à des observations. Elle a développé avec un fabricant du canton de Zurich un piège très avantageux, qui a été testé et amélioré dans les laboratoires d’Agroscope. Il s’agit d’un pot de yaourt rempli d’un mélange de vin rouge et de vinaigre.

Dès qu’on perce des trous dans le couvercle, l’odeur attire les parasites qui finissent par se noyer dans le pot. Selon la spécialiste, les pièges doivent être posés assez densément dans les cultures à protéger et être changés toutes les deux semaines.

Inévitable?

Quelques producteurs se sont déjà procuré ces pièges, a précisé le fabricant, Paul Gasser de Ellikon an der Thur (ZH). Mais la plupart ont attendu de voir où la mouche étendrait son territoire. Les pièges coûtent 80 centimes la pièce mais ne peuvent être commandés qu’en gros, à raison de 1600 pots.

Catherine Baroffio espère pouvoir garder ainsi sous contrôle le ravageur, mais elle se montre prudente. L’insecte a une forte capacité à se reproduire et il peut se loger dans de nombreuses plantes hôtes. En outre, l’animal préfère le temps frais à la chaleur.

La Drosophila suzukii vient de l’Asie du sud, notamment du Japon, de la Chine et de la Corée. Elle s’est introduite aux Etats-Unis depuis 2008 où elle causé de gros dégâts. Elle est apparue en Europe en 2009. (ats/Newsnet)

Créé: 02.08.2012, 07h56

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