La psychanalyse au secours de l’autisme

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

J’ai lu avec intérêt la page consacrée à l’autisme dans la «Tribune de Genève» du 2-3 avril 2016 et me réjouis des développements thérapeutiques en cours à partir de l’’Office médico-pédagogique genevois, même si je ne puis souscrire à leurs fondements théoriques.

Mais j’ai été surpris de constater que son directeur et les auteurs de l’article ignorent les possibilités thérapeutiques offertes par la psychanalyse au point d’écrire: «Il y a une dizaine d’années, c’était une catastrophe. Les professionnels diagnostiquaient des psychoses infantiles, (…) et attribuaient la faute aux parents.»

Ils devraient savoir que la psychanalyse, à l’inverse de certaines thérapies «basées sur une stratégie comportementale» qui mettent en question, ne serait-ce qu’implicitement, l’éducation parentale, la psychanalyse, elle, loin d’accuser les parents, s’intéresse prioritairement à la manière dont le sujet, dans sa pathologie, parfois d’origine génétique, a interagi dans son entourage familial pour la développer au cours de son évolution précoce. Il est étonnant qu’en 2016 on doive encore le préciser.

Certes, il y a une grande variété de troubles autistiques dont quelques-uns d’origine génétique. Mais nombre d’entre eux s’apparentent à ce que l’on peut continuer de nommer «psychose infantile». Une des difficultés de notre métier réside dans le diagnostic, le pronostic et donc l’indication du traitement adéquat.

A la suite de ma formation auprès de patrons pédopsychiatres renommés, tant à Paris qu’en Suisse romande (dans les années 60), j’ai eu l’occasion de traiter et de guérir plusieurs enfants autistes par les seules techniques psychanalytiques freudiennes et kleiniennes.

Je n’en citerai ici qu’un seul exemple: celui d’un garçon amené à 5 ans à l’Office médico-pédagogique vaudois par sa mère qui avait consulté de nombreux psychiatres en Suisse et en France. Suite à quoi il avait été taxé de sourd-muet et pris en charge «pour toujours» par l’assurance-invalidité».

Avec mon patron d’alors, le Professeur René Henny, nous avons posé le diagnostic de psychose précoce à forme autistique. Le traitement psychanalytique que j’ai conduit durant de nombreuses années à raison de 4-5 séances par semaine a eu pour effet que ce malade entende parfaitement au bout d’un an et se mette à parler de plus en plus normalement au point que, d’intelligence supérieure, il a pu être intégré avec succès dans le système scolaire traditionnel. Sans parler ici de son impressionnante évolution affective et relationnelle.

Par contre, nous sommes d’accord, les auteurs de l’article et moi-même, que plus le traitement de l’autisme est précoce, plus larges et durables sont ses chances de succès. (TDG)

Créé: 14.04.2016, 07h18

Thierry de Saussure, psychanalyste, professeur honoraire UNIL

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Fête de la musique
Plus...