Merci Robert Marchand pour le coup de jeune!

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Quand on a longtemps pensé que son père deviendrait centenaire – ce qui n’est pas arrivé – et que l’année de cet anniversaire commence, on prend le temps de réfléchir un peu. C’est comme si jusqu’à cette date, la personne aurait pu être là. Cent ans, certains les atteignent. Pourquoi pas lui?

Il y a quelque chose de raisonnable dans cette éventualité, qui, je répète, ne s’est pas accomplie. On peut imaginer ce père vivant, très âgé certes, mais appartenant à ce monde-ci. Au-delà, cela devient impossible. Plus que centenaire il ne pourrait pas être. Et de ce constat en découle un autre: on se rend compte que l’on n’a plus l’âge d’avoir encore son père. C’est donc à son propre vieillissement que l’on est renvoyé.

Page C’est comme être orphelin une seconde fois que de perdre cette image d’un père qui pourrait vivre encore. Cette fois, il a rejoint définitivement la cohorte des grands-parents et des arrière-grands-parents. Des gens qui sont hors d’âge, comme on dit d’un vieil Armagnac… Ils ont entre 123 et 136 ans. Et ces grands-parents qu’on a connus nous parlaient de leurs propres grands-parents, nés pour certains il y aura bientôt 200 ans!

Une compagnie passionnante pour les généalogistes et les historiens, mais plutôt intimidante pour qui préfère le monde des vivants. Le seul qui existe quand on est jeune et bien portant. Le seul qui se conjugue au présent. Et pourtant, dans ce temps si actuel, directement ouvert sur l’avenir, les traces du passé sont partout. Elles ne sont pas seulement des monuments ou des œuvres d’art. Le petit homme que l’on a vu pédaler la semaine dernière sur une piste de course, à Saint-Quentin-en-Yvelines, est né en 1911. Il est à la fois un champion chéri des médias et le survivant d’un passé déjà lointain. L’Europe de son enfance ressemblait à celle du XIXe siècle. Cela ne fait pas pour autant de Robert Marchand un objet de musée. A 105 ans, il est un cycliste hors pair, les deux pieds dans le présent. Et c’est pour cela qu’on en parle.

Avoir un père non pas né en 1917 mais en 1911, et qui pulvérise encore des records, cela doit être affolant. Mais Robert Marchand, veuf depuis 1943, n’a pas eu d’enfants. Ce qui lui a épargné la peine de les voir vieillir plus vite que lui ou de les perdre.

Il se trouvera peut-être une lectrice ou un lecteur, née ou né en 1940, pour se dire à la lecture de ce billet: «Tiens, mon défunt paternel aurait pu vivre jusqu’à 105 ans, être en pleine forme et faire trembler un vélodrome!»

A 77 ans, avoir une telle pensée, ça doit donner un coup de jeune. Merci Robert Marchand!

(TDG)

Créé: 11.01.2017, 16h08

Benjamin Chaix

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