Genève initiatrice du label «Villes refuges»

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La Journée nationale du réfugié est l’occasion de rappeler que ces prochaines décennies, des millions de personnes vont continuer à fuir les guerres, les persécutions, le réchauffement climatique et la pauvreté qui sévissent dans leur pays. Les villes, en tant que pôles sociaux et économiques, vont attirer de nombreux migrants. Elles devront gérer non seulement les défis immédiats de l’accueil de ces personnes, comme l’hébergement, mais aussi ceux du futur, comme l’intégration et l’inclusion. La dimension urbaine de la politique d’asile ne peut plus être ignorée.

Fortes de ce constat, et désireuses d’assumer leur devoir de solidarité, quelque 60 villes membres de l’Initiative des villes pour la politique sociale ont adopté récemment une Déclaration «Villes refuges» sur proposition de Genève. Elles souhaitent collaborer plus étroitement entre elles – mais aussi avec la Confédération et les cantons – dans le domaine de la politique d’asile. Elles veulent aussi être davantage associées aux décisions prises par les autorités fédérales et cantonales en matière d’orientation de la politique migratoire suisse.

Pour réussir le pari de l’intégration et renforcer la cohésion sociale, les villes doivent en particulier s’assurer que les migrants obtiennent les meilleures conditions de départ dans nos sociétés, et donc qu’ils puissent y travailler et y prospérer. Dans la déclaration, les villes s’engagent à diminuer les obstacles administratifs pour intégrer rapidement les réfugiés dans le marché du travail et la société, à encourager la cohabitation entre toutes les communautés culturelles, à mettre à disposition des hébergements en surface et à promouvoir la cohésion sociale dans les quartiers. La Ville de Genève a déjà lancé plusieurs actions dans ces différents domaines. A l’avenir, elle pourra aussi s’inspirer des bonnes pratiques des autres villes.

L’idée de cette déclaration est née en 2015, alors que l’Europe était confrontée à une crise migratoire: près de 40 000 demandes d’asile rien qu’en Suisse. Toutes les institutions étaient à la recherche de logements supplémentaires.

Le Conseil municipal s’était ému de la situation dramatique des migrants et avait accepté une motion demandant au Conseil administratif de réfléchir à la création d’un réseau de villes refuges en Suisse. Mandatée par le Conseil administratif pour gérer ce dossier, j’ai contacté dans un premier temps des villes également préoccupées par ce thème. Lausanne, Berne et Zurich ont répondu favorablement au projet de déclaration. Puis l’Initiative des villes pour la politique sociale s’est intéressée à notre démarche et a proposé de la soumettre à ses membres.

Cette déclaration s’inscrit dans la tradition humaniste de Genève. Elle donne un signal politique fort de la volonté des villes suisses d’être des acteurs de premier plan dans la politique migratoire. Elle démontre aussi leur capacité à se mobiliser autour d’un enjeu majeur de l’avenir. (TDG)

Créé: 18.06.2017, 08h43

Esther Alder, Cheffe du Département de la cohésion sociale Ville de Genève



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