Arrêté, un négationniste écope de la prison ferme

InterpellationCondamné pour s’en être pris aux juifs et à une organisation de lutte contre l’antisémitisme, il fait appel.

Une cellule de la prison de Champ Dollon.

Une cellule de la prison de Champ Dollon. Image: Laurent Guiraud

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Tout est allé très vite. Selon nos informations, un négationniste genevois a été mis en détention provisoire le 11 juin 2013 à Champ-Dollon. Trois jours plus tard, la procureure Nathalie Magnenat Fuchs l’a condamné, via une ordonnance pénale (OP), à une peine de quatre mois de prison ferme pour discrimination raciale et calomnie.

Défendu par Me Pierre Bayenet, ce quinquagénaire a été aussi reconnu coupable d’«empêchement d’accomplir un acte officiel». Il lui est reproché d’avoir vociféré et d’avoir craché contre une magistrate durant une audition au Ministère public. Comme il a contesté sa sanction, qui lui a été notifiée le 20 juin, ce Genevois sera jugé cette année devant le Tribunal de police pour des propos tenus sur son site Internet entre 2010 et 2013. Les passages litigieux se retrouvent sous la rubrique «lobby juif». «Le prévenu ne se cache pas du fait qu’il minimise le génocide juif puisqu’il en nie même l’existence, se permettant de taxer les rescapés de mythomanes», écrit la procureure dans son ordonnance.

L’OP passe en revue une soixantaine d’articles et de commentaires dans lesquels le prévenu estime que l’antisémitisme, «un sentiment on ne peut plus légitime, (…) est suscité par les juifs eux-mêmes.» Il n’hésite pas à défendre des révisionnistes usant «d’arguments tout à fait dignes d’intérêt». Il soutient d’ailleurs que les révisionnistes sont victimes «de persécutions judiciaires du lobby juif».

Dans la foulée, le détenu s’en prend aussi à la Cicad (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation), partie plaignante dans cette procédure. Il considère que l’organisation, basée à Genève, est dirigée par des «agents israéliens» exerçant la profession d’avocat. «Ils prétendent abusivement que toute critique des juifs serait illicite.» Des accusations qu’il adresse aussi bien à Me Philippe Grumbach, avocat de la Cicad, qu’à son confrère Me Alain Bruno Lévy.

L’ordonnance révèle enfin que l’homme n’en est pas à son coup d’essai. Il a été condamné en 2002 pour diffamation et il ne s’est pas présenté en 2011 à son procès pour des faits similaires à ceux qui lui valent aujourd’hui d’être détenu. La justice a bien tenté, il y a deux ans, de lui interdire toute récidive. En vain.

(TDG)

Créé: 28.06.2013, 07h47

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