Les «jeans qui tuent» continuent d’être produits

Droits humainsPlusieurs ONG ont dénoncé jeudi à Genève le fait que le sablage des jeans, un procédé potentiellement mortel, continuait d'être pratiqué notamment au Bangladesh.

L’industrie du sablage pour le marché d’exportation européen ne cesse de croître au Bangladesh.

L’industrie du sablage pour le marché d’exportation européen ne cesse de croître au Bangladesh. Image: AFP

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Malgré l’interdiction prononcée par des marques, les «jeans qui tuent» continuent d’être produits, ont dénoncé jeudi à Genève plusieurs ONG, dont la Déclaration de Berne. Une enquête menée au Bangladesh a montré que des jeans sont encore sablés pour l’exportation et que ce procédé peut être mortel pour les ouvriers.

«L’industrie du sablage pour le marché d’exportation européen ne cesse de croître au Bangladesh. Au péril de la vie des ouvriers du secteur, qui risquent de développer la silicose, une maladie pulmonaire incurable et souvent fatale», a affirmé la Déclaration de Berne (DB).

Mercredi et jeudi, la Campagne Clean Clothes (CCC) s’est réunie à Genève pour débattre des résultats d’une enquête sur le sablage des jeans et d’une interdiction générale du sablage. La Campagne a rencontré des représentants du Bureau international du travail (BIT) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de leur demander de s’engager contre «les jeans qui tuent».

Selon le rapport de la CCC «Deadly Denim» sur la production de jeans sablés au Bangladesh, publié jeudi, les entreprises textiles H&M, Diesel, Levis et Zara continuent, sur leurs chaînes d’approvisionnement, de recourir aux techniques de sablage pour le marché d’exportation.

Interdiction pas respectée

Le coordinateur de la campagne «Killer Jeans» Dominique Muller et un représentant d’une ONG du Bangladesh Khorshed Alam ont affirmé que la santé et la vie des sableurs sont mises en danger par cette mode destinée à vieillir artificiellement les jeans.

Depuis le lancement de la campagne en automne 2010, plus de 40 marques ont prononcé publiquement une interdiction du sablage sur leur filière d’approvisionnement. Mais, sur le terrain, cette interdiction n’est pas toujours respectée.

En pleine tempête de sable

Les travailleurs interrogés par la CCC triment jusqu’à douze heures par jour sur des installations vétustes et envahies par la poussière. Ils souffrent de troubles respiratoires et de toux chronique. «Dans l’usine, on a l’impression d’être au milieu du désert en pleine tempête de sable», décrit l’une des personnes interrogées.

Le rapport de la CCC montre aussi que, comme le sablage manuel, le sablage mécanique en cabine tel que réalisé au Bangladesh comporte aussi des risques mortels. La plupart des cabines ne sont qu’à moitié fermées, si bien que la poussière s’en échappe.

La DB et la CCC demandent à toutes les entreprises concernées de mettre en oeuvre l’interdiction du sablage et aux gouvernements des pays producteurs de prononcer une telle interdiction. Elles encouragent l’UE à interdire l’importation de jeans sablés. En 2009, la Turquie a prononcé une interdiction de la technique au niveau national. Dans ce pays, 54 sableurs sont décédés de la silicose et 1800 malades ont été enregistrés.

Les experts estiment toutefois qu’il y aurait entre 5000 et 6000 cas en Turquie. Depuis l’interdiction du sablage en Turquie, la production s’est déplacée dans des pays où la législation est plus faible, comme le Bangladesh, la Chine ou le Pakistan. (afp/nxp)

Créé: 29.03.2012, 13h31

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