«Si les Suisses mangeaient moins, ce serait un grand pas vers la santé»

AlimentationLa première enquête sur l'alimentation des Suisses a été présentée ce jeudi à Berne.

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Les Suisses mangent trop de viande, mais pas assez de produits laitiers. C’est ce que montre la première enquête nationale sur l’alimentation en Suisse, menuCH, présentée ce jeudi à Berne. On y apprend aussi que la consommation de sucreries et autres snacks salés est... quatre fois plus élevée que les recommandations. Il manque aussi, dans notre assiette quotidienne, un peu de verdure. Nous consommons quatre fruits et légumes par jour, alors qu’il en faudrait cinq. En revanche, les Suisses ont tout bon sur un point: ils boivent en moyenne 1,7 litre de thé, café et eau par jour. Les recommandations sont de 1,5 à 2 litres.

Le point avec Vincent Dudler, responsable de la division Evaluation des risques à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.

Dans les habitudes alimentaires des Suisses, qu’est-ce qui vous paraît le plus problématique?

On dira aux gens de manger moins salé, moins sucré et moins gras. C’est difficile à quantifier et à mettre en oeuvre. Si l’on pouvait faire l’effort de manger moins, ce serait déjà un grand pas vers la santé. En moyenne, chaque Suisse consomme 2500 calories par jour, alors qu’il devrait se limiter à 2250 calories. Ces 250 calories supplémentaires, ce n’est pas immense.

A quoi les chiffres collectés vont-ils servir? A faire baisser les coûts de la santé?

Si les gens devaient tout à coups s’alimenter de manière idéale, c’est clair que les coûts de la santé diminueraient. Au niveau des mesures concrètes, cela permet aussi d’agir au niveau de la sécurité alimentaire et de fixer des valeurs limites pour les contaminants dans les dérivés alimentaires. Celles-ci seront beaucoup plus justes et plus faciles à tenir pour les industries. Auparavant, nous étions obligés de surévaluer les risques sans tenir compte de l’exposition réelle. Par exemple, on trouve de l’acrylamide dans le café, les chips, les frites ou le pain toast. Avant, on ne connaissait pas le type de consommation de ces produits. Si on le sait, on peut donner des valeurs limites pour ces produits qui peuvent garantir la sécurité des consommateurs et qui peuvent être tenues par les industriels.

Votre étude permet-elle de définir des groupes à risque?

On sait qu’il y a certaines différences dans la manière de s’alimenter entre Suisses romands, Tessinois et Alémaniques. Mais pour cibler par exemple des groupes d’âge, il faudra des analyses plus précises.

Que pouvez-vous faire concrètement pour augmenter la consommation de produits laitiers et réduire celle de viande?

Augmenter une consommation est toujours plus facile que la réduire! Je pense que la seule information ne suffira pas. Il faudra vraiment enseigner plus qu’informer.

Votre étude montre que 77% des gens connaissent la pyramide alimentaire. Finalement, l’information est assez connue...

Effectivement, les gens connaissent cette pyramide mais ils ne savent pas l’utiliser, c’est le grand problème. C’est quelque chose de complexe, vous devez visualiser votre consommation sur une période plus longue qu’une journée. Prenez l’exemple des protéines: on vous dit de manger plus de produits laitiers et de tofu, mais moins de viande. Comment fabriquer votre repas à partir de ces indications? Ce n’est pas évident.

Dans la stratégie, que peut-on faire de nouveau?

Des contacts ont déjà été pris avec certaines industries pour diminuer le taux de sucre dans certains produits, comme les céréales ou les yogourts. Il faudra continuer ces discussions: c’est là qu’on pourra agir en premier lieu.

Ne faudrait-il pas une stratégie plus musclée? Certains évoquent l’idée de taxer le sucre, par exemple.

Nous n’avons pas de base légale pour avoir des recommandations musclées ou des exigences. Nous pouvons uniquement recommander et informer.

Cette enquête devrait être refaite tous les cinq ans. Pourquoi? Cinq ans, c’est une base qui nous permet de réaliser une telle étude. La seule collecte des informations dure déjà deux ans. Il faut ensuite évaluer les résultats. Mais c’est indispensable: en cinq ans, les habitudes alimentaires peuvent déjà changer, et le choix à disposition dans les magasins se modifie aussi. (TDG)

Créé: 16.03.2017, 14h17

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