Jacques-Simon Eggly: L'élection française vue de Suisse

La revue des blogsJean-Marc Genet: Pari perdu? Pas tout à fait. Patrick-Etienne Dimier: Comment gouverner un pays. Fred Oberson: Macron, rendez-vous en 2022. Daniel Warner: Is the Party Over? John Goetelen: Premières mesures en faveur des entreprises. Pascal Holenweg: Il fallait bien se débarrasser de Le Pen.

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Jacques-Simon Eggly: L'élection française vue de Suisse

Il faut saluer la victoire d’Emmanuel Macron. C’est un exploit individuel et collectif impressionnant (...) Même en Suisse on doit s’en féliciter. Si notre pays, de par son identité particulière et une méfiance de longue date tient à garder une certaine distance vis-à-vis de la construction européenne, elle dépend largement de la solidité de cette dernière. La Suisse en contre-point et non pas en plein dedans, soit : mais en lien étroit et en flux réciproque vital. Or, certains nient cette réalité existentielle et cette nécessité. Ils confondent indépendance dans l’interdépendance et une crispation faussement identitaire, nuisible à la prospérité et à l’assise de la Suisse en Europe. Cela, on vient de le voir encore avec le discours follement applaudi de Christoph Blocher devant l’Assemblée de l’Association pour une Suisse indépendante et neutre. (...) On aimerait qu’une jeunesse , s’interessant davantage à l’histoire, ressente la chance offerte par une Europe harmonisée, le risque économique et politique d’une Europe déarticulée…

Jean-Marc Genet: Pari perdu? Pas tout à fait

Jusqu’à son renoncement à une nouvelle candidature, j’avais fait le pari que François Hollande serait réélu à la présidence de la République. Pourquoi ? Sans doute en raison de l’habileté rusée du patron de l’Elysée, maître du temps politique en France. Sans doute aussi à cause de l’union parfois fragile de l’opposition de la droite française, qui, mieux que nulle part ailleurs, a le génie de la fissure à l’heure des combats décisifs. Mais, surtout, je craignais la force maléfique de l’extrême droite et le mirage du « front républicain » avec son report des voix au second tour en faveur du président… J’ai donc perdu mon pari. Pas tout à fait cependant. Il n’était point nécessaire d’être un observateur avisé de la politique de nos voisins pour nous rendre compte que le président avait un héritier. Mieux, un fils « spirituel ». Et voilà que nous retrouvons la monarchie élective si chère à nos amis gaulois ! (...)

Patrick-Etienne Dimier: Comment gouverner un pays

Commence le troisième tour de cette élection générale, celle de tous les dangers pour les machiavels de service car sans une majorité stable, le magicien d'Oz n'arrivera pas à maintenir le peuple en narcolepsie. Deux camp ont été clairs dès hier. Comme par hasard les seuls camps qui avaient un programme clair et politiquement pensé autrement qu'autour de concepts vagues. Autrement qu'avec des arguments publicitaires de marchands de poudre à lessive. Celui qui, dès hier était comparé à Bonaparte en raison de son âge et de la fulgurance de sa prise du pouvoir, a maintenu le bon peuple sous hypnose, va devoir retrousse les manches. Sans ça, il ne parviendra pas à s'attacher une majorité stable et fiable. Vu l'état des troupes à la sortie du premier combat, le caporal va avoir besoin de toutes ses ressources pour y arriver. A défaut, c'est bien une coalition qu'il faudra monter. Or les Institutions de la Ve ne sont absolument pas taillées pour ce genre de costume. Il faudra donc bien les réformer sur la seule et unique base qui vaille, la consultation du Peuple. (...)

Fred Oberson: Macron, rendez-vous en 2022

Contre vents et marées, il a tenu le cap, la coque a résisté à l’euro qui tambourine, les technocrates de Bruxelles, réduis à la portion congrue, n’ont plus le droit de mettre de l’eau dans le vin des vignerons ou d’écrémer le lait des paysans. Sans l’air de rien, le fils prodigue a fait glisser la cinquième vers une cinquième bis pour ne pas effaroucher le ténor de la sixième symphonie gauchisante qui, bon gré mal gré, l’assure parfois de son soutien au parlement. Il a réduit la voilure à 300 députés avec une bonne dose de proportionnelle, occasion de dissoudre l’assemblée et de l’élire à nouveau. La fusée macronite a fusillé le traitement du chômage en modifiant son mode de financement et d’attribution à tout travailleur. Loin de l’éradiquer, hélas…

Daniel Warner: Is the Party Over?

Emmanuel Macron won the French presidential election. Not only is he the youngest French president ever elected, but he was able to create his own political party – La République En Marche! – to defeat the traditional left and right French power structures. Similar to the success in the U.S. presidential primaries of the independent Bernie Sanders and to some extent Donald Trump in the general election, Macron’s win is further evidence of the decline of historical party organizations. (...) While his personal victory was decisive, he must have substantial party backing to carry out his program. Being the youngest president elected merits appreciation, but it is not the same as a victory for a new political party. As Robert Redford asks at the end of the movie The Candidate (1972) after winning an election: “What do we do now?” (...)

John Goetelen: Premières mesures en faveur des entreprises

L’annonce faite ce matin confirme les intentions du candidat devenu président. Elles concernent d’abord la loi travail. Cette loi qui avait suscité tant de résistances et miné la fin du quinquennat de François Hollande ira plus loin que l’actuelle loi El Khomri. (...) La loi cessera d’être l’équivalent du coran ou de l’ancien testament: elle ne fixera plus en détail chaque geste et chaque pesée d’intérêt des patrons. Elle se contentera d’énoncer les grands principes qui régissent les relations entre entrepreneurs et salariés. (...) Elle validera ce que Mélenchon nommait l’inversion de la hiérarchie des normes. Cela signifie que ce n’est plus l’accord de branche, plus général, qui prévaudra mais l’accord majoritaire de chaque entreprise. Ce qui permettra à chaque entrepreneur d’ajuster ses normes à son activité spécifique, sa région, sa taille, en accord avec les salariés. Le contrat qui prévaut n’est plus celui tutélaire du grand-frère. Chacun est libre. J’y vois un signe positif de désengagement de l’État. (...)

Pascal Holenweg: Il fallait bien se débarrasser de Le Pen

Il y a tout de même de la performance personnelle et politique, dans l'élection de Macron : quasi inconnu il y a trois ans, promis il y a neuf mois par les sagaces observateurs… Le refrain, c'est : le clivage gauche-droite a disparu, et à sa place on a un clivage ouverture-fermeture, libéralisme-autoritarisme, progressisme-conservatisme (ou réaction). Une ânerie de plus, mais qui avait permis à quelques uns, plus nombreux qu'il eût convenu, de repousser Mélenchon dans le même camp que Le Pen, pendant qu'en sens inverse on repoussait Hamon dans le camp de laquais de la mondialisation. Certes, on peut, comme l'écrit l'historien André Burguière, "entrer dans la marmite souverainiste avec le romantisme populiste d'un Mélenchon" et s'y retrouver "ficelé dans l'uniforme du Front National", mais le clivage fondateur est toujours le même… Car son élection n'apaise rien. Macron, c'est Blair, ou Schröder, ou Renzi : un social-libéral. Ce que Hollande était aussi, mais sans oser l'assumer. (...)

Jean-Dominique Michel & Mark Robert Waldman: La définition neuroscientifique d'une pensée

Une pensée inclut en général quatre chunks : un mot, un sentiment/souvenir, une image et une valeur (reflétant son importance émotionnelle). Cette pensée ne nous reste à l’esprit que pendant cinq à dix secondes avant d’être remplacée par une autre. Quand un certain nombre de pensées significatives sont réunies, nos lobes frontaux adressent alors un message au reste du cerveau. C’est ainsi que nos pensées influencent nos vies. Mais les pensées ne correspondent pas à la réalité. Ce sont des constructions imaginaires au sujet de ce que nous vivons ! Et pourtant ces dix seconds de pensée consciente nous permettent de faire des plans et de prendre des décisions en lien avec les buts que nous poursuivons. Les pensées anxieuses sont avant tout des pensées « fantômes », des reflets de problèmes du passé. Si nous nous contentons de les observer, et permettons ensuite à nos désirs profonds de se traduire en projets, nous avons plus de chance de réussir. (...)

Mireille Vallette: Le marché halal mondialisé au service de l’intégrisme

Si vous avez le blues à propos de l’islam, ne lisez surtout pas l’ouvrage de Florence Bergeaud-Blackler «Le marché halal, naissance d’une tradition». Il révèle comment ce label est devenu un fer de lance de l’expansion islamique. Ou si l’on veut une arme de destruction douce de nos démocraties laïques. Notons en préalable que l’auteure aimerait bien ne pas donner de grain à moudre aux «populistes» et à «l’extrême droite». Manque de chance, c’est par grands sacs qu’elle leur en livre. Et chaque grain, chaque page recèle une mine d’informations passionnantes. (...) (TDG)

Créé: 09.05.2017, 16h21

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