Le tueur de Copenhague était «un loser du ghetto»

Fusillade au DanemarkLe jeune Omar Abdel Hamid el-Hussein, petit voyou et ancien membre d’un gang, se serait radicalisé en prison.

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«Notre but est de vous détruire. L’épée a été aiguisée. Nous viendrons à vous avec le carnage et la mort.» Moins d’une heure avant de déclencher les attentats de Copenhague, le tueur présumé postait samedi sur Facebook une vidéo haineuse avec cette chanson sinistre en arabe, affirment des journaux danois. Ce n’était pas vraiment une première. Abattu dimanche par la police, Omar Abdel Hamid el-Hussein, qui sortait à peine de prison, figurait sur une liste de 39 détenus dont les autorités pénitentiaires pensaient qu’ils s’étaient radicalisés derrière les barreaux. Ce mardi, les services de renseignement l’ont reconnu: ils le savaient depuis septembre.

«Les éléments du rapport ne portaient pas à croire qu’il planifiait une attaque», nuance le communiqué des services danois. Cela dit, des témoignages d’anciens amis du jeune Omar, 22 ans, semblent indiquer qu’ils ne reconnaissaient plus vraiment, à sa sortie de prison, l’ancien membre du gang des «Brothas». Ce Danois d’origine palestinienne s’était fait pousser la barbe. Ne discutait plus de filles ni de voitures, mais seulement de religion, de Gaza ou encore d’une accession au paradis.

Gang de losers

En prison, il évoquait ouvertement sa volonté de partir combattre en Syrie avec le groupe «Etat islamique» (Daech en arabe), écrit le quotidien danois Berlingske. Il ne cachait pas non plus sa haine des juifs, tenant des propos antisémites violents. «La prison l’a changé. Il est devenu un musulman plus dur, avec des croyances plus hardcore. Aussi, il voulait les mettre en pratique, pas seulement en parler», aurait même soufflé un ancien camarade de gang au tabloïde britannique Daily Mail. «L’Omar que je connaissais, lui, zonait avec nous en voiture, fumait du hasch et se bagarrait avec les gangs rivaux.»

Le sociologue Aydin Soei a fait sa connaissance en 2008, en enquêtant sur les gangs de Copenhague pour son livre «Jeunes gens en colère». Au New York Times, il explique que le tueur «n’était pas un islamiste intellectuel à longue barbe, mais un loser du «ghetto» (ndlr: de Nørrebro, quartier immigrant où des fleurs ont été déposées en sa mémoire), vraiment très en colère contre la société danoise».

Intelligent et tempétueux

Jusqu’à son incarcération, dit le sociologue, l’islam d’Omar et des membres du gang n’était pas une foi mais «une partie de leur identité, de leur discours les définissant comme outsider s… Ils ne passaient pas leur temps à prier!» Intelligent et tempétueux, Omar a fini par se faire exclure du gang. En prison, il a trouvé une autre voie. Sanglante. (TDG)

Créé: 17.02.2015, 19h04

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