La Suède lâche l’affaire, mais Assange n’est pas libre

Monde Julian Assange a toujours nié les faits, répétant que les relations sexuelles avec la jeune femme rencontrée lors d’une conférence WikiLeaks à Stockholm étaient consenties.

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La justice suédoise a renoncé vendredi aux poursuites pour «viol» lancées en 2010 contre le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Marianne Ny, la procureure en charge de l’affaire, a expliqué avoir jeté l’éponge en raison «de l’inefficacité d’une procédure exceptionnellement longue» et «non pas à la lumière de faits nouveaux sur le fond de l’affaire». En réaction à cette nouvelle, la plaignante suédoise, qui accuse Julian Assange de viol, dénonçait un véritable «scandale» judiciaire. Cette femme, qui avait une trentaine d’années au moment des faits, s’est dite «choquée» par cette décision de classement sans suite, et maintenait ses accusations.

Julian Assange, lui, a toujours nié les faits, répétant que les relations sexuelles avec la jeune femme rencontrée lors d’une conférence WikiLeaks à Stockholm étaient consenties. Du balcon de l’ambassade équatorienne à Londres, où il est reclus depuis plus de 2355 jours, Julian Assange s’est félicité vendredi «de cette victoire importante pour les droits de l’homme». Il s’indignait de «la terrible injustice que constitue une détention sans procès, indigne des nations civilisées». Emu, il ajoutait qu’il «n’oublierait pas et ne pardonnerait pas qu’on l’ait privé depuis tant d’années de voir grandir ses enfants». Revendiquant le droit reconnu d’asile politique, il terminait en saluant une autre victoire: «la libération de Chelsea Manning, vingt-huit ans avant la fin de sa peine».

L’Australien aux cheveux blancs, lui, n’est toujours pas libre de ses mouvements. En classant sans suite l’enquête, le Parquet de Stockholm a certes levé le mandat d’arrêt européen contre lui. Mais la police britannique a fait savoir qu’elle ne renonçait pas pour autant à l’arrêter. En 2012, le suspect avait en effet violé les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni en se réfugiant à l’ambassade de l’Equateur. «La Grande-Bretagne veut m’arrêter et refuse toujours de confirmer ou de démentir qu’elle a déjà reçu une demande d’extradition des Etats-Unis», rappelait Julian Assange depuis son balcon. Il indiquait que son «staff juridique allait dialoguer avec les autorités britanniques» sur sa situation. Il terminait sa déclaration par une question: «Comment des journalistes européens peuvent-ils désormais publier des informations sur les Etats-Unis s’ils savent qu’ils risquent l’extradition?»

Le lanceur d’alerte craint en effet depuis le début des poursuites d’être extradé à la demande des Etats-Unis, qui lui reprochent d’avoir divulgué des informations sensibles. Jeudi, le ministre de la Justice américain, Jeff Sessions, déclarait que l’arrestation de Julian Assange était une priorité de l’administration Trump. Selon le Washington Post, des procureurs ont rédigé un dossier d’accusation contre Assange et WikiLeaks pour complot, vol de biens de l’Etat et violation de la loi fédérale «Espionage Act». L’avocat d’Assange, Juan Branco, en appelait, vendredi, au président français et demandait l’asile politique pour son client, «le seul prisonnier politique reconnu par l’ONU en Europe de l’Ouest».

(TDG)

Créé: 19.05.2017, 22h30

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