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Tunisie

Sept ans et demi de prison confirmés pour un caricaturiste

Mis à jour le 25.06.2012

Un trentenaire au chômage et perturbé avait posté des caricatures du prophète Mahomet sur sa page Facebook. Son avocat juge la sentence «particulièrement sévère».

Jabeur Mejri avait été condamné en première instance le 28 mars à sept ans et demi de prison.

Jabeur Mejri avait été condamné en première instance le 28 mars à sept ans et demi de prison.
Image: DR-a

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La cour d’appel de Monastir, dans l’est de la Tunisie, a confirmé lundi la peine de sept ans et demi de prison pour un jeune Tunisien qui avait posté des caricatures du prophète Mahomet sur sa page Facebook, a indiqué une source judiciaire. Son avocat juge la sentence «particulièrement sévère».

Jabeur Mejri, un trentenaire originaire de la ville côtière de Mahdia, avait été condamné en première instance le 28 mars à sept ans et demi de prison pour «trouble à l’ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale».

L’avocat du jeune homme, Me Ahmed Msalmi, n’exclut pas de se pourvoir en cassation. Il a dit à l’AFP une fois la décision tombée: «nous sommes conscients de l’importance du respect de la chose sacrée mais le jugement est particulièrement sévère et n’est pas conforme aux droits de l’homme».

«Un jugement aussi sévère peut être considéré comme une forme de torture», a même poursuivi l’avocat. Il a déploré que la cour d’appel n’ait pas accédé à la demande de la défense d’une expertise médicale du jeune homme. «L’accusé souffre de troubles du comportement, il y aussi des conditions sociales à prendre en compte», a-t-il dit, rappelant que M. Mejri était au chômage depuis six ans.

«La frustration, la négligence dont souffrent une grande partie des jeunes Tunisiens leur font perdre leurs repères et parfois ils font des choses dont ils ne sont mêmes pas convaincus», a-t-il estimé.

De son côté, l’avocate et militante des droits de l’Homme Bochra BelHaj Hmida, qui avait contribué à médiatiser l’affaire, s’est déclarée «choquée et révoltée» après avoir appris le verdict. Demande récemment

En première instance, un autre jeune de Mahdia, Ghazi Béji, avait aussi été condamné par contumace à la même peine. Il avait pris la fuite après l’arrestation de Jabbeur début avril et mène depuis une vie de clandestin en Europe, de la Grèce à la Roumanie.

«Alors c’est maintenant certain: mon fils ne reviendra jamais en Tunisie», a déclaré le père de Ghazi Béji en apprenant la confirmation du jugement lundi.

L’affaire avait été révélée par des blogueuses tunisiennes au début avril. L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) avait demandé l’abrogation des lois datant de l’ère de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali qui ont permis la condamnation des deux jeunes. (ats/Newsnet)

Créé: 25.06.2012, 16h30

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