Colère
Les rues de Madrid et Lisbonne en ébullition
Mis à jour le 30.09.2012 7 Commentaires
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A Lisbonne, les manifestants avaient rempli en fin d'après-midi la Place du Commerce, située au coeur de la capitale et qui, peut contenir entre 70'000 et 175'000 personnes.
Cette manifestation "contre le vol des salaires et des pensions de retraite" était organisée par la CGTP, la principale confédération syndicale portugaise mais comptait sur le soutien des mouvements d'indignés et d'un groupe de citoyens qui, via les réseaux sociaux, avait mobilisé deux semaines auparavant plusieurs centaines de milliers de personnes dans une trentaine de villes.
Témoignant d'une grogne sociale grandissante, ce rassemblement du 15 septembre a été le plus important au Portugal depuis que le pays a obtenu, en mai 2011, une aide de 78 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.
Colère en Espagne
Dans l'Espagne voisine aussi, l'exaspération sociale devient plus perceptible alors que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy compte poursuivre sur le chemin de l'austérité.
Aux cris de "démission", des milliers de manifestants ont répondu à l'appel de la mouvance des indignés et se sont une nouvelle fois rassemblés samedi en fin de journée autour du Congrès des députés à Madrid, pour dénoncer les coupes budgétaires face aux cordons de la police anti-émeutes déployée en masse.
Haranguant la foule réunie à Lisbonne, le secrétaire général de la CGTP, Arménio Carlos, a appelé à "l'unité de toutes les victimes de cette politique" et annoncé la tenue le 3 octobre d'une réunion de la centrale syndicale qui "discutera de la convocation d'une grande grève générale".
"Comment avoir une famille?"
Sur la place aux abords du fleuve Tage, les manifestants ont scandé "A bas l'austérité!" en brandissant pancartes et drapeaux des syndicats des administrations locales, des enseignants et même des forces de l'ordre, avant de se disperser dans le calme.
"Notre avenir est hypothéqué par les mesures de la troïka (UE-BCE-FMI, qui représente les créanciers du pays). Le peuple portugais en a marre", s'est indigné Francisco Lopes, un fonctionnaire de 56 ans venu avec son fils, Rui, qui participait à sa première manifestation.
"Nous sommes dans une spirale sans fin et je ne vois pas comment ma génération pourra avoir du travail, un logement, une famille", s'est inquiété le jeune homme de 27 ans.
Maria José Oliveira et son mari, deux ouvriers du textile au chômage, étaient venus en autocar de Braga, au nord du pays, pour clamer leur "indignation". Le couple de quinquagénaires ne descendait plus dans la rue depuis la révolution qui a renversé la dictature d'Antonio Salazar, le 25 avril 1974.
Aggravation du chômage
"Tout va mal! Nos dirigeants doivent changer de mentalité et nous trouver du travail, leurs mesures sont injustes", a-t-elle dit.
En échange de son sauvetage financier, Lisbonne s'est appliqué à mettre en oeuvre une sévère cure de rigueur mais la récession économique et le chômage se sont aggravés, et le gouvernement de centre-droit peine à assainir les comptes publics.
Le déficit budgétaire s'élevait fin juin à 6,8% du PIB, un chiffre encore loin de l'objectif de 5% pour l'ensemble de cette année, qui vient d'être revu à la hausse par ses bailleurs de fonds. Un contrôle renforcé des dépenses et une augmentation des impôts sur le patrimoine et le capital sont à l'étude afin de corriger ce dérapage.
En 2013, le gouvernement devra ramener le déficit à 4,5% du PIB, contre un objectif de 3% auparavant, en faisant des économies supplémentaires de 4,9 milliards d'euros qui impliqueront une nouvelle hausse de l'impôt sur le revenu, a-t-il déjà prévenu. (ats/afp/Newsnet)
Créé: 30.09.2012, 08h01
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La rédaction
7 Commentaires
Lorsque les gens sont en désaccord avec le sauvetage des banques, auquel j'étais également opposé, ils ne luttent pas contre le libéralisme et le capitalisme, ils luttent contre le contrôle et l'intervention étatique. Sous des règles libérales les banquiers ayant fait lesmauvais choix auraient fait faillite et les actionnaires auraient perdu leur argent. Répondre
Et bientôt les rues de Paris... Répondre
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