Syrie
Les rebelles attaquent des symboles du pouvoir à Alep
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Les rebelles ont attaqué le tribunal militaire, une branche du parti Baas et pris trois commissariats.
Au moins 61 personnes ont été tuées dans les violences à travers le pays, dont 40 policiers lors de ces assauts menés par des «centaines de rebelles» à Alep, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Des combats ont éclaté par ailleurs près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d'al-Zahra dans l'ouest ainsi qu'à la périphérie du quartier Salaheddine au sud-ouest d'Alep, principal bastion rebelle assiégé par les troupes régulières.
Les deux partis au conflit - forces gouvernementales et rebelles - envoyaient mardi des renforts vers Alep «pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines», a affirmé une source de sécurité syrienne. «L'armée syrienne encercle les quartiers rebelles, bombarde, mais va prendre son temps avant de se lancer à l'assaut de chaque quartier» tenu par les rebelles, a ajouté cette source.
L'exode se poursuit
Mais, alors que l'armée syrienne pilonnait la ville chaque jour depuis l'ouverture du front d'Alep le 20 juillet, aucun bombardement n'a été entendu depuis mardi matin.
Lundi, les rebelles avaient marqué un point en prenant un poste de contrôle clé leur permettant d'acheminer renforts et munitions à Alep. Selon une source de sécurité syrienne, les rebelles font venir de Turquie des renforts vers Alep grâce à ce point de contrôle stratégique d'Andane, situé à 5 km au nord-ouest d'Alep et à 45 km de la frontière turque.
Les bombardements par hélicoptères et à l'artillerie lourde de la métropole de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté sur les routes quelque 200'000 personnes ces deux derniers jours, selon l'ONU. Et l'exode des Syriens, fuyant les violences dans leur pays, se poursuit. Plus de 267'000 personnes, toutes n'étant pas enregistrées auprès du HCR, ont quitté la Syrie depuis le début de la révolte, selon les derniers chiffres de l'organisation.
Dispensaires de fortune
Depuis mars 2011, plus de 20'000 personnes ont péri dans les violences, selon l'OSDH. Lundi 93 personnes auraient été tuées, dont 41 civils, 33 soldats et 19 rebelles.
Une semaine de combats dans Alep a rempli les hôpitaux et des dispensaires de fortune des quartiers de l'est tenus par les insurgés. «Certains jours, nous avons 30, 40 personnes, sans compter les corps», raconte un jeune médecin. «Il y a quelques jours, nous avons eu 30 blessés et peut-être 20 cadavres, mais la moitié de ces corps étaient en pièces. Nous ne pouvons même pas les identifier.»
L'ONG française Médecins du Monde (MDM) a pour sa part appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre. Elle les accuse de ne pas protéger civils et blessés, d'empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux.
Vers un gouvernement en exil?
Le régime a par ailleurs accusé le coup de deux nouvelles défections: le chargé d'affaires syrien à Londres, Khaled al-Ayoubi, et le consul de Syrie en Arménie, Mohammad Houssam Hafez, qui ont démissionné pour marquer leur refus de la répression. Quatre autres diplomates syriens ont déjà fait défection.
Enfin, l'opposant syrien Haytham al-Maleh a annoncé au Caire avoir été chargé par une coalition de Syriens «indépendants, sans affiliation politique» de former un gouvernement en exil qui sera basé dans la capitale égyptienne. Haytham al-Maleh a expliqué la décision de former un gouvernement par la crainte d'un «vide» en cas de chute du président Bachar al-Assad.
Cette annonce a été aussitôt critiquée par le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition. «La formation d'un gouvernement en exil est une décision hâtive et nous aurions souhaité qu'elle n'ait pas lieu. Elle affaiblit l'opposition syrienne», a souligné le président du CNS, Abdel Basset Sayda. (ats/afp/Newsnet)
Créé: 31.07.2012, 22h36
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