Témoignages glaçants d'Alep: «Ils nous enterrent vivants sous les bombes!»

SyrieDepuis cette nuit, le docteur genevois Tawfik Chamaa est sans nouvelles de ses confrères dans les derniers quartiers assiégés.

Le docteur Tawfik Chamaa

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«Un médecin dentiste réfugié dans un sous-sol d’Alep-Est avec quelques autres personnes nous avertit dans un enregistrement vidéo que les bombardements sont incessants et qu’ils vont bientôt être enterrés vivants. Nous avons aussi reçu le texto d’une jeune femme qui annonce son suicide, pour ne pas être violée à l’arrivée des troupes pro-Assad. C’était hier soir. Depuis, tous les contacts ont été coupés», souffle à Genève le docteur Tawfik Chamaa, la voix éteinte.

«Nous sommes sans nouvelles des 28 médecins et infirmières restants parmi les dizaines de milliers de personnes assiégées dans une petite poche d’Alep-Est. Dix-huit d’entre eux sont nos employés. Ce sont juste des docteurs aleppins restés pour soigner la population. Depuis trois semaines nous demandons à pouvoir les évacuer avec leurs familles. Sans succès», constate amèrement le porte-parole de l’Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM), une coalition de dix ONG humanitaires. «Nous sommes réduits à l’impuissance face à une guerre moyenâgeuse perpétrée en plein XXIe siècle.»

Qu’est-ce qui attend combattants rebelles et population civile dans ces derniers quartiers assiégés? «Je crois malheureusement qu’ils ont raison: beaucoup vont être ensevelis vivants, affirme le docteur genevois. A chaque bombe qui tombe, ce sont souvent deux ou trois étages qui s’effondrent. Les civils enterrés, c’était déjà une méthode employée à Hama en 1982 par le père de Bachar el-Assad.»

«Quant à ceux qui se rendront, qui sait ce qui leur arrivera. Il semble que les jeunes sont réquisitionnés par l’armée et envoyés au front, tandis que les hommes plus âgés disparaissent. Sont-ils arrêtés en masse? Liquidés? Les femmes, elles, risquent le viol. Tout cela s’est déjà produit à Homs, à Ghouta, à Deraya. Mais il n’y a plus aucun observateur sur place pour rendre compte des exactions. Et la Russie s’est retirée de la Cour pénale internationale il y a trois semaines.»

Or, poursuit Tawfik Chamaa, «on sait que des bombes au chlore ont été utilisées à Alep. Au phosphore aussi. Des bombes incendiaires genre napalm ont peut-être été employées ailleurs en Syrie. Lundi à Hama, des civils ont probablement été tués au gaz sarin. A part le nucléaire, je crois vraiment que toutes les armes ont été utilisées.» (TDG)

Créé: 13.12.2016, 12h54

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