Syrie
Le régime de Bachar al-Assad frappé en plein coeur
La télévision syrienne a annoncé que le ministre de la Défense, «le général Daoud Rajha, (était) tombé en martyr dans l'attentat terroriste». Chef adjoint de l'armée, ce général était de confession chrétienne. (Image: AFP )
Articles en relation
- Attentat suicide et violents combats à Damas
- Nouvelles sanctions suisses contre la Syrie
- La Syrie est en état de guerre civile, selon le CICR
- Des villageois massacrés à l'arme blanche ou à coups de bâton
Mots-clés
Signaler une erreur
Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.
Partager & Commenter
Mots-clés
Trois hauts responsables syriens, dont le beau-frère du président Bachar al-Assad, Assef Chawkat, ont été tués mercredi dans un attentat qui a pris pour cible le coeur de l’appareil sécuritaire à Damas. Ces violences sont intervenues alors qu’un vote à l’ONU sur une résolution des Occidentaux a été reporté à jeudi.
L’attentat, le premier ayant visé des ministres depuis le début de la révolte en mars 2011, a été revendiqué par deux mouvements, Lioua al-Islam, un groupe islamiste dont le nom signifie «La brigade de l’islam», et l’Armée syrienne libre (ASL, constituée en majorité de déserteurs).
L’ASL avait annoncé la veille «la bataille pour la libération de Damas», alors que les combats faisaient rage dans la capitale.
«Le vice-ministre de la Défense, le général Assef Chawkat, a été tué dans (un) attentat terroriste qui a visé le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas», a annoncé la télévision syrienne. Ultra- protégé, cet édifice dans le centre-ville est le symbole de la répression de la révolte.
Deux blessés
Le ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, a également péri dans l’attaque, selon la télévision. Et le général Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte, est décédé des suites de ses blessures.
L’attentat a également blessé le ministre de l’Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar et le chef de la Sécurité nationale, Hicham Ikhtiar, a dit à l’AFP une source au sein des services de sécurité.
Des versions contradictoires circulaient toutefois sur le modus operandi de l’attentat. Une première source de sécurité a indiqué que le garde du corps d’un participant à la réunion avait fait exploser sa ceinture d’explosifs au moment de la rencontre.
Une seconde a parlé d’une mallette remplie d’explosifs introduite dans la salle par un garde du corps qui avait réussi à quitter la salle puis à actionner la bombe.
Autre général à la Défense
L’armée a annoncé que cet acte «terroriste» renforçait la «détermination des forces armées à nettoyer la patrie des restes des bandes terroristes», selon un communiqué diffusé par la télévision d’Etat.
La Russie et l’Iran ont condamné l’attentat de mercredi. Moscou a demandé que les auteurs de ces violences soient punis. Les Etats- Unis ont eux estimé que Bachar al-Assad était en train de «perdre le contrôle de la Syrie».
Des célébrations ont eu lieu notamment au Liban voisin, où un enfant a été tué par des tirs en l’air et en direction d’un quartier à majorité alaouite, selon un responsable de la sécurité.
Le régime syrien a rapidement annoncé dans le même temps la nomination d’un nouveau ministre de la Défense, le général Fahd al- Freij, jusque-là chef d’état-major. Pour l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le décès du général Assef Chawkat est un «coup sévère pour le régime syrien, car il assumait le tout premier rôle dans les opérations des forces régulières pour écraser la révolution».
Autres heurts évoqués
Dans le même temps, des affrontements entre l’armée régulière et l’ASL avaient lieu dans les quartiers de Midane et de Kafar Soussé, dans le sud et l’ouest de Damas, selon l’OSDH.
Les violences à travers le pays ont fait 96 tués, dont 46 civils, huit rebelles et 43 soldats, selon l’organisation. Seize personnes ont péri à Damas.
Plus de soixante soldats de l’armée régulière ont été tués ces dernières 48 heures à Damas dans ces affrontements avec les rebelles, a aussi dit l’OSDH. 93 tués récents Selon cette ONG et les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, des hélicoptères, entrés en action mardi, continuaient parallèlement à attaquer les quartiers de Qaboune et de Barzé, dans l’est de Damas.
Le Kremlin a fait état d’une conversation téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Barack Obama, parlant de divergences qui «persistent» sur les moyens de mettre fin à la crise.
L’Allemagne comme la Grande-Bretagne ont elles souligné «l’urgence» pour l’ONU d’adopter une nouvelle résolution sur la Syrie. Dans une énième tentative pour faire cesser les violences - qui ont encore fait mardi 93 tués selon l’OSDH -, un vote au Conseil de sécurité de l’ONU était prévu mercredi sur un projet de résolution déposé par les Européens et Américains.
La Russie a dit clairement qu’elle mettrait son veto à ce texte qui menace Damas de sanctions. Le vote a ensuite été reporté à jeudi à la demande de l’émissaire international Kofi Annan.
(ats/Newsnet)
Créé: 18.07.2012, 12h50































































